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Dix choses à savoir sur Stéphanie Frappart, première femme à arbitrer un mondial de foot masculin

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L'arbitre Stéphanie Frappart, lors des quarts de final de l'Euro féminin 2022 entre l'Angleterre et l'Espagne.
L'arbitre Stéphanie Frappart, lors des quarts de final de l'Euro féminin 2022 entre l'Angleterre et l'Espagne.
© AFP - GLYN KIRK

Pour la première fois ce jeudi, un match de la Coupe du monde de football sera arbitré par une femme. La française Stéphanie Frappart, 38 ans, officiera sur la rencontre Allemagne-Costa Rica. L'aboutissement d'une ascension fulgurante.

La consécration. Ce jeudi 1er décembre à 20 heures, la Française Stéphanie Frappart deviendra la première femme à officier comme arbitre centrale lors d'une rencontre de Coupe du monde masculine, en tenant le sifflet du match décisif du groupe E, Allemagne-Costa Rica. Elle qui expliquait fin septembre qu'arbitrer un Mondial de foot relevait du "summum", voit enfin son tour arriver. Retour en dix points sur sa passion pour l'arbitrage, son parcours et ses engagements.

En ligue 1, en Ligue des champions, elle enchaîne les premières

Ce match du Mondial est pour Stéphanie Frappart, 38 ans, la suite logique des échelons gravis d'année en année, comme autant de premières fois dans l'histoire du football. En 2014, elle est la première femme arbitre à officier en deuxième division française. En 2019, elle devient la première femme à arbitrer en Ligue 1. Idem, la même année, en Supercoupe d'Europe. Puis en Ligue des champions en 2020, et enfin en finale de Coupe de France le 7 mai dernier.

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Ce jeudi 1er décembre, elle sera la première femme arbitre centrale sur un match de Coupe du monde. "Mon bagage à l'international ou en France me permet d'arriver sereinement", a-t-elle confié à la Direction des Sports de Radio France*. "J'ai déjà vécu la Coupe du monde féminine, qui est aussi une grande compétition, donc on sait à quoi s'attendre sur ces grosses compétitions*".

Sur le terrain, elle jouait numéro 10

Stéphanie Frappart est née en 1983 à Herblay-sur-Seine, dans le Val-d'Oise. Deuxième d'une fratrie de quatre enfants, elle grandit dans une famille qui la soutient dans tous ses projets, comme le rappelle Frédéric Pommier dans "Le quart d'heure de célébrité". Dans les années 90, elle a envie de jouer au football, alors ses parents l'inscrivent à l'AS Herblay. Longtemps, elle y portera le numéro 10 dans un club qu'elle "n'a jamais oublié", racontait-elle à la Gazette du Val-d'Oise en 2020.

Le quart d'heure de célébrité
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Elle a commencé à arbitrer à 13 ans

Stéphanie Frappart s'intéresse dès 13 ans à l'arbitrage. En tunique noire et sifflet en main, elle arbitre alors des rencontres de poussins et de benjamins sur les terrains de région parisienne. À l'aise à son poste de numéro 10 autant que dans son rôle d'arbitre, elle cumule les deux casquettes pendant plusieurs années.

Mais quand elle débute ses études en STAPS, elle se tourne vers l'arbitrage. Un choix stratégique (et payant) : "J’étais devenue jeune arbitre de la Fédération et j’ai estimé que j’avais plus de chances d’évoluer dans l’arbitrage que dans le foot féminin, qui était alors beaucoup moins développé qu’aujourd’hui", avait-elle confié à l’AFP.

"Diplomate", arbitre de "haut vol", elle est reconnue par ses pairs

Les pairs de Stéphanie Frappart reconnaissent ses qualités d'arbitre. "Les prestations de haut vol" , dit l'Italien et légende de l'arbitrage Pierluigi Collina. "Elle a fait des dizaines de compétitions internationales. Elle sait parfaitement comment on gère un événement intercontinental" , a de son côté loué Clément Turpin, l'autre arbitre français à Doha à avoir tenu le sifflet lors du 1er tour du Mondial.

