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Covid-19 : comment va fonctionner la campagne de vaccination contre le variant Omicron ?

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Des commandes ont été passées pour avoir en stock ces vaccins bivalents.
Des commandes ont été passées pour avoir en stock ces vaccins bivalents.
© Maxppp - Richard Villalon

Nouvelle étape dans la vaccination anti-Covid : un premier vaccin dit "bivalent", efficace à la fois contre la souche sauvage et contre Omicron, est disponible à partir de ce lundi 3 octobre.

À l'heure où se dessine la 8e vague de l'épidémie de Covid-19, les nouveaux vaccins ciblant le variant Omicron sont disponibles à compter de ce lundi. "À partir du 3 octobre, nous aurons à disposition dans les pharmacies, sur les centres de vaccination, ce nouveau vaccin bivalent, c'est-à-dire ce vaccin qui vous vaccine sur la souche sauvage mais également contre Omicron ", avait annoncé la semaine dernière le ministre de la Santé François Braun. Voici ce qu'il faut savoir.

Qui est concerné ?

Cette campagne de vaccination concernera les "personnes fragiles, les plus de 60 ans, les professionnels de santé et les personnes qui sont en contact avec les personnes fragiles" pour lesquelles il est nécessaire d'effectuer "une dose de rappel",  a souligné François Braun. Cela inclut donc par exemple les femmes enceintes (dès le premier trimestre de grossesse), les enfants et adolescents à risque, ou encore les personnes immunodéprimées. La population générale n'est pas prioritaire mais "bien entendu, si vous souhaitez vous faire vacciner, vous pourrez", a ajouté le ministre.

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En revanche, il vaut mieux ne pas attendre et se faire vacciner avec les vaccins à disposition si l'on est à risque et pas à jour en matière de dose recommandée de rappel (trois ou six mois selon l'âge et la date de la dernière injection ou infection), insistent les autorités sanitaires.

De quels vaccins s'agit-il ?

À ce stade, le vaccin bivalent disponible à ce stade est celui de Moderna Wuhan/BA.1. En tout, trois vaccins ont été recommandés et autorisés par la Haute Autorité Sanitaire (HAS), l'un élaboré par Moderna, et les deux autres par Pfizer/Bio NTech. Ils ont été récemment validés par l'Agence européenne du médicament. Des commandes ont été passées auprès des laboratoires français Sanofi et espagnol Hipra. 576 000 doses doivent être disponibles au démarrage.

Comment fonctionne un vaccin "bivalent" ?

Pour rappel, le virus de la maladie du Covid-19, le SARS-CoV-2 est capable de muter comme les autres maladies. Les premiers vaccins ont été élaborés à partir de la souche initiale, celle dite de Wuhan. Depuis, des variants sont apparus, comme le Delta ou le Omicron. D'où la nécessité pour les groupes pharmaceutiques d'adapter les vaccins face à ces nouvelles souches et de créer des vaccins bivalents.

Le but de ces vaccins est d'éduquer le système immunitaire à reconnaître plusieurs attaquants. Le laboratoire Pfizer BioNTech a ainsi adapté son vaccin originel en créant un sérum Omicron BA.1, qui contient à la fois l'ARN Messager du virus original, et de l'ARN Messager spécifique au variant. Deux vaccins ont ainsi été élaborés de cette manière et approuvés.

La biotech Moderna, a également usé du même processus. Son vaccin "Originel/Omicron BA.1" a été approuvé début septembre par l'Agence européenne du médicament, qui le juge efficace.  En plus de Moderna et de Pfizer/BioNTech, d'autres vaccins bivalents sont en préparation. C'est le cas notamment d'un candidat-vaccin des laboratoires français et britannique Sanofi et GSK ciblant les souches Delta et Bêta.

Malgré l'existence de ces vaccins bivalents, la Haute autorité de santé rappelle que les vaccins actuels (monovalents) sont efficaces contre les formes sévères de Covid-19.

Où en est l'épidémie de Covid-19 ?

"Nous constatons depuis trois semaines une reprise de la circulation du virus", avait indiqué mardi dernier le ministre de la Santé. Le taux d'incidence est actuellement de 417 pour 100 000 habitants, et le taux de reproduction R de 123. Plus de 20% des tests réalisés s'avèrent positifs.

Le virus qui circule actuellement, c'est le BA.5, un sous-variant d'Omicron, déjà connu des scientifiques. Pour le moment, rappelle François Braun, il n'y a pas de "nouvelles formes mais restons vigilants."