"Couleurs de l'incendie" : l'adaptation de Clovis Cornillac loin d'avoir séduit Le Masque

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"Couleurs de l'incendie" : l'adaptation de Clovis Cornillac loin d'avoir séduit Le Masque

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Léa Drucker et Clovis Cornillac dans "Couleurs de l'incendie" (2022)
Léa Drucker et Clovis Cornillac dans "Couleurs de l'incendie" (2022)
- Gaumont

Après "Au revoir là-haut" réalisé par Albert Dupontel, Clovis Cornillac adapte le second roman de la trilogie "Les Enfants du désastre" de Pierre Lemaitre. C'est le destin, durant l'entre-deux-guerres, d’une femme en proie à la ruine et qui entend se venger contre ceux qui ont causé sa chute.

Le film présenté par Jérôme Garcin

Le deuxième volume de la trilogie romanesque de Pierre Lemaitre, porté à l'écran par l'acteur Clovis Cornillac. Ça commence par l'enterrement, en 1927, du riche banquier Marcel Péricourt. Sa fille Madeleine, dont le fils Paul est handicapé, est la seule héritière (Léa Drucker) et elle doit prendre la tête de l'empire financier de son père. Mais trahie, ruinée, elle va affronter le machisme, la cupidité, la jalousie, la corruption, et cela dans une Europe bientôt incendiée par des "ismes" : communisme, franquisme, fascisme, nazisme... Avec Benoît Poelvoorde dans le rôle du gestionnaire du groupe Péricourt, Alice Izaz, Fanny Ardant, Alban Lenoir, Olivier Gourmet et Clovis Cornillac.

Charlotte Lipinska l'a regardé sans déplaisir

Si elle regrette qu'il n'y ait pas de fulgurances ou d'aspérités saisissantes comme dans "Au revoir là-haut" d'Albert Dupontel, la journaliste pour Vogue admet que c'est malgré tout bien fichu puisqu'il y a "un plaisir du jeu d'acteur, c'est un film populaire de qualité qui ne lâche jamais le côté romanesque, on suit toujours l'histoire. Léa Drucker est très inspirée, Fanny Ardant fait la grande diva à sa manière.

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Certes, il n'y a pas beaucoup de surprises, mais ce n'est ni honteux, ni indigne, ça se regarde sans grand déplaisir même si, oui, c'est certainement un peu long. Le film a le mérite de rester soigné, visuellement sur les décors, les costumes sans que ce soit d'une modernité qui nous défrise".

Pierre Murat : "Un film qui n'est pas déshonorant mais qui manque de flamme"

Le critique de Télérama aime bien ce cinéma romanesque mais ce film a le désavantage d'être un peu inconsistant : "C'est Monte-Cristo, mais par contre ça manque de flamme, de fougue… Léa Drucker ne joue pas suffisamment le jeu. Benoît Poelvoorde est un vrai méchant comme on aime. Malheureusement, malgré deux ou trois séquences sympathiques, le reste est un peu platoutenet. Mais, ce n'est pas déshonorant".

Jean-Marc Lalanne regrette "un film vraiment très laid et mauvais"

Pour le critique des Inrockuptibles, c'était plié dès les deux premières minutes : "dès le début, on voit un enfant se défenestrer, filmé au ralenti, avec sa mère qui court vers lui au ralenti, en pleurant. Eh bien utiliser des procédés aussi vieux, aussi grossiers, aussi malhabiles, c'est vraiment invalidant… Ces effets de mise en scène-là sont permanents. C'est vraiment une calamité d'un point de vue esthétique, tout est laid.

C'est un film qui ne repose que sur un enchaînement de péripéties qui veulent être trépidantes, mais je déteste la manière dont le film se moque de certains de ses personnages extrêmement secondaires, notamment le personnage de la gouvernante qui est vraiment filmé avec un mépris de classe horrible. La manière dont le film utilise ses personnages comme des fantoches et surtout les personnages secondaires, c'est vraiment affreux".

Pour Nicolas Schaller "ce n'est pas génial génial…"

Clovis Cornillac essaie de faire plusieurs films en un, de mettre un peu de volume, d'humour, d'ironie, un côté farce, un côté en même temps…

Je suis atterré par les 50 premières minutes, puisque en effet toute l'exposition est assez longue, avec ce ralenti impardonnable quand elle court. On dirait vraiment "Les inconnus", ce n'est pas possible. C'est seulement après ces 50 minutes, qu'on trouve un petit rythme de croisière pas désagréable et qu'on se laisse prendre avec des péripéties, des rebondissements. Mais c'est surtout grâce à Benoît Poelvoorde que ça passe, qui arrive à faire passer une subtilité, une émotion malheureusement absente durant tout le film, qui n'est pas génial".

Le film

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"Couleurs de l’incendie" de Clovis Cornillac

6 min

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