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Économiser 15% des émissions de CO2 d’un vol transatlantique, grâce à de l'huile de friture

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Avec le carburant durable ce sont 15% des émissions de CO2 évitées sur un vol transatlantique
Avec le carburant durable ce sont 15% des émissions de CO2 évitées sur un vol transatlantique
© Radio France - Philippe Lefebvre

Le vol AF342 a décollé mardi à 15h40 de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle à destination de Montréal avec 16% de carburant aérien durable dans le réservoir. Air France-KLM réalisait ainsi un premier vol long-courrier avec du carburant fabriqué par Total à partir d'huile de cuisson usagée.

L’huile de friture utilisée pour faire cuire les frites servies dans votre fastfood préféré a peut-être terminé sa vie dans les réservoirs de l’Airbus A 350 qui reliait, mardi, Paris Roissy-Charles-de-Gaulle à Montréal au Canada.

"Une première" pour trois raisons, a martelé Ben Smith le PDG du groupe Air France KLM. Tout d’abord parce que ce carburant est utilisé par la compagnie nationale sur un vol long-courrier, ensuite parce que le carburant a été élaboré dans une raffinerie française du groupe pétrolier Total, enfin parce que c’est la première fois que ce type de produit est disponible sur la plateforme de Roissy-Charles-de-Gaulle.

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Pour Ben Smith c’est aussi la première marque visible de la transition écologique en marche au sein de la compagnie nationale. Ce carburant est utilisé sur les Airbus A 350 qui consomment déjà, à performances égales, 20 à 25% de carburant en moins et aussi parce que ce type de carburant peut faire considérablement baisser les émissions de CO2 d’un vol. Actuellement il s'agit d'une économie de 20 tonnes de CO2 c’est-à-dire de 15% des émissions de CO2 d’un vol transatlantique, selon Patrick Pouyannet le PDG de Total.

Plusieurs problèmes restent à régler 

Il reste pourtant quelques écueils : tout d’abord, le faible niveau de production, qui est pour le moment de l’ordre de 20 000 tonnes, pourrait monter à 200 000 tonnes en 2025. Ensuite le coût, car ce carburant est trois fois plus cher que le kérosène classique, ce qui aura probablement des conséquences en terme de prix de vente d’un billet. Et d’ailleurs chez le pétrolier, on fait tout de même remarquer que si les réductions des émissions de CO2 sont exigées par une majorité de passagers, ils doivent aussi en supporter le coût. Pour le moment, et sur le vol Paris-Montréal, ce surcoût ne serait que de quatre euros par billet.

Mais n’allez pas croire que cet avion ne vole qu’à l’huile de friture. Pour le moment il ne s'agit que d’incorporation à hauteur de 16%, mais les ingénieurs d’Airbus affirment qu’on pourra bientôt faire voler un avion avec 50% de carburant durable. Mieux, chez le motoriste Rolls Royce, on prépare des réacteurs acceptant 100% de carburants durables.

Un premier pas modeste donc, mais réel dans la direction d’une aviation commerciale plus vertueuse et surtout une première démonstration qu’avionneurs, pétroliers et motoristes sont capables de rendre nos avions plus sobres et plus respectueux de l’environnement.