Publicité

Covid-19 : des vaccins aux performances très variables

Par
Alors que le Danemark suspend l'administration du vaccin d'AstraZeneca et que le sérum de Johnson et Johnson est remisé aux États-Unis, Pfitzer BioNTech continue d'être injecté en masse.
Alors que le Danemark suspend l'administration du vaccin d'AstraZeneca et que le sérum de Johnson et Johnson est remisé aux États-Unis, Pfitzer BioNTech continue d'être injecté en masse.
© AFP - OLI SCARFF

Ils sont l'une des clefs de notre sortie du tunnel. Mais les vaccins sont aussi source de beaucoup de questions, entre les complications, les retards de livraison, et l'ordre de passage pour les injections. Revue de détail des fortunes et infortunes des traitements anti-Covid-19

1. Le Danemark abandonne le vaccin d'AstraZeneca

C’est le premier pays d’Europe à sauter le pas. Le Danemark justifie l'abandon du vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca par des effets secondaires rares mais graves. Deux cas graves, dont un fatal ont été recensés dans le pays. Des effets secondaires rares en effet, l’Agence européenne des médicaments (EMA) comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) continuent d’ailleurs à recommander son utilisation. Pour les deux institutions, les bénéfices du vaccin excèdent de loin le risque de développer une forme très atypique de thrombose.

Le Danemark en convient d’ailleurs, mais il connaît une réelle accalmie sur le front de la pandémie et estime que la majorité de sa population à risque est désormais immunisée. Il préfère donc appuyer sur le frein. Le Royaume scandinave estime que ce coup d'arrêt retardera de trois semaines sa campagne de vaccination mais assure que l'été de ses citoyens sera sauvé. Les quelque 150 000 Danois qui ont reçu AstraZeneca en première dose, se verront injecter pour la seconde dose un autre vaccin, celui de Pfizer BioNTech ou de Moderna, deux vaccins qui utilisent une technologie différente, à ARN messager.

Publicité

Le risque à présent, c’est que la décision danoise ne fasse boule de neige dans l’Union. Souvenez-vous, c’est du Danemark qu’étaient venues les premières alertes, en mars. Elles avaient conduit de nombreux pays, dont la France, à suspendre l’administration du sérum d’AstraZeneca dans l’attente de l’avis des autorités sanitaires européennes. La plupart des pays ont depuis repris la vaccination avec ce sérum mais avec des limites d'âge. Il est ainsi réservé en France aux personnes de plus de 55 ans. 

Cet épisode a laissé des traces, la suspicion grandit au sein des populations. Et il n'est pas impossible que l'abandon d'AstraZeneca par le Danemark n'en entraîne d'autres. La Norvège voisine n'a ainsi toujours pas repris ses injections. Elle annoncera sa décision ce jeudi. L'Afrique du Sud, qui a remarqué sa faible efficacité face à son variant, en a interrompu l'administration. Les États-Unis, comme la Suisse, ne lui ont encore pas délivré d'autorisation. Le Venezuela la lui a refusé, invoquant justement ces effets secondaires.

Autre mauvaise nouvelle pour le vaccin d'AstraZeneca, l'épiscopat polonais a émis une "sérieuse objection morale" à l'utilisation de ce vaccin et de celui de Johnson & Johnson dont la production repose, selon eux, "sur des cellules provenant de fœtus avortés". Deux vaccins qui utilisent comme vecteur un adénovirus.

2. Le vaccin Johnson & Johnson suscite beaucoup d'interrogations

Aux États-Unis, l'administration du vaccin de Johnson & Johnson a été suspendue après que six personnes traitées ont "développé des cas rares et graves de caillots sanguins", a justifié l’Agence américaine des médicaments (FDA). L'une est morte, et une autre se trouve dans un état grave. Sur un total de plus de 6,8 millions de doses injectées, néanmoins.

L'Agence européenne des médicaments est désormais saisie. Son comité de pharmacovigilance doit se prononcer la semaine prochaine sur l'utilisation – ou pas – du vaccin de Johnson & Johnson. Johnson & Johnson, qui devait livrer 55 millions de doses à l'Union européenne au deuxième trimestre, a par ailleurs annoncé qu'il allait retarder le déploiement de son vaccin unidose après le signalement de ces caillots sanguins.

3. Le vaccin de Pfizer connaît un parcours sans embûches

Le traitement de BioNTech et Pfizer tutoie les sommets. Le fournisseur accélère même ses livraisons en Europe. C’est ce qu’a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. 50 millions de doses qui devaient être livrées au dernier trimestre le seront, dit-elle, dès ce mois-ci.  

"Cela portera à 250 millions le nombre total de doses fournies par BioNTech-Pfizer au deuxième trimestre. Ces doses seront réparties entre tous les États membres, au prorata de leur population, ce qui contribuera grandement à renforcer le déploiement de nos campagnes de vaccination".

"Je tiens à remercier la société BioNTech-Pfizer, a ajouté la présidente de la Commission_. Elle s'est révélée être un partenaire fiable. Elle a tenu ses engagements et répond à nos besoins. Cela se traduit par un bénéfice immédiat pour les citoyens de l'UE."_

La Commission est d’ores et déjà en négociations avec Pfizer pour les futures générations de vaccins face aux différents variants de la Covid-19 qui apparaissent. Le contrat portera sur la livraison de 1,8 milliard de doses. Et l’Union veillera à ce que la production des vaccins, mais aussi celle de tous les composants essentiels, aient lieu sur le continent. Les leçons des premières vagues commencent à être tirées.