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"Dans l'après, il y a toujours du beau" - Best-of de Boomerang

"Dans l'après, il y a toujours du beau" - Line Renaud dans Boomerang
"Dans l'après, il y a toujours du beau" - Line Renaud dans Boomerang
© Getty - Jacobs Stock Photography Ltd

Revivez tous les plus beaux moments de Boomerang cette semaine. Augustin Trapenard recevait le comédien Daniel Auteuil, l'écrivaine Maryline Desbiolles, la comédienne et chanteuse Line Renaud, le romancier Sandro Veronesi et l'artiste, dessinatrice de presse et de bande dessinée Catherine Meurice.

Grâce au mix de Anouk Roche, réécoutez les instants les plus insolites de Boomerang : 

Le Best-of de Boomerang du vendredi 15 janvier 2021

11 min

Daniel Auteuil

À la réouverture des salles de spectacle, le célèbre comédien et réalisateur français devrait monter sur scène pour "Déjeuner en l’air", un spectacle musical et poétique qui propose de découvrir l’œuvre du poète français, Paul-Jean Toulet. Célébré maintes et maintes fois "césar du meilleur acteur" pour ses illustres interprétations et son éminence cinématographique (Jean de Florette, Manon des sources, Quelques jours avec moi…). Daniel Auteuil était dans Boomerang

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DA : "Je chante parce que je n'ai pas pu faire autrement que de raconter ces histoires avec de la musique. Aujourd'hui, je choisis de faire ce que je rêvais d'être à 20 ans. Je crois que je suis un troubadour. 

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Voici comment j'ai découvert la lecture et le pouvoir de l'écriture : j'étais encore un petit garçon. J'en avais marre de pêcher, je marchais jusqu'à apercevoir une bibliothèque dans laquelle je suis rentré. J'ai choisi trois livres tout à fait par hasard : une biographie de Maupassant ; "Le meilleur des mondes" ; puis, le troisième, était un recueil de poésie de Baudelaire. Trois lectures très fortes qui s'apparentent même à des hiéroglyphes, tellement c'est beau. Mais, sur le moment, je ne peux pas les déchiffrer intellectuellement, mais cela ne m'empêche pas de ressentir quelque chose de très très fort. C'est pour ça qu'il faut se forcer à lire, même si on ne comprend pas toujours tout". 

Il faut se forcer à lire et à relire parce que, après, il y a toujours quelque chose qui vient

Maryline Desbiolles

La romancière avait remporté le Prix Femina en 1999 pour la consécration de son fameux livre "Anchise" (Seuil). À l'occasion de la sortie récente de son dernier roman, "Le neveu d'Anchise" (Seuil, 2020). Au micro d'Augustin Trapenard, elle est venue partager sa manière d'interroger le rapport à la mémoire, à la question de l’origine et la force créatrice du roman en général :

MD : "(La beauté) je me demande si ce n'est pas l'art des arts, celui qui se passe de mots. 

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Ce qui m'importe beaucoup dans mon travail d'écriture, c'est "la musique" de la langue. C'est peut-être même la première chose. C'est ma première ambition : que les mots aient cette force de la musique et de la peinture. Écrire, c'est avant tout une entreprise artistique. J'aimerais qu'on puisse lire un livre comme on regarde un tableau ou comme on écoute une musique, c'est-à-dire comme quelque chose qui vous emmène ailleurs".

Line Renaud

C'est une de nos grandes artiste populaires. Dans son dernier livre, "En toute confidence", avec sa verve qu'on aime tant, elle partage, à l'âge de 91 ans, tous ses souvenirs qu'elle n'avait jamais pensé évoquer et qui lui sont revenus pendant sa convalescence, suite à sa mauvaise chute au printemps 2019. Line Renaud se confiait dans Boomerang

LR : "Je n'ai plus envie de chanter, ça ne me manque pas. C'est une partie de ma vie. C'est fini. C'est loin. Je suis passée à autre chose. Je ne chante même plus. Je ne crois pas que je chante pour moi. Non, je chante pour mon chien comme si j'étais sur scène ou à l'opéra.

Avant, je chantais partout. Quand je passais dans la rue, dans mon petit village, les gens m'appelaient et me disaient "Jacqueline vient chanter une chanson", donc je montais sur la table, je chantais une chanson de coutume dans le Nord, car là-bas, on chante beaucoup. Je chantais beaucoup "J'irai revoir ma Normandie", c'est une des nombreuses chansons qui me remonte le moral. J'ai aussi une chanson, qui est pourtant romantique, mais elle me remonte le moral parce que la mélodie est magnifique, c'est "Bonsoir mes souvenirs". 

