Denis Rodier : "Comment dessiner La Bombe ?" Leçon de dessin confinée

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Denis Rodier : Comment dessiner "La Bombe" ?

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Denis Rodier publie avec Laurent-Frédéric Bollée, et Alcante le récit de l'invention de la bombe atomique. Le 6 août 1945, une bombe ravage Hiroshima. Des dizaines de milliers de personnes sont instantanément pulvérisées. Et le monde entier découvre, horrifié, l’existence de la bombe atomique, première arme de destruction massive. Mais dans quel contexte, comment et par qui cet instrument de mort a-t-il pu être développé ? Denis Rodier explique ici à Anne Douhaire comment il l'a dessiné.

Denis Rodier : "Comment j’ai dessiné la bombe ou plus exactement l’essai Trinity, le "gadget", comme on l’appelait. C’était le premier test, le point culminant du Projet Manhattan, donc il fallait que ce soit une image qui frappe pour évoquer l’énormité de l’explosion. C’est pour ça que la planche elle-même comporte qu’une case. C’est la grandeur, la blancheur de la page qui nous montre l’explosion.

On veut aussi suivre les personnages, se mettre derrière eux, se mettre avec eux, pour voir cette explosion

Pour ce qui est de ma méthode de travail, c'est bon en gros trois ou quatre étapes. C'est pour commencer un simple petit découpage, tout petit, tout petit format de 6 cm par 9. 

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Et pourquoi je travaille aussi petit ? C'est simplement parce que c'est plus facile à ce moment-là de changer d'idée. C'est plus facile d'essayer des alternatives et des différences de cette composition pour arriver à la plus intéressante sans y penser des journées. 

Ensuite, je vais faire un croquis qui était un peu plus grand, croquis d'à peu près 13 cm par 18. C'est là que je vais préciser le dessin, mettre en forme les compositions de l'image et essayer de laisser un petit peu d'espace pour les bulles, travailler le décor. Et c'est là que bon intervient le numérique. Le numérique, je m'en sers très rarement pour le dessin lui-même, mais pour le montage d'une page, c’est là que ça devient un outil précieux. 

Je me considère comme un bon calligraphe. C'est pour ça que l'informatique, pour moi, c'est un outil que j'aime bien utiliser pour écrire le texte dans les bulles, pour faire même les bulles et les cases autour. 

Pour ce qui est des outils, c'est la plume classique. C'est la plume qu'on utilise depuis des décennies dans le métier. Surtout du côté des Américains. C'est ce que j'utilise moi-même depuis des décennies. 

C'est la Hunt 102 de Speedball, puis aussi le pinceau que j'utilise beaucoup, ce qu'on voit ici surtout. C'est un pinceau Winsor et Newton, série 7, numéro 2. Beaucoup de dessinateurs préfèrent la numéro un, mais moi j'ai une petite préférence pour la deux parce qu'elle retient un peu plus d’encre. Vous me pardonnerez les détails techniques. Mais il semble que quand on me pose la question assez fréquemment. Donc voilà, j'en profite pour rajouter ce détail. 

Le pinceau que j'utilise ici est un petit peu défraîchi. C'est un pinceau qui a de l'âge, mais je l'utilise vraiment pour des effets spéciaux souvent, comme c'est le cas ici pour des effets de pinceau secs. C'est un truc qui va bien. C'est une façon qui évoque bien avec la fumée. 

Et même pour le reste du dessin, j’aurais peut-être dû d'utiliser un pinceau qui était un peu plus neuf, un peu plus en forme. Mais pour moi, c'était important quand même d'exprimer un peu l'effet chaotique, l'effet de l'explosion qui se répercute presque sur le trait. 

Les dessins un peu trop propres, un peu trop léchés, souvent c'est tout simplement froid. Cette technique du pinceau sec m'aide beaucoup à ajouter des textures ou des effets de lumière. C'est une technique qu'on n'utilise plus tellement en bande dessinée en tous les cas, pas souvent. Parfois, je le regrette parce qu'un encrage, comme je le disais, qui est trop propre, est trop léché, trop précis, perd un peu de vigueur, perd un peu de son souffle, de sa vie. 

Ici, on voit quand même la façon dont je l'utilise de façon très libre, de façon très spontanée, pour ajouter des effets de lumière et en fin de compte, c’est une texture qui ajoute beaucoup de caractère au trait. 

