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Nomination de Pap Ndiaye à l'Éducation : Mélenchon salue "une audace", l'extrême droite dénonce "un vrai woke"

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Pap Ndiaye et Jean-Michel Blanquer lors de la passation de pouvoir ce vendredi.
Pap Ndiaye et Jean-Michel Blanquer lors de la passation de pouvoir ce vendredi.
© AFP - EMMANUEL DUNAND

La nomination de Pap Ndiaye au ministère de l'Éducation nationale ce vendredi est celle qui suscite le plus de réactions. D'admiration chez certains, et critiques chez d'autres.

La "méritocratie" au ministère de l'Éducation nationale. Pap Ndiaye a été nommé ministre dans le gouvernement Borne ce vendredi. "Je suis un pur produit de la méritocratie républicaine, dont l'école est le pilier", a-t-il rappelé lors de la passation de pouvoir. "Je suis peut-être un symbole, celui de la méritocratie mais peut-être aussi celui de la diversité. Je n'en tire nulle fierté mais plutôt le sens du devoir et des responsabilités qui sont désormais les miennes."

Pap Ndiaye a également rendu hommage à son "collègue historien" Samuel Paty, assassiné en octobre 2020, et prôné "le dialogue avec toute la communauté éducative".

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"Une consécration"

Sa sœur, la prix Goncourt Marie Ndiaye, était très émue par ce qu'elle considère comme une "consécration" pour son frère. "J'en étais émue aux larmes et je le suis encore un peu parce que c'est mon frère et qu'il soit ministre, et particulièrement de ce ministère, ça me touche au-delà de ce que je peux exprimer", a-t-elle confié à France Inter juste après l'annonce du nouveau gouvernement. "Je pense à notre mère qui nous a élevés seule dans les années 1970. Ce n'était pas évident à l'époque d'être la mère de deux enfants métis sans père mais elle nous a élevés dans l'amour des livres et, comme professeur, elle a toujours accordé la plus grande attention à nos résultats scolaires. Je pense que Pap, professionnellement, et moi, artistiquement, nous lui sommes très redevables."

"Je pense au parcours de Pap, qui est remarquable en terme de méritocratie républicaine. Il y a quelque chose dans cette consécration d'aujourd'hui de juste dans les deux sens du terme, de justesse et de justice."

La nomination de Pap Ndiaye à l'Éducation nationale "est un beau symbole", salue de son côté Dominique Sopo, le président de SOS Racisme. "Le parcours de Pap Ndiaye peut nous rendre peut-être optimiste", a réagi vendredi sur franceinfo Didier Georges, secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN). Il estime que Pap Ndiaye "a fait preuve souvent d'empathie et de compréhension à l'endroit des personnels" et va "essayer de travailler le mieux possible" avec le nouveau ministre.

La peur du wokisme

Mais cette nomination n'est pas du tout du goût de l'extrême droite, qui y voit la "déconstruction" de la France. "La nomination de Pap Ndiaye, indigéniste assumé, à l'Education nationale est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir", a estimé sur Twitter Marine Le Pen, finaliste à la présidentielle. Pour le président du RN Jordan Bardella, "Pap Ndiaye est un militant racialiste et anti-flics". Pour le candidat Reconquête! Éric Zemmour, c'est "un vrai intellectuel indigéniste, un vrai woke".

À l'inverse, le leader des insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui fustige le nouveau gouvernement, reconnaît une exception en la nomination de Pap Ndiaye, une "audace".

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