Je me suis toujours demandée ce qu'il y avait après. C'était presque une hantise de savoir. C'est ma façon de vivre. Quand je sortais de tournée, je me demandais constamment ce que j'allais faire. 

Dans l'après, il y a toujours du beau. Une année en plus, c'est une année de bonheur en plus

(Par rapport au contexte actuel), vous savez, j'ai survécu à quatre ans de guerre donc on va s'en sortir. Quelquefois, je baisse un peu les bras, mais je me relève très vite. On est bien obligé parce que si on se laisse atteindre, on s'écroule ! 

Le pire, c'est la guerre.

Les cafés, les estaminets, comme on dit dans le Nord, étaient fermés. Un jour, les Allemands sont venus faire rouvrir les cafés et, là, je me souviens d'un Allemand, Karl, qui déposait sur le comptoir son revolver quand il voulait son verre de cognac. Un jour, grand-mère lui a dit qu'il n'y avait plus de cognac. Il a sorti son revolver et a regardé ma mère, tout en me regardant. Nous nous sommes demandés s'il allait tirer, il est resté, il nous a tenues en joue presque la moitié de la nuit". 

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Sandro Veronesi

Le romancier italien vient de remporter, pour la seconde fois, le Prix Strega avec, cette semaine, le tout premier prix du Livre Inter étranger pour son dernier opus "Le Colibri". Aux côtés d'Augustin Trapenard, il est revenu sur sa manière de penser ses différents personnages de fiction et l'importance d'inscrire en filigrane un message d'humanité à ses lecteurs comme pour mieux rendre hommage à son esprit d'écriture : 

SV : "Chacun qui écrit un roman ou un récit se confronte au plus grand problème ou à la plus grande solution qui lui est donné d'appréhender car on devient capable de quitter la conception du temps que nous partageons. C'est un moyen qui nous permet d'emprunter une seule direction, sans jamais se retrouver à rebours. C'est comme une flèche. 

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L'écrivain peut aller chercher le temps perdu même s'il n'est pas sûr de le retrouver, mais  "dans la littérature, tu peux faire ce que tu veux, tu es capable de voir et de concevoir. Tu peux sans arrêt faire des allers-retours. 

C'est le cadeau du roman : tu peux faire tout ce que tu veux

À 14 ans, tu lis "Les frères Karamazov" ou encore "L'origine de la haine" de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski. J'avais 14 ans quand je l'ai découvert et ça m'a bouleversé. Ça a été une révolution, c'était un tel choc que c'est à ce moment-là que j'ai décidé de faire comme lui, c'est-à-dire de causer le choc aux autres comme il a causé le choc en moi".

Catherine Meurice

Elle est l'une des artistes françaises les plus prolixes et a le don de faire transparaître, dans son œuvre, son goût inconditionnel pour l’art et la littérature. Une nouvelle occasion se présente pour plonger dans son univers avec la Bibliothèque publique d’information qui propose depuis la rentrée une exposition consacrée à l’œuvre de la dessinatrice intitulée "La vie en dessin". Catherine Meurice était au micro d'Augustin Trapenard

CM : "Être face à la beauté, être face à un tableau dans un musée, c'est comme être face à un arbre, on l'enlace avec les yeux. Où est la beauté ? C'est Stendhal qui écrit que c'est la promesse du bonheur, une promesse de communion humaine, une harmonie qui en appelle une autre, une œuvre d'art, même si on est tout seul devant l'œuvre, on sent qu'on peut être plusieurs et ensemble. 

Pour moi, les livres, comme la nature ou la campagne, c'est ce qui me fait tenir debout. C'est ce qui fait que j'existe. Quand il y a eu Charlie en 2015, la culture et la nature ont été ma roue de secours. Je m'en suis rendue compte en faisant l'album "La légèreté". J'en parle dans mes livres parce que - et si je peux donner ce conseil au passage - j'espère qu'on est nombreux à disposer de ces trousses de pharmacie à portée de main. C'est une façon de dire que s'inspirer de la nature, écrire sur la nature ou rêver la nature, c'est constamment penser à la force créatrice de la nature, à une puissance de vie. Dans les grands espaces, je raconte que j'aime les tableaux et les peintures qui représentent la nature parce que ça exprime une vraie puissance de vie ; parce que les artistes eux-mêmes imitent la puissance créatrice de la nature. Et, en voyant ça, je pouvais me sentir pleinement vivante. C'est ça qui est formidable dans cette association nature-culture".

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Aller plus loin

🎧  SUIVRE - Boomerang : Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05

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