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Dix ans après la catastrophe de Fukushima, le renforcement des centrales françaises est loin d'être achevé

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La centrale nucléaire du Blayais, en Gironde
La centrale nucléaire du Blayais, en Gironde
© AFP - Georges Gobet

Générateurs d'électricité de secours, sources de refroidissement, digues : EDF a mis en place des mesures afin de renforcer la sécurité des 56 réacteurs hexagonaux en cas de séisme ou d'inondation. Mais les travaux devraient encore durer 15 ans.

Dix ans après la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011, la France en a-t-elle tiré tous les enseignements ? La question divise toujours les pro et les anti-nucléaire. Juste après l'accident, le gouvernement français avait demandé à EDF d'effectuer des travaux pour renforcer la sécurité des centrales hexagonales. Mais le processus n'en est qu'à ses débuts.

Afin d'être prêt en cas de séisme ou d'inondation, EDF a dû élever des digues et renforcer les installations. Des générateurs d'électricité de secours, des sources de refroidissement ont commencé à être mis en place. D'autres équipements seront également nécessaires pour sécuriser les 56 réacteurs.

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"Une partie des travaux a été faite", souligne Karine Herviou, directrice générale adjointe de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). "EDF a construit des bâtiments dédiés, résistant aux séismes, aux inondations, et qui sont aujourd'hui opérationnels. L'Autorité de sûreté lui a également demandé de mettre en place des sources de refroidissement alternatives, au cas où l'ensemble de la station de pompage serait détruite par un événement d'ampleur, comme ça a été le cas à Fukushima."

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Une fuite en avant ?

Les premières centrales équipées sont celles de 900 mégawatts, les plus anciennes. Selon l'IRSN, ces travaux doivent encore durer 15 ans. Charlotte Mijeon, membre du réseau Sortir du nucléaire, dénonce une fuite en avant : "Ce que l'on constate, c'est que les mesures spécifiques de renforcement vont être mises en place avec un retard très important, qui pourra s'étaler jusqu'à 2039 pour certains réacteurs. Par ailleurs, les réacteurs vont subir ces travaux au moment où se posera la question du prolongement de leur fonctionnement. Ce qui veut dire que sur certains d'entre eux, les travaux pourraient ne pas être faits du tout."

Le gendarme du nucléaire a autorisé EDF à prolonger la durée de vie des vieilles centrales, à condition de réaliser un certain nombre de travaux de sûreté.