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Deux idées pour bien s'amuser dans la nature durant l'hiver

Deux idées pour bien s'amuser dans la nature durant l'hiver
Deux idées pour bien s'amuser dans la nature durant l'hiver
© Getty - Imgorthand

Apprendre à reconnaître le "sourire" des arbres, jouer au Géocaching" (chasse au trésor)… Deux activités en plein air pour savourer au mieux l'hiver. Elles offrent de vraies vertus d'apprentissage pour ce qui concerne l'éducation à la nature et à l'environnement. Bref, vos enfants vont adorer !

La nature hivernale recouvre des charmes absolument incroyables quand on la regarde de plus près. Apprendre à aimer l'hiver est tout à fait possible tant cette saison, souvent désenchantée en dehors de Noël, offre de nombreuses raisons de s'épanouir, de s'amuser et de s'émerveiller. 

Dans l'émission "Barbatrucs", au micro de Dorothée Barba, l'entomologiste François Lasserre et la chercheuse en biologie végétale Catherine Laine donnent quelques conseils pour apprendre à mieux observer la nature durant l'hiver. 

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Aller au contact des arbres : même tout nus, ils ont beaucoup à nous apprendre 

Alors qu'on a souvent la fâcheuse tendance à déconsidérer la nature durant cette saison qui nous parait lugubre, morne et pas très inspirante, les arbres sont aussi beaux en hiver. L'hiver permet en effet de mieux apprécier leur physionomie. Pensez donc à ouvrir les yeux et à scruter les moindres détails des branches des arbres car il y a beaucoup plus de choses à observer qu'on ne le pense. C'est le premier conseil que vous donne Catherine Laine : 

Si on les voit moins en hiver parce qu'ils semblent tout endormis, ils sont bien vivants et nous donnent à voir beaucoup de choses si on s'y approche de plus près

  • Cueillir quelques branches, ramenez-les chez vous et regardez-les s'épanouir jusqu'au début du printemps 

CL : "Comme ils n'ont plu leurs feuilles, tombées à l'automne, les branches sont plus faciles à observer. Il y a un moyen assez simple de comprendre pourquoi, l'hiver, l'arbre sommeille, c'est de le réveiller, avant l'heure du printemps. Il suffit de remettre ses branches dans des conditions douces, printanières. Faites l'expérience en partant faire une petite cueillette dans la forêt ou dans un parc voisin. Récoltez des branches, amenez-les chez vous, plongez-les dans des récipients remplis avec un peu d'eau : il n'y a plus qu'à attendre que les branches se réveillent en fonction de la clarté et de la température de votre lieu d'habitation qui vont réveiller les bourgeons déjà présents sur la branche. 

C'est comme faire entrer le printemps de façon prématurée. Cette expérience permet de montrer qu'une branche n'est pas un simple bout de bois. Une branche, c'est un axe de bois recouvert d'une écorce de liège qui porte des bourgeons. On va donc réveiller les bourgeons et en observer prématurément l'ouverture, ainsi que la pousse des feuilles.

Avant même que les branches bourgeonnent, les bourgeons sont déjà là en hiver en réalité, ils dorment. Il n'y a qu'à les admirer ! 

On attend plutôt février pour tenter l'expérience. Dans la dormance des bourgeons, il y a deux phases. Une phase très profonde de sommeil qui débute à la fin de l'été et qui se finit à peu près à Noël. Il ne se passera donc rien à ce moment-là. Par contre, à partir de début janvier et février, les bourgeons vont pouvoir se réveiller correctement. Regardez-les tous les jours, prenez une photo quotidienne pour garder un souvenir de l'évolution de l'ouverture du bourgeon puis des branches feuillées". 

Vous pouvez faire pareil avec les pommes de pin. Laisser-les s'ouvrir progressivement à la chaleur de la maison. Observez et prélevez quelques graines qui dorment sur chaque écaille puis plantez-les dans un pot de fleurs avec un peu de terreau. Vaporisez-les d'eau un peu tous les jours et laissez les graines germer. Sur la pomme de pin elle-même, n'hésitez pas aussi à mettre un petit peu de terre entre les écailles. Là aussi chaque graine va germer. Un petit pin va pousser sur chaque écaille, sur lesquelles se trouvent deux graines à chaque fois. Vous allez vous retrouver avec une forêt miniature de mini pins sur des pommes de pin !"

  • Regarder de plus près : les arbres sourient l'hiver !

CL : "Les branches des arbres sont couvertes de sourires. Sous les bourgeons que vous pouvez observer, il y a à chaque fois un petit sourire. Il n'est pas bien grand, c'est tout petit mais c'est la trace qu'a laissé le pied de la feuille lorsqu'elle est tombée. Lorsque la feuille se détache, elle laisse une cicatrice sur la branche. Ensuite à la loupe, vous pouvez constater que les sourires sont diversifiés. Ceux du chêne ne sont pas les mêmes que les sourires du marronnier ou que les sourires du noyer. Sur les plus grands sourires, on voit des petits points à l'intérieur qui sont en réalité les traces des nervures de la feuille qui lui permettent d'être alimentée en eau et d'alimenter l'arbre en sucre. 

Là aussi amusez-vous à prendre des photos et collectionner les sourires (cicatrices foliaires) des arbres !"

  • Dessiner les écorces des arbres en les décalquant

CL : "On peut faire des empreintes en allant poser un support, un papier sur le tronc. Puis, avec une craie grasse dessinez sur le papier les lignes naturelles de la surface de l'arbre choisi. Vous verrez que les bosses de l'écorce vont s'imprimer sur la feuille. Ça fait de très jolis dessins et permet de collectionner les empreintes d'écorce tout en apprenant à les reconnaître. 

Jouer au "géocaching" : une chasse au trésor participative et connectée dans la nature

Le géocaching, c'est le nom que l'on donne à cette chasse aux trésors qu'on peut organiser absolument n'importe où dans la nature. Autrefois sur des GPS portables, aujourd'hui ce petit cache-cache se joue via une appli qui, une fois que vous êtes inscris, vous permet de partager toutes les cachettes et trésors cachés que les utilisateurs ont dissimulé autour de vous et où que vous soyez. Il y en a des millions dans le monde entier. 

François Lasserre : "vous pouvez faire du géocaching n'importe où, y compris au cœur d'une ville. Bien sûr on peut soi-même en cacher. C'est participatif. On est à la fois géocacheur et "géochasseur" de trésors. L'appli est comme une boussole numérique qui vous indique comment vous rendre à la cachette.

Quand vous êtes à environ 10 mètres de la cachette, vous rangez le téléphone et vous essayez de la trouver (sans tricher !) grâce à des indices (photo de la cime de l'arbre au pied duquel se trouve la cachette). Une fois trouvée, on y trouve souvent une petite boîte avec le nom des personnes qui sont passées avant vous avec des petits objets dedans". 

Au-delà du jeu, cela permet de découvrir un endroit que vous ne connaissiez pas : des arbres remarquables, un point de vue, des endroits insolites qui sont un prétexte à cachettes

Mais aussi…

Construire des hôtels à insectes

François La Serre : "Il permet aux insectes de nicher au printemps et souvent très tôt à la sortie de l'hiver, voire même à la fin de l'hiver. C'est pour ça que c'est important de les installer au moment de l'hiver (il n'est jamais trop tard) parce qu'il y a des insectes qui vont commencer à nicher dès la fin février-début mars."

Pister les traces des animaux sur la neige pour mieux les reconnaitre …

À réécouter : Promenons-nous en hiver
53 min

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