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Dans le service de réanimation de Dreux, pas d'amélioration attendue avant début mai

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Ce dimanche matin, à l'hôpital de Dreux, un seul des lits en réanimation est libre. Il sera occupé dans les prochaines heures
Ce dimanche matin, à l'hôpital de Dreux, un seul des lits en réanimation est libre. Il sera occupé dans les prochaines heures
© Radio France - Hélène Chevallier

Malgré un taux d'incidence qui diminue en Eure-et-Loir, la tension est toujours aussi forte dans le service de réanimation de l'Hôpital de Dreux, tenu à bout de bras par des soignants épuisés. Reportage.

Le téléphone de Séverine sonne régulièrement. À l'autre bout du fil, des familles s'inquiètent pour leur proche. "Oui, elle est toujours sédatée", explique patiemment l'infirmière à la fille d'une patiente de 65 ans intubée et positionnée sur le ventre. Des appels essentiels, mais aussi très chronophages pour un service débordé. La nuit dernière, ses collègues n'ont pas arrêté : "Entre des gens qu'il faut intuber, poser du matériel, remettre sur le dos, puis sur le ventre : c'est du non-stop. Et c'est un nouveau patient, puis encore un nouveau..."

"Pour l'instant cela ne s'arrête pas. On n'en voit pas le bout" (Séverine, infirmière)

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Depuis un an, des bâches avec des fermetures éclair isolent les patients Covid du service de réanimation de l'hôpital de Dreux
Depuis un an, des bâches avec des fermetures éclair isolent les patients Covid du service de réanimation de l'hôpital de Dreux
© Radio France - Hélène Chevallier

Dans le service, de grandes bâches transparentes avec fermeture éclair isolent les patients COVID. Ils sont 15 ce matin, et la moitié sont intubés. En temps normal, le service dispose de 8 lits, il en accueille 20 actuellement. "Le taux d'occupation est de quasiment 100% ce matin", constate le chef du service le docteur Florent Bavozet. "On a un lit qui s'est libéré suite à un décès. Sachant que les urgences nous ont déjà appelé, pour que l'on prenne au moins un de leur patient." Le nombre de lits a été multiplié par 2,5 mais sans augmenter le nombre de médecins. "C'est surement aussi un problème local.  Nous sommes dans des hôpitaux qui ont du mal à attirer les médecins. En fait, il faudrait que l'on soit quatre médecins de plus.", déplore le chef de service qui comme ses collègues réalisent 6 à 7 "gardes très éreintantes" par mois. 

Sa surblouse d’infirmière en réa, Riselaine va la raccrocher définitivement dans un mois et demi, après 7 ans passés ici : "On est lassés, fatigués. Les conditions de travail se détériorent gentiment. Les patients sont beaucoup plus lourds avec une charge de travail, une pression beaucoup plus importante. 

"On n'a pas de renfort ou quand on en a, ce sont des gens qui ne sont pas vraiment formés à la réanimation. Il faut compenser derrière" (Riselaine, infirmière)

Riselaine avoue aussi qu'elle ne s'est pas remise des deux premières vagues. Séverine, sa collègue, partira aussi, mais pas tout de suite : Elle veut croire à une amélioration d’ici début mai : "Si on n'est pas optimiste, on va broyer du noir. Il va y avoir une amélioration. C'est pas toute suite. Mais il va y en avoir une", répète l'infirmière, comme pour se convaincre.