Alors, voici la planche terminée avec un petit effet de blanc, ici et là pour les effets lumineux. Merci de votre attention. Ça a été un plaisir de pouvoir vous décrire comment un j'ai dessiné La bombe et à une prochaine. Comment j’ai dessiné la bombe ou plus exactement l’essai Trinity, le gadget comme on l’appelait. C’était le premier test, le point culminant du projet Manhattan donc il fallait que ce soit une image qui frappe pour évoquer l’énormité de l’explosion. C’est pour ça que la planche elle-même comporte qu’une case. C’est la grandeur, la blancheur de la page qui nous montre l’explosion.

On veut aussi suivre les personnages, se mettre derrière eux, se mettre avec eux, pour voir cette explosion. 

Pour ce qui est de ma méthode de travail, c'est bon en gros trois ou quatre étapes. C'est pour commencer un simple petit découpage, tout petit, tout petit format de 6 cm par 9. 

Et pourquoi je travaille aussi petit ? C'est simplement parce que c'est plus facile à ce moment-là de changer d'idée. C'est plus facile d'essayer des alternatives et des différences de cette composition pour arriver à la plus intéressante sans y penser des journées. 

Ensuite, je vais faire un croquis qui était un peu plus grand, croquis d'à peu près 13 cm par 18. C'est là que je vais préciser le dessin, mettre en forme les compositions de l'image et essayer de laisser un petit peu d'espace pour les bulles, travailler le décor. Et c'est là que bon intervient le numérique. Le numérique, je m'en sers très rarement pour le dessin lui-même, mais pour le montage d'une page, c’est là que ça devient un outil précieux. 

Je me considère comme un bon calligraphe. C'est pour ça que l'informatique, pour moi, c'est un outil que j'aime bien utiliser pour écrire le texte dans les bulles, pour faire même les bulles et les cases autour. 

Pour ce qui est des outils, c'est la plume classique. C'est la plume qu'on utilise depuis des décennies dans le métier. Surtout du côté des Américains. C'est ce que j'utilise moi-même depuis des décennies. 

C'est la Hunt 102 de Speedball, puis aussi le pinceau que j'utilise beaucoup, ce qu'on voit ici surtout. C'est un pinceau Winsor et Newton, série 7, numéro 2. Beaucoup de dessinateurs préfèrent la numéro un, mais moi j'ai une petite préférence pour la deux parce qu'elle retient un peu plus d’encre. Vous me pardonnerez les détails techniques. Mais il semble que quand on me pose la question assez fréquemment. Donc voilà, j'en profite pour rajouter ce détail. 

Le pinceau que j'utilise ici est un petit peu défraîchi. C'est un pinceau qui a de l'âge, mais je l'utilise vraiment pour des effets spéciaux souvent, comme c'est le cas ici pour des effets de pinceau secs. C'est un truc qui va bien. C'est une façon qui évoque bien avec la fumée. 

Et même pour le reste du dessin, j’aurais peut-être dû d'utiliser un pinceau qui était un peu plus neuf, un peu plus en forme. Mais pour moi, c'était important quand même d'exprimer un peu l'effet chaotique, l'effet de l'explosion qui se répercute presque sur le trait. 

Les dessins un peu trop propres, un peu trop léchés, souvent c'est tout simplement froid. Cette technique du pinceau sec m'aide beaucoup à ajouter des textures ou des effets de lumière. C'est une technique qu'on n'utilise plus tellement en bande dessinée en tous les cas, pas souvent. Parfois, je le regrette parce qu'un encrage, comme je le disais, qui est trop propre, est trop léché, trop précis, perd un peu de vigueur, perd un peu de son souffle, de sa vie. 

Ici, on voit quand même la façon dont je l'utilise de façon très libre, de façon très spontanée, pour ajouter des effets de lumière et en fin de compte, c’est une texture qui ajoute beaucoup de caractère au trait. 

Alors, voici la planche terminée avec un petit effet de blanc, ici et là pour les effets lumineux. Merci de votre attention. Ça a été un plaisir de pouvoir vous décrire comment un j'ai dessiné La bombe et à une prochaine. "

La Bombe de Alcante LF Bollée et Rodier est paru chez Glénat