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Concerts, boîtes de nuit : ces "soirées tests" qui font espérer un retour à la vie normale

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Le 27 mars, un concert-test, le premier d'une telle ampleur en Europe, a eu lieu à Barcelone. Il réunissait 5 000 spectateurs.
Le 27 mars, un concert-test, le premier d'une telle ampleur en Europe, a eu lieu à Barcelone. Il réunissait 5 000 spectateurs.
© AFP - Anadolu Agency / Adria Puig

Espagne, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et bientôt en France : les concerts et soirées test se multiplient pour évaluer le risque sanitaire dans une salle de spectacle ou une boîte de nuit. Des expériences qui nous laissent espérer un retour prochain à une vie (relativement) normale.

C'est une nouvelle expérimentation. Au Royaume-Uni, 3 000 personnes sont attendues samedi dans une discothèque de Liverpool pour évaluer les risques de contamination à la Covid-19. Alors que plusieurs "concerts tests" sont programmés en France, que d'autres ont déjà eu lieu ailleurs en Europe, tour d'horizon de ces expériences, passées ou à venir, sous des formes parfois différentes, qui n'ont qu'un but : permettre de retrouver la "vie normale". 

3 000 clubbers à Liverpool

Samedi, donc, une discothèque de Liverpool (Royaume-Uni), Le Circus, doit de nouveau accueillir du public, 3 000 personnes de 14h à 23h, pour la deuxième soirée-test organisée par le gouvernement britannique afin d’évaluer les risques de contagion au Covid-19. Une première soirée s'est tenue vendredi, où les clubbers ont pu danser sans masque, après avoir présenté un test négatif. Ils doivent également se faire tester après la soirée.

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Ces soirées, outre-Manche, s'intègrent dans une dizaine d'essais-pilotes (Events Research Programme) conduits par le gouvernement britannique et visant à étudier les risques de transmission du coronavirus au sein de foules, pour mieux organiser la réouverture au public de large événements sportifs et culturels. Parmi les autres essais conduits, la cérémonie des Brit Awards, récompenses britanniques de la musique pop, se déroulera le 11 mai devant un public de 4 000 personnes et la finale de la Coupe d'Angleterre de football, le 15 mai, au stade de Wembley se tiendra également en présence de spectateurs.

En France, les discothèques n'ont aucune perspective de réouverture et n'ont pas été mentionnées dans le calendrier fixé en fin de semaine par Emmanuel Macron. 

À Marseille, un premier concert-test prévu le 29 mai

En revanche, le ciel s'éclaircit doucement pour les concerts, en France. Dès le 19 mai, cinémas, théâtres et musées peuvent rouvrir. Fin juin, le gouvernement prévoit la possibilité d'accéder à un événement rassemblant plus de 1000 personnes en extérieur et en intérieur (avec présentation d'un "pass sanitaire", test négatif ou vaccin).

Vendredi, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a annoncé envisager de mener dès le 29 mai son premier concert-test à Marseille, assis et sans test Covid à l'entrée, pour mesurer les risques de contagion au coronavirus. "Le protocole scientifique a rigoureusement été établi et la plupart des autorisations pour mener à bien cette étude ont été délivrées", ajoute l'organisme. La date du 29 mai est "envisagée", "selon l'évolution de la situation sanitaire"

Ce concert-test, organisé en partenariat avec les hôpitaux de Marseille (AP-HM), l'Université Aix-Marseille, et la ville, qui met à disposition la salle du Dôme et des moyens comme une aide logistique du bataillon de marins-pompiers, devrait permettre de savoir si les mesures de prévention mises en place permettent d'avoir un risque de contamination "identique à celui auquel la population est exposée dans la vie quotidienne"

Dans le détail, le concert sera organisé sans test à l'entrée de la salle "pour être au plus proche de la vie réelle", devant un public d'étudiants de l'université Aix-Marseille "assis avec distanciation spatiale". Deux sessions devraient être organisées pour un total de 4 500 spectateurs. "Au-delà de l'événement culturel, il s'agit d'abord et avant tout d'une étude scientifique rigoureuse, qui vise à obtenir des résultats solides permettant d'éclairer la décision publique", précise l'Inserm.

Un autre projet à Paris avec Indochine, prévu pour fin mai

Un autre projet de concert-test est sur les rails à Paris, debout à Bercy. La salle, prêtée gracieusement par le groupe Accor, accueillerait le groupe Indochine, qui a proposé de se produire. Mais il reste à boucler le budget du volet scientifique de l'expérience (reconnue priorité nationale), à hauteur de "900.000 euros", d'après la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. Il est prévu que 5 000 personnes, testées préalablement négatives, assistent au concert masquées et debout à l'intérieur de la salle. 2 500 autres spectateurs pourraient rester à l’extérieur. 

Après deux reports, le Parisien/Aujourd'hui en France affirmait il y a quelques jours que ce concert pourrait lui aussi avoir lieu le 29 mai. L’événement, déclaré priorité nationale par le gouvernement, est piloté par le Prodiss, syndicat des principaux producteurs de spectacles et l’AP-HP Hôpitaux de Paris, sous l’égide du ministère de la Santé.

5 000 personnes à Barcelone, "aucun signe" de contagion

C'est jusqu'à présent l'expérience la plus importante en Europe et elle est (très) encourageante. Selon les organisateurs, il n'y a eu "aucun signe" de contagion après ce concert-test de 5 000 personnes fin mars à Barcelone (Espagne) où un public masqué a pu danser, sans distance. Outre les tests en amont et les masques FFP2, la ventilation ainsi que les capacités d'accueil dans les lieux critiques comme les toilettes étaient strictement contrôlés.

Soumis à des tests antigéniques avant l'évènement, les participants n'ont en revanche pas été obligatoirement testés après. Six cas positifs "asymptomatiques" ont toutefois été détectés lors de tests classiques, deux semaines après ce concert du groupe de rock indépendant "Love of Lesbian". "Pour quatre de ces six cas, nous sommes certains que la transmission n'a pas eu lieu pendant le concert", ont affirmé les organisateurs. Quant aux deux autres, "il y a un très fort pourcentage de probabilité pour qu'ils n'aient pas été contaminés" dans la salle. 

"On peut affirmer qu'il n'y a pas eu de 'super transmission' pendant le concert. Ca démontre qu'on peut organiser des évènements sûrs pour éviter la transmission du coronavirus", a expliqué l'infectiologue Boris Revollo. 

D'autres exemples en Europe

Ces dernières semaines, plusieurs tests ont eu lieu, notamment aux Pays-Bas, menés, là aussi, sous la houlette des autorités de santé. Les 20 et 21 mars, le gouvernement a organisé un festival de musique près d’Amsterdam. Les participants ont pu accéder à l'événement en présentant un test PCR négatif. Une boîte de nuit a également pu ouvrir ses portes à 1 300 clubbers début mars, permettant d'évaluer plusieurs scénarios. 

Le 20 mars, l'Orchestre philharmonique de Berlin a aussi organisé un concert-test avec 1000 spectateurs. Plus récemment, le Portugal a connu l'un des premiers événements de ce genre avec 400 spectateurs lors d'un concert, vendredi soir, à Braga, dans le nord-ouest du pays. En Belgique, deux projets sont sur les rails à Spa ou à Liège