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Covid-19 : la longue attente d’une famille pour honorer la mémoire d’une grand-mère tant aimée

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Laurent Rabès montre l'album où il a réuni des photos de Mamoune, sa grand-mère morte du Covid.
Laurent Rabès montre l'album où il a réuni des photos de Mamoune, sa grand-mère morte du Covid.
© Radio France - Béatrice Dugué

La France va bientôt franchir la barre des 100.000 morts du Covid-19. La rédaction de France Inter a choisi de dresser les portraits de quelques-unes de ces personnes emportées par la maladie. Parce qu'il y a des individus, des vies sociales derrière chaque défunt, hommage d'un petit-fils à "Mamoune", sa grand-mère.

La France comptait ce lundi 12 avril 98.778 personnes décédées de la Covid-19 depuis le début de l'épidémie. Le seuil des 100.000 devrait être dépassé cette semaine. Derrière ces disparitions, il y a des histoires, des noms et des familles endeuillées. 

Ainsi, pour l'état civil, elle s'appelle Christiane, mais pour Laurent Rabès et tous ses petits-enfants, c'est et ça a toujours été "Mamoune". Une grand-mère immortelle dans de formidables albums photos. "J'adore cette photo", confie, attendri, Laurent Rabès. "Elle donne le sein au bébé où on voit la femme qu'elle était, pour nous la grand-mère, mais la mère aussi", ajoute-t-il.

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La douleur du décès, et la pandémie qui empêche l'hommage familial

Christiane est morte à 98 ans, le 6 avril de l'année dernière, dans sa maison de retraite de Villecresnes dans le Val-de-Marne, en plein ravages de la pandémie. Laurent Rabès raconte cette journée si douloureuse. "Ce sont les pompes funèbres qui arrivent, puis, un sac plastique, enfin une housse. Il n'y a pas eu de mise en bière". Puis, direction Rungis où, à ce moment là, une morgue était improvisée dans un hangar des Halles. 

Les obsèques ont été rudes : à dix seulement, masqués et à distance, sans étreintes possibles. "Une belle personne qui a une si longue vie, qui a été une personne pleine d'amour et qui pouvait être entourée... Je trouve que c'est moche de ne pas pouvoir le vivre, ça", lâche Laurent Rabès.

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Mais aujourd'hui il balaie ces tristes moments pour se souvenir juste de la "Mamoune" de son enfance. "Quand on se voyait dernièrement, puisque j'allais la voir dans sa maison de retraite, nous parlions de tous ses souvenirs, toutes ses anecdotes : les cauchemars, une nuit où je délirais à cause de la fièvre et où elle a passé sa nuit à me veiller. Souvenir aussi de la purée "Mamoune", il n'y en avait qu'une. Et son café, un café au lait, avec un goût inimitable, dans une vieille cafetière. Et les quatre quart à la confiture..."

Pour cultiver cette nostalgie heureuse et honorer la mémoire de Christiane, la famille veut se retrouver au restaurant. Elle devra donc attendre avril 2022 puisque c'est encore impossible cette année.