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Contagiosité, symptômes, risques, cas recensés : la variole du singe en quatre questions

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Un enfant malade de la variole du singe recevant un traitement en République centrafricaine
Un enfant malade de la variole du singe recevant un traitement en République centrafricaine
© AFP - CHARLES BOUESSEL / AFP

Un premier cas en Ile-de-France vient d'être confirmé par les autorités sanitaires, mais heureusement, la variole du singe est peu contagieuse et surtout peu dangereuse. Explications.

Les noms de maladies ont toujours suscité la crainte, encore plus depuis la crise sanitaire. Un nouveau nom vient d'émerger, avec un premier cas suspect détecté mercredi en Ile-de-France, selon la Direction générale de la Santé, puis confirmé par les autorités vendredi : la variole du singe. La personne porteuse du virus est un homme de 29 ans. Isolé à son domicile, il a été pris en charge dès la suspicion de son infection, il ne se trouve pas dans un état grave. Mais avec une dizaine de cas détectés dans plusieurs pays d'Europe depuis dix jours, les autorités s'interrogent sur cette multiplication inhabituelle des cas dans des pays Occidentaux.

Que cache le nom "variole du singe" ?

L'orthopoxvirose simienne, aussi appelée "variole du singe" ou "monkeypox" en anglais, est une maladie rare dont l'agent infectieux peut se transmettre de l'animal à l'homme et inversement, ainsi que d'homme à homme. Le virus a été découvert dans les années 1950, chez des macaques crabiers de laboratoire. C'est en 1970 que le virus a été identifié pour la première fois chez l'homme : un garçon âgé de neuf ans, en République démocratique du Congo. On a dénombré moins de 50 cas durant la décennie, en RDC, mais aussi au Libéria, au Nigéria, en Côte d'Ivoire et en Sierra Leone.

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Depuis, la maladie est essentiellement présente en Afrique, dans les pays d'Afrique de l'ouest et en Afrique centrale, mais on a constaté ces dernières semaines une multiplication étonnante, inhabituelle, du nombre de cas aux États-Unis et en Europe. Sur notre continent, les premières infections ont été repérées au Royaume-Uni puis en Espagne et au Portugal. La Suède, l’Italie et la France complètent pour l'instant la liste.

Pourquoi ces contaminations ?

Si les contaminations à la variole du singe se comptent en seulement quelques milliers chaque année, elles ont fortement augmenté depuis dix ans sur le continent africain. Un regain lié à la fin de la vaccination massive suite à l'éradication de la variole au début des années 80, comme l'explique India Leclercq, chercheuse à la cellule intervention biologique d'urgence à l'Institut Pasteur :

"Le vaccin contre le virus de la variole protège les personnes infectées par le 'monkeypox virus' à hauteur d'environ 85%. On pense que l'arrêt de la vaccination de la variole a permis au virus d'émerger, notamment chez les personnes relativement jeunes qui n'ont jamais reçu le vaccin."

Le séquençage du virus prélevé sur les patients permettra de voir par ailleurs si une mutation peut-être à l'origine de ces nombreuses contaminations.

Quels sont les symptômes ?

Il y a plusieurs phases de symptômes. Le virus provoque d'abord une fièvre (souvent forte) et des maux de tête, accompagnés par des courbatures. Au bout de deux jours arrive une phase d'éruption cutanée. Des boutons remplis de liquide blanc se développent en une seule poussée. Ils apparaissent principalement sur le visage, dans les paumes des mains et sur les plantes des pieds. Il en arrive aussi dans la bouche et près des parties génitales. Enfin les ganglions lymphatiques (sous la mâchoire) grossissent et deviennent douloureux.

L’incubation de la maladie peut durer jusqu'à 21 jours. Les boutons finissent par se dessécher pour se transformer en croutes jusqu'à disparaître. Sans surprise, des boutons et des croutes, ça gratte.

Quelle est sa dangerosité ?

Selon l'OMS, la transmission de la maladie entre humains est très limitée. "La transmission humaine est très rare, elle est possible, elle n'est pas facile. C'est assez inhabituel", précise India Leclercq, qui rappelle qu'il y a eu "une épidémie en 2003 aux Etats-Unis" avec seulement "47 cas confirmés". Santé publique France précise d'ailleurs que le suivi prévu des cas contacts sera léger car les personnes infectées ne sont a priori pas contagieuses avant le début des signes. Rien ne justifie une quarantaine des cas contacts.

La variole du singe peut être transmise de plusieurs façons : par gouttelettes (salive, éternuements, postillons), par contact avec l'environnement d'un malade (linge de maison, vêtements, couverts et assiettes, etc) ou encore par contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d'une personne malade. La transmissibilité, selon SpF, nécessite un contact direct ou un contact respiratoire prolongé.

Selon Santé publique France, la maladie est le plus souvent bénigne. La létalité des cas lors des différentes épidémies répertoriées en Afrique varie entre 1% et 10%. Dans la majeure partie des cas, on en guérit spontanément au bout de deux à trois semaines. Il est donc demandé aux malades de respecter un isolement chez soi jusqu'à disparition complète des symptômes, y compris les dernières croutes.