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Covid-19 : la France a-t-elle totalement coupé ses liaisons aériennes avec le Brésil ?

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Des passagers embarquent dans un avion de la compagnie Air France à l'aéroport de Roissy, le 11 avril 2021
Des passagers embarquent dans un avion de la compagnie Air France à l'aéroport de Roissy, le 11 avril 2021
© Maxppp - CHRISTOPHE PETIT TESSON

Face à la menace du variant P1 qui fait des ravages au Brésil, la France a suspendu mardi 13 avril ses liaisons aériennes avec le pays sud-américain jusqu'au 19 avril. Une décision qu’il est possible de contourner depuis la Guyane voisine ou par le jeu des escales.

"Nous constatons que la situation s'aggrave et nous avons décidé de suspendre jusqu'à nouvel ordre tous les vols entre le Brésil et la France." Devant les députés à l’Assemblée Nationale, le Premier ministre Jean Castex a annoncé mardi 13 avril la suspension des liaisons aériennes entre le Brésil et la France dans les deux sens jusqu'au 19 avril. Le décret a été publié au Journal officiel ce mercredi matin. Le gouvernement a pris cette décision face à la menace du variant P1 actuellement majoritaire au Brésil où 66.000 personnes sont mortes de la Covid-19 au mois de mars. 

La solution de la Guyane 

Les deux derniers vols en provenance du Brésil ont atterri ce mercredi matin à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Pour autant, les liaisons avec le pays d’Amérique du Sud ne sont pas totalement coupées. La France étudie des solutions de rapatriement pour ses ressortissants selon Clément Beaune. "Ils ont un droit constitutionnel à rentrer sur notre territoire", a précisé le secrétaire d’État aux Affaires européennes sur France 2.

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Un billet aller depuis Cayenne en Guyane à destination de la France pour le mercredi 14 avril 2021 / Site d'Air France
Un billet aller depuis Cayenne en Guyane à destination de la France pour le mercredi 14 avril 2021 / Site d'Air France

En revanche, les liaisons entre la métropole et la Guyane française sont toujours maintenues. Ce mercredi, il était possible de réserver un vol direct en direction de Paris depuis Cayenne avec la compagnie Air France. La région est pourtant frontalière au Brésil sur 730 kilomètres et le variant P1 y circule tout autant. Il représente 76% des tests positifs contre 11% pour le variant anglais selon le dernier bulletin de l’Agence régionale de santé Guyane du 8 avril.

Des déplacements limités 

Interpellé sur le réseau social Twitter au sujet de la Guyane française, le ministre des Outre-mer a tenu à préciser les modalités à l’arriver en métropole. "Les déplacements entre l’Hexagone et la Guyane sont limités aux seuls motifs impérieux et une septaine doit être respectée dans les deux sens depuis le 19 janvier", selon Sébastien Lecornu.

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Un test PCR négatif de moins de 72 heures est également obligatoire avant d’embarquer dans un avion depuis la Guyane en direction de la métropole. Cette règle prévaut aussi dans de nombreux pays. Avec le jeu des escales, il est tout de même possible de se rendre au Brésil ou d'en revenir depuis un pays étranger. Mais ce choix peut s'avérer coûteux et long. 

Une disparité européenne

La France est loin d’être le premier pays à avoir suspendu ses liaisons aériennes avec le Brésil. Depuis près de trois mois le Portugal a pris une décision similaire sauf pour ses ressortissants avec une quatorzaine obligatoire à l’arrivée. Les mesures sont plus strictes au Royaume-Uni. Le Brésil a été placé sur liste rouge ce qui impose un isolement obligatoire et payant de 10 jours dans un hôtel pour tous les résidents britanniques. Les contrôles par les policiers y sont beaucoup plus drastiques.

"Tant qu’on pourra faire une escale n’importe où en Europe pour venir en France, ce sera un échec d’avance", Xavier Tytelman consultant aéronautique.

Au micro de France Inter,  le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP plaide pour des mesures à l’échelle européenne : "Le premier cas détecté en France, dans le Var, c'est une personne qui venait de Manaus et qui a pris l'avion jusqu'à San Paolo, puis vers Francfort et Marseille. Si l'on veut limiter l'arrivée du variant en France, il faut que les différents États européens se coordonnent pour prendre des mesures." 

La solution viendra peut être du pass-sanitaire qui permet "de prendre l'avion en toute transparence et remonter toute la traçabilité des tests effectués", analyse le président de Aviation NXT dans le "13/14" ce mercredi. Certains voyageurs achèteraient des faux tests PCR "moins chers que les vrais" pour pouvoir embarquer, indique Xavier Tytelman.