Quand à Christophe Galtier, alors entraineur à Lille, il louait en 2019 sa " diplomatie " sur le terrain : "Il suffit qu'elle sorte un regard, un sourire, un geste... et ça s'arrête." "Elle a une petite voix mais elle a du charisme, de la personnalité", avait également décrit le milieu Pierre Bouby, qui l'avait côtoyée en deuxième division française avec Orléans.

Désignée meilleure arbitre féminine du monde

En 2019, 2020 et 2021, Stéphanie Frappart a été désignée meilleure arbitre féminine du monde par la Fédération internationale du football et de la statistique. Avec peut-être, une quatrième distinction en 2022 ?

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On la retrouve dans le mythique jeu vidéo Fifa

Pour son édition 2023, le jeu plébiscité par de nombreux fans de football "Fifa 23" a intégré des arbitres femmes à ses matchs virtuels. C'est la première fois. Stéphanie Frappart, en tant que pionnière de l'arbitrage féminin, est donc logiquement représentée.

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Elle a un deuxième métier à côté de celui d'arbitre

Depuis qu'elle arbitre en Ligue 1, mais aussi en ce moment à la Coupe du monde, Stéphanie Frappart s'assure un revenu régulier. Mais elle est également, à côté, coordinatrice des activités à la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT). Un métier qu'elle ne quitte pas. "Quelle joie de lire que Stephanie Frappart qui est Coordinatrice à la Direction Fédérale FSGT, arbitrera, à l’occasion de cette Coupe du Monde au Quatar", a écrit ce jeudi la Fédération sur l'un de ses comptes Facebook.

Elle a subi plusieurs remarques sexistes

Comme d'autres femmes avant elle dans de nombreux domaines, Stéphanie Frappart a subi, à plusieurs reprises, des comportements sexistes. L'ancien coach de Valenciennes, David Le Frapper, lui reprochant de ne pas avoir sifflé un penalty, avait assuré : "Il était bien là, mais l'arbitre ne l’a pas vu… Elle faisait du patinage peut-être… Quand on est une femme et qu'on vient arbitrer un sport d'hommes, c'est compliqué". Avant de s'excuser publiquement. Il y a aussi ce joueur qui lui a demandé s'il devait l'appeler "Monsieur" ou "Madame". Elle lui avait alors répondu, sans se démonter : "Vous trouvez que j'ai l'air de quoi ?"

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Une pionnière, mais pas grand monde derrière

Si le parcours de Stéphanie Frappart suscite l'admiration et la fierté des Français, la présente des femmes arbitres reste exceptionnelle en France, même au niveau amateur. Selon la FFF, elles ne sont qu'un millier dans le pays à arbitrer des matchs de football, soit 4% du contingent. Un plan de professionnalisation des arbitres féminines d'élite a d'ailleurs été lancé par la Fédération en janvier 2019. Il prévoit notamment "une accentuation des moyens humains et matériels mis à la disposition des officielles féminines, un renforcement de leur préparation, ainsi qu'une évolution du dispositif d'indemnisation, afin de leur assurer les meilleures conditions d'exercice de l'arbitrage".

Un engagement pour féminiser le sport

Stéphanie Frappart le sait, des questions sur le fait d'être une femme au milieu d'hommes lui sont régulièrement posées. Ses réponses sont comme sa façon d'arbitrer, fermes et diplomates : "Moi, j'ai toujours milité pour que l'on soit prise en compte pour nos compétences et pas forcément pour notre genre. Si les filles ont des qualités, il faut leur laisser l'opportunité aussi d'y arriver."

L'arbitre française a également été marraine, en 2020, du week-end "Sport Féminin toujours". Il a pour objectif, chaque année, de rendre plus visible le sport féminin et de le développer.