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Covid-19 : la décroissance de l'épidémie rend plus optimistes les modélisateurs

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Si les infections et les hospitalisations continent de décroitre au même rythme jusqu'au 9 juin, et si en parallèle, le nombre de vaccination se maintient voire augmente, alors l'été sera semblable à celui de 2020
Si les infections et les hospitalisations continent de décroitre au même rythme jusqu'au 9 juin, et si en parallèle, le nombre de vaccination se maintient voire augmente, alors l'été sera semblable à celui de 2020
© AFP - Hans Lucas / ARIE BOTBOL

L'équipe de modélisateurs de l'Institut Pasteur a mis à jour ses scenarii d'évolution possible de l'épidémie de coronavirus. Même s'il ne s'agit pas de prévisions, ces trajectoires ont une tonalité plutôt positive pour l'été 2021.

Régulièrement, l'équipe de modélisateurs, emmenée par Simon Cauchemez, met à jour ses projections. Après avoir beaucoup travaillé sur l'occupation des lits à l'hôpital, ces chercheurs se sont penchés, ces derniers jours, sur l'impact des mesures de freinage. Dans une étude publiée samedi 22 mai, ils affirment que si les infections et les hospitalisations continent de décroitre au même rythme jusqu'au 9 juin, et si en parallèle, le nombre de vaccination se maintient voire augmente, alors l'été sera calme, sans reprise de l'épidémie. Nous devrions vivre une période estivale semblable à celle de 2020, mesures de contrôle incluses (le port du masque était recommandé même en extérieur, les tables séparées d'un mètre, la jauge maximale à table fixée à 10 personnes et dans les hébergements collectifs comme les refuge ou les gites, il était impossible de rassembler des personnes ne se connaissant pas).

Le 19 mai, date pivot

En revanche, si la décrue constatée depuis 12 avril s'arrêtait rapidement, suite aux réouvertures du 19 mai, la situation de l'été serait incertaine avec toutefois un risque de rebond envisagé. Un rebond malgré tout moindre que celui de la troisième vague, quelque soit le taux de transmission du virus (le R effectif).

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Ces travaux semblent plus optimistes que la dernière mouture rendue il y a environ un mois. À l'époque, les chercheurs insistaient sur le risque accru de transmissibilité du variant anglais et d' "une levée trop rapide des mesures de restrictions à partir du 15 mai". Ils craignaient une remontée importante des hospitalisations, même avec 500 000 personnes vaccinées chaque jour. Le nombre d'admission à l'hôpital pouvait monter jusqu'à 3 000 par jour estimaient-ils (avec une transmissibilité accrue de 60%) et entre 500 et 1 500 dans l'hypothèse d'un faible transmissibilité (40%). Désormais, dans le pire des scenarios (un variant anglais 60% plus transmissible et un nombre de vaccinations quotidien de 500 000), les courbes restent bien en deçà  du pic d'avril. Même à 60%, les entrées journalières à l'hôpital seraient comprises entre 400 et 1 000 mi août. 

Admissions journalières à l’hôpital anticipées par le modèle en fonction des hypothèses faites sur la date de reprise de l’épidémie
Admissions journalières à l’hôpital anticipées par le modèle en fonction des hypothèses faites sur la date de reprise de l’épidémie
- Unité de Modélisation Mathématique des Maladies Infectieuses, Institut Pasteur

De l'importance de la vaccination

Dans le scenario le plus optimiste, 40% de transmissibilité en plus et 700 000 injections/ jour, il y aurait moins d'une centaine d'entrées à l'hôpital par jour. Sur les courbes, aucune 4e vague n'apparaît dans cet ultime configuration. Ce scenario "rêvé" correspond à une augmentation des injections hebdomadaires. De 3, 5 millions la semaine passée, selon la Direction Générale de la Santé, il faudrait qu'elles grimpent à 4,9 millions/ semaine. Un chiffre que la stratégie vaccinale permet d'espérer. En juin, près de 20 millions de doses du vaccin Pfizer BioNtech devraient être reçues auxquels s'ajouteront 2.4 de Moderna et 10.1 millions de Janssen et AstraZeneca.

Le maintien de la dynamique vaccinale actuelle semble cruciale pour l'équipe de Simon Cauchemez. Elle insiste sur la nécessité de ne pas baisser la garde afin d'arriver à la rentrée prochaine avec un niveau de couverture vaccinale élevé.

Enfin, des différences régionales sont à attendre. Avec des services hospitaliers moins sollicités, là où l'immunité naturelle, acquise par un excès de contamination conduit à une immunité collective plus importante de la population.