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Des RER dans les métropoles françaises : où en sont les projets déjà existants ?

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À Paris, le RER est né sous l'impulsion de Charles de Gaulle et s'est étendu dans les années 60.
À Paris, le RER est né sous l'impulsion de Charles de Gaulle et s'est étendu dans les années 60.
- Vincent Isore

"Le RER ce n'est pas que sur Paris", a plaidé Emmanuel Macron dimanche dans une vidéo. Le chef de l'État veut développer un équivalent du RER francilien dans dix métropoles françaises. À Grenoble, Strasbourg, Bordeaux ou encore Lille, des projets avancent, d'autres sont encore dans les cartons.

Le chantier est monumental, et n'en est qu'à ses prémices. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux dimanche, Emmanuel Macron a annoncé vouloir développer un équivalent du RER francilien dans dix métropoles françaises. 
"Pour tenir notre ambition écologique, je veux qu'on se dote d'une grande ambition nationale : dans dix grandes agglomérations, dans dix métropoles françaises, de développer un réseau de RER, un réseau de trains urbains", lance ainsi le président de la République dans cette  vidéo de 13 minutes."C'est un super objectif pour l'écologie, l'économie, la qualité de vie" dans les villes, ajoute le chef de l’Etat, "où il y a thromboses, trop de circulation". En revanche, Emmanuel Macron ne donne aucun chiffre sur les investissements à venir, ni de calendrier ou les territoires concernés. Le ministre des Transports Clément Beaune évoquait lundi matin des "projets relativement mûrs" à Strasbourg, Lille, Bordeaux ou Toulouse.

C'est la Première ministre Elisabeth Borne, chargée de la planification écologique, qui devra détailler puis superviser ces grands travaux. "Le conseil d’orientation des infrastructures de transports travaille en ce moment à identifier les projets qui pourront être lancés en premier. Il devrait rendre ses conclusions d’ici un mois", précise l’Élysée. En juillet, le président de la SNCF Jean-Pierre Farandou avait évalué à 100 milliards d'euros sur 15 ans les investissements nécessaires pour doubler la part du ferroviaire en France. Il y incluait la création de 13 RER métropolitains dans 13 grandes villes, pour un total de 13 milliards d'euros. Voici où en sont les projets existants, à des stades plus ou moins avancés.

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À Strasbourg, lancement d’un RER à compter du 11 décembre

La ville alsacienne a le projet le plus avancé. L'Eurométropole de Strasbourg lance dès le 11 décembre son Réseau Express Métropolitain Européen (REME). La région Grand-Est promet, autour de Strasbourg, un "cadencement à la demi-heure, une amplitude de service étendue tôt le matin et en soirée, des liaisons directes entre Saverne et Sélestat, une augmentation des fréquences le week-end et particulièrement le samedi".

Il y aura dans un premier temps 813 trains supplémentaires. Mais ce RER ce fait pas que des heureux : des associations d'usagers craignent que les autres lignes de TER classiques soient délaissées. Cela fait de Strasbourg la deuxième ville de France, après Paris, à posséder un RER.

À Grenoble, des RER d’ici 15 ans

Un projet de RER métropolitain est dans les cartons à Grenoble depuis plusieurs années. Le train urbain pourrait rallier d’ici dix à 15 ans les villes de Crolles et Rives, le Grésivaudan et le Pays voironnais, en passant par Grenoble, selon France Bleu Isère, avec un train tous les quarts d’heure. "Il ne faut pas perdre une minute pour faire avancer ce projet révolutionnaire pour notre territoire", a réagi le président de la Métropole de Grenoble, Christophe Ferrari. Le projet, qui pourrait être achevé d'ici 2035, est pharaonique, comme l’écrit le Dauphiné Libéré, avec un coût estimé à  un milliard d’euros.

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Dans le Nord, en attente de financements

Les élus locaux travaillent depuis plusieurs années sur un projet de RER. Selon France Bleu Nord, Emmanuel Macron avait promis l’hiver dernier lors d’une visite à Liévin que l'État financerait la création d'un futur RER entre le bassin minier et la métropole lilloise, "dans les mêmes proportions qu'il a financé le Grand Paris, soit environ 35 %". Par exemple, poursuit la radio locale, des trains pourront relier Lille, Lens, Douai et Hénin-Beaumont. Le principal bénéfice : désengorger le réseau TER et l’autoroute A1. Ces liaisons ne devraient pas voir le jour avant 2035-2040, affirme France Bleu.

À Bordeaux, fin de la concertation publique

Le projet de "RER métropolitain" bordelais avance. Une phase de concertation publique s’est terminée il y a quelques jours. Les élus de l’agglomération souhaitent augmenter la cadence des trains express régionaux (TER), selon le journal Sud-Ouest, avec des trains tous les quarts d’heure, voire les demi-heures. "En 2030, on comptera 150 trains supplémentaires par jour, par rapport à 2020, sur l’ensemble du réseau", écrit le quotidien. 38.00 voyageurs pourraient emprunter ce RER quotidiennement. Les trains desserviront 54 gares et haltes ferroviaires, et rouleront sur 300 kilomètres de rails. Les infrastructures pourraient coûter jusqu’à 590 millions. Sud-Ouest rappelle que 1,2 million d’habitants vivent à moins de 20 minutes en voitures d’une gare.

À Toulouse, les élus tentent de s’entendre

Le collectif "Rallumons l'Étoile" se démène à Toulouse pour pousser le projet d’un RER. Il a lancé le 24 novembre une grande enquête pour promouvoir le train et étudier les modes de transports des habitants de l’agglomération toulousaine. Un accord de principe sur une première phase du RER a été trouvé entre la Région, Toulouse Métropole, le Conseil départemental et l’opérateur Tisséo, selon France 3. Une réunion doit avoir lieu début décembre, à l’occasion du "comité de pilotage des études multimodales". Le maire de Toulouse pousse davantage pour une troisième ligne de métro, quand ses oppositions, précise France 3, sont en faveur du développement du train du quotidien.

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À Lyon, aucun projet concret en route

"Nous sommes prêts à Lyon. C'est une politique dans l'intérêt de toutes et tous. Make the train great again !", a tweeté le maire écologiste Grégory Doucet après la prise de parole du président Emmanuel Macron. Comme le souligne La tribune de Lyon, "l’idée d’un réseau RER dans la métropole de Lyon n’est pas nouvelle". "Elle est déjà portée depuis plusieurs années par les collectivités, en particulier la Région et la Métropole. Mais la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon n’ont pour l’instant pas réussi à se mettre d’accord et à mettre le projet en route."

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À Rennes, la Métropole est "prête depuis longtemps pour accueillir un tel projet", écrit sur Twitter Matthieu Theurier, vice-président Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la métropole de Rennes. À Rouen, des associations militent pour un Service express métropolitain, dont le projet est à l’étude à la SNCF, selon France Bleu.