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CRITIQUE - "Batman" de Tim Burton (1989) : qu'en pense "Le Masque & la Plume" 30 ans après ?

"Batman" de Tim Burton, 1989 avec Michael Keaton dans le rôle de Bruce Wayne alias Batman
"Batman" de Tim Burton, 1989 avec Michael Keaton dans le rôle de Bruce Wayne alias Batman
© Getty - Sunset Boulevard / Contributeur

Après de multiples adaptations au cinéma, Tim Burton avait à son tour projeté son univers sur le célèbre super-héros chauve-souris, signant alors le 5e film le plus rentable de l'histoire du cinéma. Avec Michael Keaton, Kim Basinger et bien sûr Jack Nicholson, dans le rôle du Joker. "Batman le défi" serait-il mieux ?

Le film présenté par Jérôme Garcin

Le film vient de ressortir remastérisé en DVD Blu-Ray chez Warner dans un coffret aux couleurs de la batmobile avec, en prime, un pin's exclusif et une carte Joker. 

Avant de devenir Batman, Bruce Wayne s'est juré de venger ses parents, assassinés par un voleur de rue qui en voulait au collier de perles de sa mère. Le playboy milliardaire qu'il est devenu, opère en justicier masqué, habillé en chauve-souris, il s'en prend non seulement à la pègre, mais aussi à la police, forcément corrompue. Sa première victime, c'est le malfrat Jack Napier, à la française, ou Jack Nicholson qui, après sa chute dans une cuve d'acide, va devenir le fameux Joker. Batman découvrira qu'il est l'assassin de ses parents. 

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Il y aura trois suites "Batman le défi" ; "Batman Forever" et "Batman et Robin", ces deux-là étant réalisés par Joel Schumacher. 

Un film presque culte.

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Pour Eric Neuhoff, "le film était déjà mauvais il y a 30 ans…"

"Ça n'a pas vieilli… C'était déjà mauvais en 1989, ça l'est toujours. 

C'est un film d'un grand inintérêt. C'est absurde de tourner en chair et en os des bandes dessinées.

Les intrigues sont lamentables. C'est des trucs pour bas de plafond. C'est débile. Quand on voit ça pendant deux heures, et qu'on se dit que c'est un des films les plus rentables du cinéma, eh bien c'est surtout rentable pour Jack Nicholson, qui a demandé un cachet faramineux pour en faire des tonnes, en s'en foutant complètement… Voir le plus grand acteur que c'était à l'époque devenir cette caricature de lui-même dans son costume violet, dans une parade, sur un char, sur fond d'une musique de Prince qui s'est lui aussi dit qu'il allait prendre le magot et composer une petite chansonnette complètement nulle, cela m'a rendu triste…

Je ne suis pas sûr que ce soit du second degré. Quand on voit les décors aujourd'hui, on a l'impression que c'est le guignol du Luxembourg, tellement c'est du carton-pâte… À côté, Jean-Pierre Jeunet, avec Delicatessen ou encore La cité des enfants perdus, c'est Jules Verne ! Ce Gotham City est d'un inintérêt… Je n'y mettrais jamais les pieds même si on m'offrait un penthouse en haut d'un immeuble".

Niveau décor, Métropolis (1927) de Fritz Lang faisait ça cent fois mieux…

Eva Bettan salue "une vitalité qui a très bien survécu jusqu'à aujourd'hui"

"J'avais été plus marquée et bluffée quand je l'avais vu la première fois. Effectivement, depuis les effets spéciaux ont évolué, mais je continue à y trouver une  insolence joyeuse, formidable, dans cette inversion notamment du centre de gravité qui s'oriente plutôt vers le méchant. 

Sa part d'enfance, Tim Burton la met dans le Joker, dans le sale gosse, dans cette sorte de vitalité qui tient encore jusqu'à aujourd'hui.

Et puis il fait un héros peu sexy, car à l'intérieur, Batman est dépressif, névrosé, son costume a l'air trop grand pour lui. Quand Kim Basinger vient séduire Michael Keaton (Bruce Wayne), il a l'air triste comme un cocker ! Je l'ai trouvé encore plus mélancolique et dépressif que dans la première vision que je m'étais faite". 

Pierre Murat a préféré le second Batman de Tim Burton ("Batman Le défi" - 1992)

"C'est un film qui m'avait vraiment beaucoup marqué quand je l'avais vu à l'époque. Là, en le revoyant, j'ai été à la fois très intéressé et un peu déçu tout à la fois. Très intéressé parce que je me rappelle du choc que j'avais ressenti devant l'esthétique du film, dans ses décors, qu'on peut, certes trouver vieillots aujourd'hui, mais Tim Burton a vraiment créé une ambiance, une atmosphère. Tout cet univers s'épanouit finalement dans le second (Batman Le défi, 1992).

En revanche, j'avais été époustouflé par Jack Nicholson. Mais, là, en le revoyant, je l'ai trouvé pas si bon que ça. Non pas parce qu'il surjoue, j'adore au contraire les grands cabots. Mais, là, il n'est pas terrible. Tim Burton est à la frontière de ce qu'il sait faire de mieux : il veut visiblement faire quelque chose de plus sérieux mais qu'il n'arrive pas encore tout à fait à faire parce qu'il est obligé de réussir aussi un succès au box office (et Dieu sait quel succès ça a été au box office). Ce qu'il cherche à faire, son talent on va le retrouver plus tard dans la suite (Batman Le défi), où il aura donné libre cours à sa mélancolie et à sa noirceur. Son second étant beaucoup plus réussi que celui-là".

Michel Ciment a pris un plaisir fou à le revoir ! 

"On a été surpris quand on a vu "Batman" parce que c'était la découverte d'un des plus grands cinéastes de la modernité. L'univers de Tim Burton était naissant, déjà, dans "Batman" particulièrement. Je préfère "Batman Le défi" qui est un chef-d'œuvre absolu. Il a cependant beaucoup souffert pour le tournage, parce que c'était un jeunot qui n'avait que 30 ans, la Warner essayait de le dominer, de le diriger, etc. 

C'est un film carnavalesque : les cheveux verts, les lèvres écarlates… C'est un film extraordinaire à la Federico Fellini. Un film passionnant basé sur trois niveaux que sont le sommet des immeubles, la rue et les sous-sols. D'habitude, les méchants sont dans les sous-sols. Là, c'est le sauveur de l'humanité qui s'y trouve quand les méchants sont tout en haut. Avec, au milieu, la rue avec les badauds qui prennent des coups. 

Tout le travail de Anton Furst, le décorateur, est digne de l'expressionnisme allemand. On pense aux grands films allemands des années 1920. 

Il y a une imagination architecturale tout à fait extraordinaire.

Nicholson est tout à fait formidable, tout autant que Batman, ce super-héros mélancolique, beaucoup plus complexe que la majorité des autres super-héros !"

Le film

▶︎ Disponible en VOD sur Canal et sur Universciné

🎧  Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de ce film sur le plateau du Masque et la Plume :

"Batman" de Tim Burton (1989)

7 min

► Retrouvez les critiques du Masque et la Plume, réunis autour de Jérôme Garcin, pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

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Réponses au quiz Instagram : 1. Ray Liotta était l'un des premiers choix de la Warner. 2. Danny Elfman. 3. Harvey Dent ou Double-Face.