Des élus et des magistrats, signataires d'une lettre ouverte réclamant l'accès à Internet dans les prisons

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Des élus et des magistrats, signataires d'une lettre ouverte réclamant l'accès à Internet dans les prisons

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Les signataires de la lettre ouverte demandent à la France l'accession à Internet pour les détenus en prison.
Les signataires de la lettre ouverte demandent à la France l'accession à Internet pour les détenus en prison.
© Maxppp - Fabien Cottereau

Plus de 600 personnes, dont des députés, ont réclamé mercredi dans une lettre ouverte à la Première ministre la mise en place d'un accès à internet dans les prisons françaises, pour faciliter la réinsertion des détenus et réduire la "fracture numérique".

Ils défendent l'idée d'un accès à Internet "primordial" partout en France, et en prison aussi. Dans une lettre ouverte adressée à la première ministre Elizabeth Borne, plus de 600 personnes réclament la muse en place d'un accès à Internet dans les prisons françaises, notamment pour faciliter la réinsertion des détenues et réduire la "fracture numérique".

"Si l'interdiction de l'accès à Internet en prison n'est posée par aucune loi, elle y est pourtant totale", font notamment valoir les signataires, qui réclament un débat public et législatif sur le sujet.

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"Faciliter le retour à la vie libre"

Parmi les 643 signataires : enseignants, travailleurs sociaux, visiteurs de prison, avocats, magistrats, détenus et anciens détenus. Également quelques députés, dont Ségolène Amiot (LFI), Ugo Bernalicis (LFI) et Arthur Delaporte (PS). Tous ces signataires sont soutenus par trente organisations, comme la Ligue des droits de l'Homme et l'Observatoire international des prisons (OIP). "L'accès à Internet entre les murs est primordial pour reconnaître les personnes détenues comme sujets de droit, limiter l'exclusion sociale causée par l'incarcération et faciliter le retour à la vie libre", estiment-ils.

En 2020, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté de l'époque, Adeline Hazan, avait estimé dans un rapport que cet accès devait être considéré comme "prioritaire". Elle avait considéré cette privation comme une "entrave" à de nombreux droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, le droit à l'éducation ainsi que "le droit d'une personne détenue à la préparation de son retour au sein de la société".

Le téléphone sonne
41 min

Plusieurs pays ont déjà introduit des accès contrôlés à Internet en cellule, notamment l'Allemagne, la Suisse et les Etats-Unis. L'administration pénitentiaire française expérimente néanmoins un nouveau projet, appelé "Numérique en détention". Il s'agit d'un intranet permettant par exemple de faire des commandes en cantine ou de gérer ses créneaux de parloir. Mais les signataires évoquent ce projet dans leur lettre, assurant : "Aujourd’hui, le projet 'Numérique en détention' reste cantonné à la dématérialisation de l’activité gestionnaire de l’administration pénitentiaire. L’accès à Internet pour les personnes incarcérées demeure ainsi désespérément absent tant des projets politiques que du discours gouvernemental."