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Déconfinement "territoire par territoire" : dans quelles régions le virus circule-t-il le moins ?

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Olivier Véran souhaite une sortie des "mesures de freinage" progressive selon les territoires
Olivier Véran souhaite une sortie des "mesures de freinage" progressive selon les territoires
© AFP - Xose Bouzas / Hans Lucas

Olivier Véran se dit favorable à un déconfinement progressif, "territoire par territoire", si la situation épidémiologique s'améliore suffisamment pour l'envisager. Une approche logique si l'on observe les disparités entre les départements et régions du pays, dont certains sont encore dans le rouge.

"Je suis ouvert à l'idée d'une approche territoire par territoire dans la levée des mesures de freinage, comme j'y étais favorable lors de leur mise en place", explique le ministre de la Santé Olivier Véran dans une interview au Télégramme. Pour lui, il faudra se baser sur plusieurs critères pour déterminer les régions et départements qui peuvent retrouver un peu de liberté en toute sécurité : "la situation épidémique, la situation hospitalière et le niveau de saturation des hôpitaux".

Corse, Bretagne et Nouvelle-Aquitaine meilleurs candidats à un déconfinement

D'après les cartes que nous avons réalisées, parmi les "bons élèves" qui pourraient connaître un déconfinement prématuré, on trouve d'abord trois régions : la Corse, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine restent les régions métropolitaines les moins touchées, avec des taux d'incidence respectifs de 172, 197 et 206 nouveaux cas pour 100.000 habitants.

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Une incidence au-dessus de 400 dans les Hauts-de-France et en Ile-de-France

À l'inverse, les "mauvais élèves" de l'épidémie de Covid-19, ceux où la situation sanitaire reste la plus tendue, sont quasiment les mêmes qu'avant les mesures de freinage décidées le 31 mars dans toute la France.

Dans le trio de tête, on trouve l'Île-de-France, avec un taux d'incidence de 535,5 (nouveaux cas en une semaine pour 100.000 habitants), puis les Hauts-de-France (406,6), et la Provence-Alpes Côte d'Azur (387,6). Trois régions qui avaient déjà été, il y a un mois, les premières à devoir subir des restrictions supplémentaires. Entrées les premières dans le reconfinement, elles pourraient donc aussi être les dernières à en sortir.

Les départements franciliens encore profondément en crise

Au niveau départemental, plus fin, un seul département métropolitain est sous la barre des 100 nouveaux cas pour 100.000 habitants : le Finistère (88,7). Le Gers (107,3), les Pyrénées-Atlantiques (108,2), les Landes (128,6) devraient logiquement figurer parmi les premiers déconfinés si la logique territoriale prévaut.

En revanche, on enregistre les taux d'incidence les plus élevés, par ordre décroissant, en Seine-Saint-Denis (665,7 nouveaux cas chaque semaine pour 100.000 habitants), dans le Val d'Oise (645,3), le Val-de-Marne (573,5), Paris (518,4), et la Seine-et-Marne (513,9). Cinq départements franciliens qui sont devant les Bouches-du-Rhône (avec un taux d'incidence de 513,2), sixième de cette liste. Confirmant que l'Île-de-France risque de rester encore un bon moment concernée par les mesures de restrictions.

En s'intéressant au taux de positivité, on constate le même retard des départements franciliens : 16,3 % de tests positifs en moyenne la semaine passée en Seine-Saint-Denis, 15,7 % dans le Val-d'Oise, 14 % dans l'Essonne. Paris affiche un taux bien inférieur de 8,2 % (sans doute dû au nombre moins élevé de tests, en pleines vacances scolaires).

La situation dans les hôpitaux toujours tendue aux mêmes endroits

On le sait désormais, la hausse du nombre de nouveaux malades mène mécaniquement à une hausse des prises en charge dans les hôpitaux et des entrées en réanimation, avec un décalage d'une à deux semaines. Or ces prises en charges sont elles aussi très variables selon les départements.

Dans certains d'entre eux, on ne voit déjà presque plus arriver de nouveaux patients : un seul par jour en moyenne en Haute-Corse, tout comme en Lozère, dans la Creuse, dans l'Ariège et le Gers.

De l'autre côté du spectre, Paris voit arriver en moyenne 122 nouveaux patients chaque jour dans ses hôpitaux depuis une semaine (ce qui s'explique largement par sa population et son nombre d'hôpitaux plus importants). Les Bouches-du-Rhône sont cette fois juste derrière avec 100 nouveaux patients hospitalisés par jour, suivies du Nord (85 hospitalisations quotidiennes) et du Rhône (74). Rappelons que ces patients s'ajoutent à ceux déjà pris en charge, qui peuvent rester plusieurs semaines à l'hôpital.

On retrouve des disparités similaires en regardant les cas les plus graves, ceux qui nécessitent d'être pris en charge en réanimation. Là encore, Paris est en tête avec 39 entrées en réa chaque jour, en moyenne ces 7 derniers jours, suivie des Bouches-du-Rhône (24), du Nord (23) et du Rhône (21).