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COP27 : pas de marche pour le climat mais une manifestation autorisée dans l'enceinte de la conférence

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Pas de grande marche pour le climat cette année à la COP27, mais une manifestation dans l'enceinte de l'événement.
Pas de grande marche pour le climat cette année à la COP27, mais une manifestation dans l'enceinte de l'événement.
© Radio France - Sandy Dauphin

Les manifestations étant interdites en Égypte, aucune marche pour le climat n'était prévue à la COP27 de Charm el-Cheik. Plusieurs centaines de personnes accréditées ont toutefois défilé à l'intérieur de la zone bleue, pour réclamer justice climatique et réclamer la libération d'Alaa Abdel Fattah.

Difficile de manifester autour de la COP27. À peine quelques centaines de personnes accréditées au sommet, disposant d'un badge d'accès, ont pu défiler samedi dans les allées extérieures du centre des congrès, où ont lieu les négociations, avec l’autorisation des Nations Unies. L'Égypte accueille, dans la station balnéaire de Charm el-Cheik, la conférence mondiale de l'ONU sur le climat qui rassemble chaque année jusqu'à 35 000 participants venus de 195 pays.

Mais l'événement qui, d'ordinaire, est accompagné de son lot de manifestations-fleuves, n'a pas le même visage que d'habitude. Car en Égypte, manifester est interdit et l'accès à Internet et aux réseaux sociaux est, depuis des années, bridé.

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Une manifestation dans l'enceinte de la COP

Ce sont donc quelques centaines de personnes qui ont pu défiler samedi, à mi-parcours de la conférence mondiale. Mais rien à voir avec les plus de 100 000 personnes dans les rues de Glasgow lors de la COP26 l'an dernier. Cette fois, aucune grande marche du climat n'a été prévue, à peine envisagée par les ONG vu les restrictions des autorités sur place. Il était néanmoins important de "marquer le coup", pour Christian, militant de l’ONG "350.org" : "En matière de droits de l'Homme, la situation dans le pays qui organise la COP est un peu difficile. Pour cela, les organisateurs ont demandé l'autorisation de manifester à l'intérieur, histoire de faire quand même passer le message qu'il faut cesser de bavarder et agir."

Dans le cortège, tous les continents ou presque étaient représentés : des ONG des pays du Nord et du Sud, des représentants de la société civile, de communautés locales, comme ces Amérindiens du Canada en tenue traditionnelle ou des jeunes des îles du Pacifique, menacées par la montée des eaux. Beaucoup de jeunes Africains étaient également venus réclamer une justice climatique et de l’aide pour les pays les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique.

La sœur d'Alaa Abdel Fattah présente

Une manifestation marquée également par la présence de la sœur du détenu politique égypto-britannique Alaa Abdel Fattah, en danger de mort après sept mois de grève de la faim. Sanaa Seif a déjà organisé deux conférences de presse remarquées à la COP27 mardi. À chacune d'elles, elle avait été prise à partie par des responsables égyptiens proches des autorités, affirmant que son frère n'était pas un "détenu politique" mais un "criminel".

"Je suis sûre que les puissants pensaient que je ne serai pas entendue mais je trouve ici une famille qui m'attend (...) venue du monde entier", a lancé un militant lisant un communiqué de Sanaa Seif devant la foule. Son frère, blogueur pro-démocratie devenu icône du Printemps arabe, a durci dimanche son bras de fer avec l'autorité pénitentiaire, qui retient selon les ONG 60 000 détenus politiques en Égypte. Pour l'ouverture de la COP27 dimanche, il a cessé de boire après sept mois passés à n'ingérer que 100 calories par jour.

La manifestation au sein de la "zone bleue" à la COP27.
La manifestation au sein de la "zone bleue" à la COP27.
© Radio France - Sandy Dauphin

Plusieurs dirigeants occidentaux ont évoqué son cas avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le dernier en date étant le président américain Joe Biden vendredi, la famille du prisonnier a changé de stratégie. Vendredi soir, son avocat et son autre sœur, Mona Seif, ont annoncé avoir formellement déposé une nouvelle demande de grâce présidentielle, soulignant notamment qu'Alaa était "le seul homme de la famille après le décès de son père", grand avocat des droits humains, il y a sept ans, et que son fils, "atteint d'autisme avait perdu la parole" depuis sa dernière arrestation. Des arguments qui semblent avoir porté puisque l'un des présentateurs de talk-shows les plus influents du pays, Amr Adib, grand partisan de M. Sissi, plaidait dès vendredi soir pour une grâce "car il faut voir l'intérêt de l'Egypte avant toute chose".