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"Des souris et des hommes" : pourquoi faut-il relire le classique de John Steinbeck ?

Couverture du livre "Des souris et des hommes" de John Steinbeck (nouvelle traduction d'Agnès Desarthe), 2022
Couverture du livre "Des souris et des hommes" de John Steinbeck (nouvelle traduction d'Agnès Desarthe), 2022
- Éditions Gallimard

Le chef-d'œuvre de l'écrivain américain John Steinbeck a été réédité dans une toute nouvelle traduction signée Agnès Desarthe. Elle a été unanimement saluée par les critiques du "Masque" qui estiment qu'elle ne trahit à aucun moment l'émotion littéraire initiale. À (re)lire absolument, donc !

Le livre résumé par Jérôme Garcin

Le classique de John Steinbeck, publié en 1937, paraît dans une traduction de la romancière Agnès Desarthe. Ce bref roman se déroule durant la Grande Dépression de 1929-1930. George Milton, le petit futé, et Lennie Small, le grand simplet capable de violence soudaine, sont deux amis qui se font passer pour des cousins. Ils rêvent de construire une ferme dans laquelle ils pourront élever des lapins puisque Lennie adore caresser les bêtes à poils. Ils vont alors travailler dans un ranch pour gagner l'argent nécessaire à l'achat du terrain dans l'Ouest américain, mais rien ne va se dérouler comme prévu.

"À quoi rime", demande Agnès Desarthe dans son excellente préface, "la retraduction d'un chef-d'œuvre, d'autant que le premier traducteur en français, Maurice-Edgar Cointreau, est un maître, et c'est mon maître".

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Arnaud Viviant salue "une nouvelle traduction qui est parfaite"

Le critique de la revue Transfuge a été séduit par une traduction extrêmement fluide sinon parfaite : "C'est toute l'oralité de cette traduction qui est surprenante. C'est un livre sur le langage oral des gens qui travaillent dans les champs. C'est un chef-d'œuvre absolu de la littérature. Je l'ai lu à quinze ans, je me souviens avoir pleuré à la mort de Lennie. Je l'ai relu, et même à la fin, ça n'a rien changé à l'émotion de départ, ça reste toujours un très grand travail littéraire".

Frédéric Beigbeder applaudit une traduction fidèle à l'œuvre de départ

Pour le journaliste du Figaro magazine, c'est un très grand roman mélodrame, qui l'a lui aussi fait pleurer et dont la nouvelle traduction ne change rien à l'émotion de départ : "Je suis allé comparer avec la première traduction de Maurice Coindreau et je n'ai pas vu énormément de différences. Je me suis juste demandé pourquoi Agnès Desarthe estimait qu'il fallait proposer une nouvelle version.

Dans la première version, Lennie adore le coulis de tomates. Là, c'est devenu du ketchup. On se modernise. En revanche, dans la première version, ils se disent : "Tu peux aller te faire foutre. Ta gueule maintenant". Et dans la nouvelle : "Tu peux aller te faire voir, ferme-la maintenant". Comme si on avait voulu adoucir ou rendre plus littéraire l'argot de l'époque. La première traduction était excellente ; celle-là est tout aussi bien".

Olivia de Lamberterie : "une traduction qui redonne vie à la première"

Une nouvelle traduction qui, selon Olivia, redonne véritablement vie à l'œuvre, tout en exprimant la même puissance émotionnelle de base : "La préface est vraiment géniale, et surtout très modeste. Agnès Desarthe explique qu'on traduit avant tout pour redonner vie à un texte. Il ne s'agit absolument pas de traduire contre la précédente traduction, mais comme un morceau de musique interprété par différents musiciens.

Elisabeth Philippe l'a elle aussi adoré, comme la toute première fois

La journaliste de L’Obs a elle aussi été très sensible à la traduction modeste réalisée par Agnès Desarthe dans cette nouvelle édition, veillant à ne jamais trahir l'émotion et le chef-d'œuvre qu'est resté cet ouvrage : "Lennie, ça fait partie des grands personnages d'idiot magnifique et tragique comme Benji dans "Le Bruit et la fureur" de Faulkner ! C'est absolument poignant ! Je suis très sensible à la modestie et l'humilité de la démarche de traductrice d'Agnès Desarthe.

C'est magnifique. C'est très subtil mais dans le changement de rythme que l'on peut identifier dans cette édition / traduction-là, c'est un tout petit peu plus rapide, mais ça nous les rend davantage plus présents !"

Le livre

Écoutez l'intégralité des critiques échangées sur le livre :

"Des souris et des hommes" de John Steinbeck

8 min

📖 LIRE - "Des souris et des hommes" de John Steinbeck (Gallimard)

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