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Dans les grandes villes, les trottinettes en libre-service sont-elles en sursis ?

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La mairie de Paris envisage de retirer leur autorisation aux sociétés qui proposent des trottinettes électriques en libre service.
La mairie de Paris envisage de retirer leur autorisation aux sociétés qui proposent des trottinettes électriques en libre service.
© Radio France - Aurélien Accart

Plébiscitées par des millions d'utilisateurs, les trottinettes sont jugées dangereuses et encombrantes par la majorité municipale à Paris. La menace d'une interdiction plane dans la capitale et la gestion de ces nouvelles mobilités nourrit le débat dans toutes les métropoles.

L'an dernier, l'utilisation des trottinettes électriques a fait 24 morts, 400 blessés graves et 11 000 blessés légers en France. De quoi donner des arguments à David Belliard, adjoint en charge des mobilités de la ville de Paris. Depuis 2020, seuls trois opérateurs exploitent les trottinettes en libre service parisiennes : Lime, Dott et Tier Mobility.

"Bilan mitigé"

Mais en février prochain, le contrat qui les lie à la mairie de Paris prend fin. À trois mois de la fin de l'engagement, l'adjoint fait le bilan, et il est "mitigé". "Le climat d'insécurité, la peur de se faire renverser, le fait qu'en bas de chez vous vous ayez des trottinettes qu'il vous faut chevaucher : c'est fort normal de se poser des questions et de voir si oui ou non, il faut continuer le contrat", explique-t-il.

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Paris compte 15 000 trottinettes en service pour... 15 000 places réservées. Difficile, ainsi, d'éviter le stationnement anarchique. En septembre dernier, la mairie avait convoqué les trois opérateurs pour une réunion préliminaire : le directeur de Dott avait alors rapporté un échange "ferme" entre la mairie et les trois opérateurs : "Ils ont dit qu'il fallait qu'on revienne avec des actions concrètes, avec des pistes sur l'occupation, sur la démonstration de notre intérêt environnemental et en termes de sécurité pour les usagers et non-usagers", avait-il alors déclaré à France Bleu.

À Bordeaux, seulement 700 trottinettes en service

À Bordeaux, la situation est plus stricte : outre la réduction de la vitesse (en vigueur aussi dans certains quartiers de Paris, où les trottinettes sont bridées à 10km/h) et l'interdiction aux mineurs, la municipalité écologiste a limité à 700 le nombre de trottinettes.

"La surabondance de ces engins créé une forme d'anxiété : à Bordeaux cela fait un mois que cette organisation est en place, et on voit déjà les rues se vider", explique Didier Jeanjean, adjoint en charge des quartiers apaisés. "Si ces règles sont respectées, tout se passera bien, si elles ne le sont pas, ça se passera mal pour les opérateurs", prévient-il. En contrepartie à Bordeaux, la zone de circulation a été étendue à toute une partie de la métropole.

"Les gens ne connaissent pas le code de la route"

Les opérateurs redoublent d'efforts pour limiter automatiquement la vitesse, empêcher la circulation sur les trottoirs ou le stationnement sauvage. Mais la technologie ne peut pas tout : "On se rend compte surtout que les gens ne connaissent pas le code de la route", nuance Maggy Gerbeaux, directrice des affaires publiques chez Dott France.

"Sur des points très spécifiques comme la conduite à deux, il y a des projets pour essayer de contraindre l'arrêt du véhicule lorsque les personnes sont à deux, mais aujourd'hui, ce n'est pas effectif pour le mettre sur une flotte de 5 000 véhicules", poursuit-elle. Les opérateurs proposent aussi d'immatriculer les trottinettes et de mieux encadrer l'interdiction aux mineurs. Ils espèrent être reçus prochainement en mairie de Paris.