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"Début d'un ralentissement de la progression de l'épidémie" : ce qu'a voulu dire Gabriel Attal

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Gabriel Attal ne parle que d'un seul indicateur : le taux de croissance des cas
Gabriel Attal ne parle que d'un seul indicateur : le taux de croissance des cas
© AFP - Andrea Savorani Neri

Tout en prenant beaucoup de précaution, Gabriel Attal, invité de France Inter, a évoqué mardi matin le "début d'un ralentissement de la progression de l'épidémie" mais une augmentation toujours "forte". Le porte-parole du gouvernement parle du taux de croissance des cas. Explications.

"Ce qu'on constate depuis quelques jours, c'est, peut-être, le début d'un ralentissement de la progression de l'épidémie", a déclaré ce mardi sur France Inter le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. En ajoutant immédiatement : "Vous voyez que je mets beaucoup de réserve. (…) Il y a toujours une augmentation, une augmentation forte. Si vous regardez, il y a quelques jours le rythme de croissance c'était une augmentation de 60% par semaine, et là on est passé à 40%.

De quoi parle-t-il exactement ?

Gabriel Attal ne parle que d'un seul indicateur : le taux de croissance des cas. Selon les données de Santé publique France compilées par CovidTracker, on observe effectivement une baisse de la croissance du nombre de cas positifs détectés depuis le 24 novembre dernier. Ce taux était de 65% le 24 novembre, de 50,7% le 30 novembre, jusqu'à 34,2% au 3 décembre. 

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Cela signifie simplement que le nombre de cas positifs au Covid-19 progresse toujours mais plus lentement. Le porte-parole du gouvernement a donc raison d'être prudent, d'autant que d'autres indicateurs montrent une situation toujours problématique.

Illustration de la baisse de la croissance du nombre de cas positifs détectés depuis le 24 novembre dernier
Illustration de la baisse de la croissance du nombre de cas positifs détectés depuis le 24 novembre dernier
- CovidTracker

Toujours plus de cas

Si la croissance du nombre de cas ralentit, le nombre de nouveaux cas détectés quotidiennement reste à un niveau élevé : en moyenne glissante sur sept jours, on comptait 42 892 cas positifs au 6 décembre. Une semaine plus tôt, le 29 novembre, le nombre de cas positifs n'était que de 29 727, et autour de 10 000 à la mi-novembre. Rien, pour le moment, ne permet de laisser penser que le pic est atteint ou même proche. Il est d'ailleurs tout à fait possible que la situation empire encore, puisque le taux de reproduction est toujours supérieur à 1,5, ce qui signifie qu'une personne malade contamine en moyenne une personne et demie.

Une incidence qui bondit

Le taux était de 54,1 pour 100 000 habitants le 1er novembre, soit tout juste au-dessus du seuil d'alerte fixé à 50. Il atteint maintenant au 3 décembre 430,6 pour 100 000 habitants, soit une augmentation d'environ 700%. Et on le sait désormais, la situation est particulièrement préoccupante en ce qui concernent le taux d'incidence des enfants, notamment les 6-10 ans (supérieur à 900 pour 100 000 habitants).

Une pression hospitalière qui va encore augmenter

Les nouveaux cas d'aujourd'hui vont former les rangs des malades qui vont entrer en réanimation dans 15 jours, ce qui signifie que la pression hospitalière ne va pas s'arranger lors des trois prochaines semaines. Les admissions à l'hôpital augmentent déjà de 40% par semaine. 42% des lits en soins critiques sont occupés par des patients Covid. Lundi soir, Jean Castex a rappelé que d'après les projections de l'institut Pasteur, en baissant de 10% le niveau de la transmission, on réduit de moitié le niveau du pic et la pression subie par l'hôpital.