Des ex-Camaïeu dans l'attente de leurs indemnités chômage, deux mois après la fermeture des magasins

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Des ex-Camaïeu dans l'attente de leurs indemnités chômage, deux mois après la fermeture des magasins

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La fermeture d'une boutique Camaïeu dans le 20e arrondissement.
La fermeture d'une boutique Camaïeu dans le 20e arrondissement.
© Maxppp - Olivier Lejeune

Deux mois après la liquidation judiciaire de l'enseigne vestimentaire Camaïeu, des salariés ne perçoivent pour l'instant aucune indemnité chômage. Le liquidateur judiciaire assure avoir fait le nécessaire.

"Lorsque je passe devant une ancienne boutique Camaïeu, je suis émue par ce qu'ont laissé les vendeuses dans la vitrine." Pas question néanmoins pour cette mère célibataire de 51 ans de se laisser gagner par la nostalgie. Après neuf ans comme agent de maîtrise dans un magasin de la région parisienne, elle aimerait tourner la page. Seulement, faute de disposer des documents nécessaires, impossible d'être inscrite au chômage. 38 ans après sa création, l'entreprise de prêt-à-porter Camaïeu a disparu officiellement début octobre, après une liquidation judiciaire. 514 magasins ont baissé le rideau dans le pays.

"Il n'y aura pas de cadeaux à Noël"

"Dans mon équipe, nous étions quatre, personne ne retravaille. Nous voulions toutes commencer une formation. Mais sans les papiers pour Pôle Emploi, c'est impossible." Alors en attendant de débuter un CAP pâtisserie en janvier, ce sera régime sec pour les fêtes de fin d'année. "Il n’y aura pas de cadeaux à Noël", car avec 1.400 euros net, elle n’a guère pu économiser. Aujourd'hui, c'est la prime supra légale qui lui permet de payer son loyer. Ces 6.000 euros avaient été obtenus grâce aux ventes des stocks dans les magasins, le week-end suivant la liquidation judiciaire du 28 septembre.

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Situation identique pour Delphine, ancienne vendeuse en Loire Atlantique. "On est bloqué, on nous fait perdre du temps", déplore cette mère de famille de 46 ans. Pour preuve : elle n'a pas pu participer à un forum pour l'emploi dans le secteur aéronautique organisé dans sa région, car elle n'était pas inscrite au chômage. Impatience teintée de colère aussi pour une ex-cadre supérieure. "J'ai même appelé mes parents pour qu'ils m'aident, car le mois de décembre sera dur et j'ai trois enfants à gâter pour Noël."

Version contredite par le mandataire judiciaire

Mais selon le liquidateur judiciaire, Miquel Aras, toutes les démarches ont été faites dans les temps. "Toutes ces personnes sont inscrites à Pôle Emploi. Point. J'ai envoyé leur dossier. Il ne me reste que ceux des salariés protégés." Dans les Hauts-de-France, où était installé le siège de Camaïeu, Pôle Emploi assure avoir traité le cas plus de 350 anciens salariés de l'enseigne vestimentaire sur les 374 qui lui ont été soumis par le mandataire judiciaire. Mi-décembre, un comité de suivi comprenant des délégués syndicaux, des représentants de pôle emploi, des membres du cabinet de reclassement et le liquidateur judiciaire se réunira pour un premier point d'étape.