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Dans les coulisses du Mondial de foot au Qatar, la diplomatie des loges VIP des stades

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan (gauche) rencontre le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, au côté de l'émir du Qatar Tamim Ben Hamad Al Thani.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (gauche) rencontre le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, au côté de l'émir du Qatar Tamim Ben Hamad Al Thani.
© AFP - Press Office of the Presidency of Turkey

L'organisation de la Coupe du monde représente théoriquement pour le Qatar une formidable campagne de publicité internationale. Dans les stades, mais à l'abri des regards de supporters, les loges VIP sont des lieux discrets où l'on parle business, politique dans le luxe et la volupté.

Il y a deux catégories de personnes. Dans les stades flambant neufs du mondial de football organisé au Qatar, il y a les supporters qui encouragent leurs équipes nationales sur les gradins, et puis il y a les VIP, l'élite politique, économique et culturelle mondiale qui a ses quartiers privilégiés. Des loges spacieuses louées par des grandes compagnies qui n'ont pas hésité à débourser plus d'un million de dollars pour une suite pouvant accueillir une dizaine de personnes pendant la durée de la Coupe du Monde.

Alcool autorisé

Alors que les stands de bières ont été interdits aux abords des stades 48 heures avant le début de la compétition, ici l'alcool est autorisé. On sert du champagne et de grands vins pour accompagner des mets gastronomiques. Le traiteur officiel de la compétition est un groupe français, Potel et Chabot. Il doit fournir 120.000 repas dans les loges VIP jusqu'à la finale le 18 décembre prochain.

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Pour le Qatar, il est primordial de chouchouter toutes personnalités internationales. C'est à la fois une question d'image, de prestige et d'influence pour le petit émirat. Dans ces loges VIP et en coulisse, on parle politique et diplomatie comme on a pu le constater dès la cérémonie d'ouverture avec la présence de chefs d'État comme le président turc Recep Tayip Erdogan, dont l'équipe nationale ne s'est pourtant pas qualifiée pour la compétition. À cette occasion, il a pu saluer son homologue égyptien Abdel Fatal al-Sissi, alors que les deux hommes sont en froid depuis plusieurs années.

Finaliser des gros contrats en pays

Ces alcôves de luxe sont aussi des lieux où l’on parle volontiers business. Ainsi, le ministre suisse des Finances, Ueli Maurer, assistera au match lundi qui oppose son pays au Brésil. Mais il n'est pas venu au Qatar seulement pour l'amour du ballon rond et encourager son équipe nationale. C'est l'occasion pour lui, qui a déjà fait deux fois le voyage à Doha cette année, de finaliser un contrat d'importation de GNL (gaz naturel liquéfié) pour la Suisse, qui en manque cruellement à cause de la guerre en Ukraine. Car si le Qatar est centre mondial de la planète foot pendant un mois, c'est aussi, et pour longtemps, l'un des plus grands réservoirs de gaz au monde.