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Cyberharcèlement, contenus violents : lancement d'un "laboratoire pour la protection de l'enfance en ligne"

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Un enfant devant un ordinateur, image d'illustration.
Un enfant devant un ordinateur, image d'illustration.
© Maxppp - Alexandre MARCHI.

Emmanuel Macron a lancé ce jeudi un "laboratoire pour la protection de l'enfance en ligne", réunissant plateformes, ONG et régulateurs, afin de parer à l'exposition croissante des mineurs à la pornographie sur internet, au cyberharcèlement ou à la violence.

"Si l’espace numérique offre de nouvelles opportunités, notamment en matière d’éducation, celles-ci s’accompagnent également de nouvelles menaces pour les enfants." Ce jeudi 10 novembre, à l'occasion de la journée de lutte contre le harcèlement, le gouvernement français a lancé avec des ONG, plusieurs États et des acteurs du numérique un "laboratoire pour la protection de l'enfance en ligne". Son objectif : prendre plusieurs mesures, sur Internet, pour protéger les mineurs du harcèlement en ligne, mais également des contenus violents et des prédateurs sexuels.

Une charte vient d'être signée, à l'Élysée, par plus d'une dizaine de pays, associations et plateformes numériques. Elle acte notamment les différentes pistes de travail qui seront lancées pendant la première année de ce "laboratoire", voué à perdurer et se développer.

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Tous les acteurs autour de la même table, une première

Il y a un an lors du Forum annuel de Paris sur la paix, un appel pour "à l’action pour la protection de l’enfance dans le monde numérique", a été lancé, aboutissant au lancement de la charte et du laboratoire. Cette charte, huit plateformes numériques, dont des géants des réseaux sociaux, l'ont signée. Parmi eux, Meta (Facebook et Instagram), TikTok, Snap et Twitter s'engagent notamment à prendre des mesures pour protéger les jeunes qui utilisent leurs réseaux et applications.

C'est la première fois que tous ces acteurs, et particulièrement les géants du numérique comme Meta et Snap, prennent collectivement des mesures. La participation de ces derniers est quasiment indispensable, puisque c'est notamment sur les réseaux sociaux que se retrouvent les jeunes quotidiennement, et qu'ils sont parfois exposés à du harcèlement en ligne, à des vidéos violentes ou à caractère sexuel qui circulent. En revanche, les plateformes qui abritent des contenus pornographiques ne sont pas signataires de la charte. C'est pourtant là aussi que des enfants peuvent être confrontés à des contenus choquants, voire violents.

En plus de la France, à l'origine de ce "laboratoire", l'Estonie, la Nouvelle-Zélande, signent également cette charte, tout comme l'UNICEF. Plusieurs ONG et associations, comme e-Enfance, la fondation pour l’enfance ou Plan international ont également signé cet appel, s'engageant "à promouvoir l’alphabétisation numérique et à prévenir toute exposition à des abus en ligne".

Quatre mesures testées pendant un an

Pour le moment, le "laboratoire de la protection de l'enfance en ligne" veut tester quatre mesures. La première, qui devrait être testée sur les plateforme numériques signataires, est très attendue par les associations de protection de l'enfance : un système de vérification de l'âge des internautes, "par tiers de confiance (...) via un mécanisme de double anonymat". Il garantira la protection des données personnelles des utilisateurs, précise la charte. Aujourd'hui, il suffit de cliquer sur un simple bouton pour confirmer qu'on a plus de 18 ans, que cela soit vrai ou non.

Une base de donnée partagée devrait également être créée pour enlever collectivement les images intimes et non consentie qui sont présentes sur Internet. "Une méthode similaire est déjà mise en place pour retirer les contenus terroristes", précise le gouvernement. Et puis concernant le harcèlement en ligne, des médiateurs seront nommés et pourront être sollicité via un lien ou un bouton disponible sur les différentes plateformes. Ces quatre pistes vont être testées dans les pays signataires de la charte pendant un an, et pourront être discutées et élargies en fonction des résultats.

Un comité scientifique sera chargé de "produire un rapport public des résultats des expériences", de l'année. Le laboratoire compte également discuter de la question des enfants de plus en plus exploses publiquement sur les réseaux sociaux, avec notamment des "enfants influenceurs".