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Covid : cinq chiffres qui illustrent la situation "extrêmement grave" en Martinique et Guadeloupe

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Au sein du service de soins critiques du CHU de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe
Au sein du service de soins critiques du CHU de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe
© AFP - CEDRICK ISHAM CALVADOS

Taux d'incidence "jamais connu" en France, hôpitaux débordés... En Guadeloupe et en Martinique, la situation est "extrêmement grave", a déclaré Sébastien Lecornu ce mardi, avant une visite dans les Antilles. Après sa voisine martiniquaise, la Guadeloupe pourrait connaître à son tour de nouvelles restrictions.

Dans les Antilles, "la situation est extrêmement grave", a déclaré ce mardi le ministre des Outre-mer.  Sébastien Lecornu doit arriver dans la soirée en Guadeloupe, première étape d'une "visite de crise" qui le conduira ensuite en Martinique. Taux d'incidence vertigineux, hôpitaux saturés : les indicateurs sanitaires virent au cramoisi sur les deux îles. Les autorités martiniquaises ont annoncé lundi un durcissement des restrictions : au couvre-feu déjà en vigueur s'ajoutent trois semaines de confinement, les touristes "vulnérables" étant invités à quitter le territoire. La Guadeloupe pourrait à son tour connaître un nouveau tour de vis. Voici cinq chiffres qui résument l'ampleur de la 4e vague de Covid-19 sur les deux îles

1 769 pour 100 000 habitants : taux d'incidence vertigineux en Guadeloupe

"Ce sont des taux d'incidence que l'on n'a jamais connus [en France]", a souligné ce mardi Sébastien Lecornu. Et pour cause. Du 2 au 8 août, la Guadeloupe a enregistré 1 769 nouveaux cas pour 100 000 habitants. "Il tombe sous le sens que nous allons devoir durcir les mesures de freinage tant il y a urgence", a-t-il expliqué. La décision devrait être prise mercredi, après avoir consulté les élus locaux et assisté à distance à un Conseil de défense sanitaire présidé par Emmanuel Macron en visioconférence.

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En Martinique, la même semaine, le taux était de 1 165 pour 100 000. À titre de comparaison, au niveau national, le pic a été enregistré fin octobre à 501/100 000.

En Martinique, le nombre de cas multiplié par 10 en un mois

La situation sanitaire s'est dégradée particulièrement rapidement. De 410 cas de Covid-19 le 6 juillet, la Martinique est passée à 4 171 la première semaine d'août. D'où les nouvelles restrictions annoncées ce lundi : commerces, locations saisonnières, lieux de culture et de loisirs (dont les plages) ont été fermés. Les déplacements sont interdits au-delà d'un rayon d'un kilomètre autour du domicile. En Guadeloupe, la hausse a été plus tardive, mais encore plus brutale.

Un taux d'occupation de 223% dans les hôpitaux martiniquais

Principale inquiétude des autorités sanitaires : la saturation des hôpitaux. En quatre semaines, 350 malades du Covid-19 ont été hospitalisés en Martinique. Au 9 août, on comptait 59 patients en réanimation. Le taux d'occupation hospitalière est de 223%. "Il faut comprendre que nous accueillons au moins 15 patients chaque jour : c'est l'équivalent d'une unité d'hospitalisation de médecine", rappelle Jérôme Viguier, le directeur général de l'ARS de Martinique. 

Face à l'afflux de patients, les deux îles ont procédé début août aux premières évacuations de patients vers des hôpitaux de l'Hexagone.

349 morts en Guadeloupe depuis le début de l'épidémie

Depuis mars 2020, la Guadeloupe a enregistré dans ses hôpitaux 349 décès liés au Covid-19. En Martinique, l'épidémie a fait 178 morts, toujours selon les données hospitalières, qui indiquent une hausse significative depuis la fin juillet, avec plus de 5 décès quotidiens en moyenne. 

Moins d'une personne sur quatre en partie ou totalement vaccinée

Cette flambée épidémique s'explique par la propagation du variant Delta (88% des contaminations en Guadeloupe, 40% en Martinique) sur une population peu vaccinée. En Guadeloupe, 22% de la population a reçu au moins une injection. En Martinique, le taux de vaccination est à peine d'un point de plus.