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Diatribe contre l'Occident, annexion de régions ukrainiennes : ce qu'il faut retenir du discours de Poutine

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Le président russe, Vladimir Poutine, au Kremlin, le 20 septembre.
Le président russe, Vladimir Poutine, au Kremlin, le 20 septembre.
© AFP - Dmitry ASTAKHOV

Le président russe a formalisé vendredi l’annexion de quatre régions de l’Ukraine, Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporijia, et a appelé l’Ukraine à "cesser immédiatement les hostilités". Dans le même temps, les dirigeants européens ont rejeté et condamné "l'annexion illégale" de ces quatre régions.

De fastueux chandeliers, des colonnes et des murs blancs, un long tapis rouge et plusieurs centaines de dignitaires russes en costume. Voilà le cadre du discours de Vladimir Poutine vendredi dans la salle de l’Ordre de Saint-Georges, au Kremlin. Le président russe a officialisé l'annexion par la Russie des quatre régions de l'est et du sud de l'Ukraine, au nom du "droit à l'autodétermination des peuples".

"C'est la volonté de millions de personnes", a assuré Vladimir Poutine, après l’organisation d’un référendum contesté. Pour fêter cette annexion, un grand concert est organisé en fin de journée sur la place Rouge de Moscou. Le chef d’État russe a aussi prononcé une véritable diatribe contre l’Occident.

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En parallèle, les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne ont publié une déclaration commune dans laquelle ils affirment rejeter et condamner "l'annexion illégale" par la Russie des quatre régions ukrainiennes.

Poutine demande à l’Ukraine de "cesser les hostilités"

"Les gens ont fait leur choix, un choix qui ne laisse aucun doute quant à leur volonté", a déclaré le Président russe dès le début de son discours. "Les habitants de Lougansk et Donetsk, Kherson et Zaporijjia deviennent nos citoyens pour toujours." Vladimir Poutine promet de défendre "notre terre avec toute notre force et nos moyens""Nous appelons le régime de Kiev à cesser immédiatement les tirs, toutes les hostilités et à revenir à la table des négociations", a déclaré celui qui a donné l'assaut contre l'Ukraine le 24 février dernier.

La restauration de l’URSS n’est pas en projet

Vladimir Poutine a assuré que son pays "n'aspire pas" à restaurer l'URSS, malgré l'offensive en Ukraine et l'annexion de quatre régions. "L'URSS a disparu, le passé ne peut être ramené. Et la Russie n'a pas besoin de cela aujourd'hui, nous n'y aspirons pas", poursuit Vladimir Poutine.

Un long réquisitoire contre l’Occident

Le président russe a accusé l'Occident de vouloir faire de la Russie une "colonie" : "L'Occident est prêt à tout pour préserver le système néocolonial qui lui permet de parasiter et, en réalité, de piller le monde entier." "Ils veulent nous voir comme une colonie", a fustigé le président russe. Selon lui, l’élite de ces pays "répand la russophobie à travers le monde". "La Russie sera toujours la Russie. Nous nous défendrons toujours nous-mêmes et notre patrie."

Pendant une quinzaine de minutes, Vladimir Poutine n’a pas mentionné une seule fois l’Ukraine, note le journaliste Max Seddon, chef du bureau de Moscou du Financial Times, sur Twitter. La preuve avec ces mots du président russe : "Il faut mettre les étiquettes sur qui est barbare et qui ne l’est pas, c’est l’Occident qui est sauvage."

L’Occident "refuse les normes morales de la famille"

Vladimir Poutine a érigé les valeurs familiales de la Russie en modèle et s’en est pris "à la perversité de l’Occident" : "Est-ce qu'en Russie, vous voulez qu'à la place d'un père et d’une mère, un parent 1 et un parent 2 ? On n’est pas fou." Puis le président russe s’est interrogé : "Est-ce que vous vous voulez que nos enfants apprennent, dès l’école primaire, qu’à part un homme et une femme, il y a un autre genre et qu’on leur propose des opérations de changement de sexe. C’est inacceptable ?" "Nous avons un autre avenir", a martelé Vladimir Poutine.

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Les accusations de Poutine après les explosions des gazoducs

D'après le président russe, ce sont les Anglo-Saxons qui sont à l'origine des "explosions" qui ont provoqué des fuites importantes dans les gazoducs Nord Stream 1 et 2. Ils ont été construits pour acheminer le gaz russe en Europe. "En organisant des explosions sur les gazoducs internationaux qui longent le fond de la mer Baltique, ils ont en réalité commencé à détruire l'infrastructure énergétique européenne", a fustigé Vladimir Poutine. Selon lui, les États-Unis sont les responsables car ils pourraient profiter de la situation.

Des gouverneurs nommés

Après son discours, Vladimir Poutine a signé les documents d’annexion puis invité sur scène les quatre gouverneurs qui seront placés à leur tête. Le président russe et le public ont scandé "Russia" à plusieurs reprises, en applaudissant, comme en témoigne cette vidéo.

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La réaction de l'UE et de Macron

Au même moment, les dirigeants des pays de l’Union européenne ont annoncé qu’ils "rejettent" et "condamnent l’annexion illégale" par la Russie de quatre régions ukrainiennes. Dans un communiqué (en anglais), les 27 accusent Moscou de mettre "la sécurité mondiale en danger". "L’annexion illégale proclamée par Poutine ne changera rien", écrit sur Twitter Ursula von der Leyen, la président de la Commission européenne. "Tous les territoires illégalement occupés par les envahisseurs russes sont des terres ukrainiennes et feront toujours partie de cette nation souveraine."

Le président français, Emmanuel Macron, a condamné l'annexion, évoquant "une grave violation du
droit international comme de la souveraineté ukrainienne". "La France s’y oppose et se tient aux côtés de l’Ukraine
pour faire face à l’agression de la Russie et recouvrer sa pleine souveraineté sur l’ensemble de son territoire", ajoute l'Elysée.

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L'Ukraine demande son adhésion à l'OTAN

Le président Volodymyr Zelensky a annoncé que l'Ukraine allait signer une demande d'adhésion accélérée à l'Otan. "Nous adoptons une mesure décisive en signant la candidature de l'Ukraine en vue d'une adhésion accélérée à l'Otan", a-t-il dit dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Le président ukrainien a également martelé qu'il ne négociera pas avec la Russie tant que Vladimir Poutine est au pouvoir.

Un grand concert sur la place Rouge

Pour "célébrer" l'annexion de ces régions ukrainiennes, des milliers de Russes se sont rassemblés sur la place Rouge de Moscou. C'est une marée humaine. Le président Vladimir Poutine a de nouveau prononcé un discours, assurant que la Russie remportera "la victoire" dans son conflit avec l'Ukraine.

Vladimir Poutine, sur la place Rouge de Moscou, le 30 septembre 2022.
Vladimir Poutine, sur la place Rouge de Moscou, le 30 septembre 2022.
© AFP - Alexander NEMENOV

"La victoire sera à nous !", a clamé le président russe sous les applaudissements d'une foule de plusieurs milliers de partisans dont certains brandissaient des drapeaux russes. "Bienvenue à la maison !", a lancé Vladimir Poutine aux habitants des territoires ukrainiens annexés, estimant qu'ils étaient "revenus dans leur patrie historique".

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