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COP26 : des dizaines de pays s’engagent à ne plus produire d’électricité avec du charbon d’ici dix ans

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Une centrale à charbon, près de Rotterdam au Pays-Bas, en octobre 2021.
Une centrale à charbon, près de Rotterdam au Pays-Bas, en octobre 2021.
© AFP - Lex van Lieshout

La Pologne, le Canada, l’Egypte ou encore l'Ukraine ont promis mercredi soir de sortir du charbon à l’horizon 2030. C'est l’un des principaux responsables du changement climatique, mais les plus grands pays comme les États-Unis et la Chine ne sont pas impliqués.

Ce sera l’une des promesses que l’on retiendra de cette COP26 à Glasgow en Écosse. Selon la Grande-Bretagne, hôte de ce sommet, un accord a été signé pour qu'à terme 190 pays n'utilisent plus de charbon pour fabriquer leur électricité. En 2019, le charbon représentait encore environ 37% de la production d'électricité mondiale. 8500 centrales sont en activité dans le monde.  

Parmi les pays qui signent cet accord, il y a de gros consommateurs de charbon, comme la Pologne, pays très dépendant de ses mines, ou encore du Canada, l’Egypte, l'Ukraine, le Vietnam et le Chili. Même si la plupart des pays signataires sont des petites nations : les Maldives, les Iles Marshall, les Fidji, le Mali ou encore le Népal. 

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Des grands absents

Ils s'engagent à ne plus produire d'électricité à base de charbon à l'horizon 2030 pour les pays développés ou en 2040 pour les pays plus pauvres. Ils ne construiront plus de nouvelle centrale. "La fin du charbon est proche. Le monde va dans la bonne direction, prêt à sceller le destin du charbon et à embrasser les avantages environnementaux et économiques qu'il y a à construire un avenir alimenté par des énergies propres", a déclaré Kwasi Kwarteng, le secrétaire d'État chargé des entreprises et de l'énergie. 

Mais certains pays, encore plus gros producteurs de charbon, brillent par leur absence dans cet accord. À priori la Chine ne signera pas, tout comme le Japon. Si la Chine s'est déjà engagée à ne plus investir dans de nouvelles centrales à charbon à l'étranger, elle ne supprimera pas ls centrales sur son territoire. L'Australie, qui produit 50% de son électricité à partir du charbon garde ses mines. L'Inde ne signe pas non plus, alors que 70% de son électricité vient du charbon. Les États-Unis, ce n’est pas vraiment une surprise, ne figurent pas non plus dans l'accord. 

Cesser de financer les énergies fossiles à l’étranger

Par ailleurs, une vingtaine de pays, dont le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, la Chine, le Japon et la Corée du Sud s’engage à signer une déclaration commune pour ne plus financer la production de charbon à l'étranger d'ici l'année prochaine. La France ne prend pas part à l’engagement. "Investir dans des projets d'énergie fossile laissés tels quels comporte de plus en plus de risques sociaux et économiques", écrivent les signataires. "Nous regrettons que la France demeure silencieuse au sujet des projets pétroliers et gaziers qu’elle compte encore soutenir des années, respectivement jusqu’en 2025 et 2035" réagit Pierre Cannet, directeur du Plaidoyer du WWF France.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, il faudrait arrêter tous les nouveaux projets tout de suite et partout pour espérer limiter le réchauffement à un degré et demi. "C'est très bien qu'il y ait cet accord sur le charbon mais il est largement insuffisant" estime sur franceinfo Sandrine Mathy, directrice de recherche en économie de l'environnement et de l'énergie au CNRS, au sein du Laboratoire d'Economie Appliquée de Grenoble (GAEL). 

"Ce qu'il va se passer c'est qu'il va y avoir une défiance vis-à-vis de ces énergies très polluantes et qu'il est fort à parier que finalement les grands groupes qui investissent dans ces centrales n'iront plus trop vers ces technologies. Mais quand on voit les plans nationaux de construction de centrales thermiques il en reste énormément." Le charbon représente encore un bon tiers (37%) de la production d'électricité dans le monde.