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Déconfinement : "On sent une avidité de théâtre", constate Stéphane Braunschweig, directeur de l'Odéon

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Stéphane Braunschweig dirige le théâtre de l'Odéon, à Paris, depuis 2016
Stéphane Braunschweig dirige le théâtre de l'Odéon, à Paris, depuis 2016
© Maxppp - PHOTOPQR/L'ALSACE

Au même titre que les cinémas et les musées, les théâtres sont autorisés à rouvrir ce mercredi 19 mai. Leur situation demeure néanmoins complexe, avec une jauge fixée dans un premier temps à 35% et l'occupation depuis deux mois d'une centaine de lieux par des intermittents et des étudiants.

Le rideau rouge pourra de nouveau se lever. À compter de ce mercredi 19 mai, les théâtres sont autorisés à rouvrir, au même titre que les cinémas et les musées. "On sent une avidité de théâtre, une envie de retourner dans les salles de spectacle qui est énorme", se réjouit Stéphane Braunschweig, directeur de l'Odéon et invité de l'émission On n'arrête pas l'éco, samedi sur Inter. Ainsi, les 2 300 places pour La Ménagerie de verre, avec Isabelle Huppert à l'Odéon, ont été vendues en deux heures seulement, rapporte-t-il. 

Pour autant, la réouverture est conditionnée à un protocole sanitaire contraignant, avec une jauge fixée dans un premier temps à 35% des capacités d'accueil. Si bien que de nombreux théâtres privés préfèrent garder porte close pour le moment. "Il est clair que les théâtres publics sont privilégiés par rapport aux privés qui ont besoin de toute leur jauge pour amortir les coûts des spectacles. Tandis que nous, nous avons des subventions", explique Stéphane Braunschweig. Son théâtre fonctionnera avec 250 à 300 places par représentation. 

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"Mais ce qui est fondamental pour nous, c'est de jouer, après 8 mois de fermeture et environ 350 représentations annulées."

Un équilibre entre les spectacles reportés et les nouvelles créations

Le théâtre connaît-il actuellement le même embouteillage que le cinéma, où les films vont se bousculer à la réouverture ? "Il est vrai que toute cette année, on a continué notre activité", répond-t-il. "On a répété des spectacles, fait cinq créations sans public, donc il va falloir les jouer. Tout l'enjeu pour la saison prochaine est d'arriver à un équilibre entre les reports et les nouveaux spectacles."

Faisant travailler en moyenne 550 intermittents sur une saison et produisant une dizaine de spectacles chaque année, le théâtre de l'Odéon a un rôle moteur dans le secteur. "Il faut qu'on puisse être partie prenante dans la reprise de l'activité. Même si la reprise est aujourd'hui partielle, progressive, il va falloir qu'on soit à fond dedans", martèle Stéphane Braunschweig.

Théâtres occupés

Son théâtre reste confronté à une inconnue : actuellement occupé par des intermittents, il n'est pas certains que les représentations puissent reprendre mercredi. "Nous resterons", a fait savoir vendredi la CGT, qui veut alerter sur la précarité des intermittents du spectacle. "J'essaie de discuter pour arriver à des solutions qui nous permettent de rouvrir", explique le directeur, qui a notamment proposé une occupation de jour. 

Le gouvernement a annoncé mardi prolonger de quatre mois "l'année blanche" pour les intermittents du spectacle, afin de préserver leur niveau d'indemnisation jusqu'au 31 décembre 2021. De nouvelles allocations seront ensuite mises à leur disposition pendant un an pour accompagner la reprise des professionnels du spectacle vivant. "Un certain nombre de spectacles ne vont pas pouvoir se créer comme prévu l'année prochaine. Même avec une reprise d'activité avec des jauges à 100%, on a déjà dû en reporter à la saison 2022-2023. C'est un manque d'emploi pour ceux qui sont dans ces compagnies."