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Débordements, violences, angoisses : le gouvernement craint les effets pervers de la sortie de crise

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Une fête musicale sauvage organisée à Nantes  le 13 février 2021 : le cauchemar post-Covid du gouvernement
Une fête musicale sauvage organisée à Nantes le 13 février 2021 : le cauchemar post-Covid du gouvernement
© AFP - Jérémie Lusseau / Hans Lucas

À quelques jours d'un retour progressif à une vie moins restreinte, certains ministres font part de leur crainte : que l'euphorie du retour à la "vie normale" entraîne des débordements.

Le retour des verres en terrasse, la vie sociale retrouvée... Et si la sortie de crise (encore hypothétique) avait aussi son revers ? C'est ce que redoute une partie du gouvernement, alors que l'exécutif espère rouvrir progressivement le pays pour permettre aux Français de vivre un été "le plus normal possible".

Autour d'Emmanuel Macron, ils sont nombreux à imaginer une "Movida" à la française. Une période d'effervescence créatrice, d'insouciance, comme celle qu'avait connue l'Espagne à la mort de Franco. "Les Français vont avoir envie de profiter de la vie", s'enthousiasme un conseiller. "De dépenser leur épargne, de faire la fête."

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"Comme quelqu'un au régime qu'on invite à un buffet gratuit"

Mais attention au "phénomène de décompensation", alerte Marlène Schiappa : alcoolisation massive, harcèlement, agressions sexuelles... Après un an de frustrations, la ministre chargée de la Citoyenneté craint les effets pervers de cette "libération". Son entourage prépare d'ailleurs des messages de prévention, notamment à destination des jeunes. "C'est comme quelqu'un qui est au régime et qu'on invite à un buffet gratuit", sourit un proche du gouvernement.

Au ministère de la Santé aussi, on anticipe les dégâts collatéraux : "la peur de l'inconnu, les angoisses", explique-t-on dans l'entourage d'Olivier Véran. "Des gens qui pourraient souffrir d'un retour au travail trop brutal après des mois de chômage partiel, par exemple". "Mais ce ne sera pas la Libération de Paris, on ne va pas tout rouvrir du jour au lendemain", relativise un intime de Jean Castex.

Le Premier ministre, lui, s'inquiète davantage d'une rentrée sociale tendue, le jour où le gouvernement sera amené à couper les perfusions qui maintiennent en vie l'économie.