Emballages trompeurs, produits moins sains qu'ils en ont l'air : Foodwatch épingle les "arnaques de Noël"

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Emballages trompeurs, produits moins sains qu'ils en ont l'air : Foodwatch épingle les "arnaques de Noël"

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L'ONG Foodwatch a épinglé dix produits de Noël, qui relèvent d'après elle de l'"arnaque"
L'ONG Foodwatch a épinglé dix produits de Noël, qui relèvent d'après elle de l'"arnaque"
- Illustration Foodwatch

L'ONG Foodwatch publie un "Guide d'enquête des arnaques de Noël", à destination des consommateurs, pour ne pas se faire avoir par le marketing trompeur des rayons d'alimentation durant les fêtes de fin d'année.

Pendant les fêtes, on est prêts à dépenser plus pour faire plaisir. Et certains industriels semblent en profiter, à coups d'emballages dorés, et de produits aux prix un peu trop chics pour leur qualité. Pour déjouer les pièges du marketing de Noël, Foodwatch publie un "Guide d'enquête des arnaques de Noël". L'ONG, qui défend une alimentation "sans risque, saine et abordable", édicte la marche à suivre pour ne pas se faire avoir. Et met en garde sur plusieurs travers des marques.

Des produits plus chers au rayon "fêtes"

L'ONG conseille tout d'abord de se méfier du rayon "fêtes", qui propose tous les produits qui vont bien ensemble. Dans une grande enseigne de distribution, Foodwatch a ainsi trouvé "un petit pot de fleur de sel de Guérande de la marque Larnaudie… à 120€ le kilo !". Or, quelques rayons plus loin, les enquêteurs sont tombés sur des pots et sachets jusqu’à six fois moins chers au kilo, "pour la même composition et la même qualité".

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"Placés à côté du foie gras ou du saumon, petits pots de confiture de figues ou d’oignon, de sel marin ou de citron, coûtent bien plus cher au kilo ou au litre que dans leur rayon habituel", indique l'ONG. Elle a contacté la marque, qui "argue que le petit format en verre augmente de façon importante le prix au kilo par rapport à un conditionnement classique". Mais pour Foodwatch, avoir son produit sur ce rayon, c'est surtout "un gros profit pour l’industriel qui dégage de sacrées marges". Pour faire vos courses de Noël sans vous ruiner, Foodwatch conseille donc d'aller dans les rayons habituels, même si cela prend un peu plus de temps.

Moins de chocolats dans les boites

Foodwatch épingle aussi "les Pyrénéens de Lindt", qui sont "des sommets d'inflation masquée". D'après l'ONG la célèbre marque de chocolats suisses pratique la "shrinkflation" : le fait de réduire la quantité du produit en catimini, sans baisser le prix et sans en informer le consommateur. Ainsi, la marque a supprimé "six bouchées (de 30 à 24) (....) pour 20 % de chocolat en moins, vous payerez 18 % plus cher au kilo chez Carrefour !".

L'ONG conseille donc de prêter attention "aux nouvelles recettes ou aux nouveaux emballages, ils peuvent masquer une réduction de format et une augmentation du prix au kilo ou au litre en catimini" et de comparer "l’évolution des prix au kilo et au litre des produits".

Des emballages beaucoup plus gros que le produit

Foodwatch s'en prend aussi aux emballages surdimensionnés, et qui induisent en erreur sur la quantité du produit qu'ils contiennent. "Avec son sachet de pommes duchesse à la truffe vide à hauteur de 48 %, Findus nous vend de l’air pour les fêtes !", pointe l'enquête. Une pratique commerciale qui semble propre à ce produit de fêtes, puisque dans le rayon, la même marque propose d'autres produits "avec des sachets plus petits, contenant des quantités supérieures, une preuve concrète que réduire la taille des emballages est tout à fait possible", s'indigne l'ONG.

Toujours au rayon surgelé, l'ONG a repéré un emballage de bûche "vide aux trois-quarts". Même si une partie de cet espace est utilisée pour la protection de la bûche, cette marque "doit améliorer la transparence sur les quantités réelles de produit vendu". Avant d'acheter, Foodwatch conseille de manière générale de "retourner le produit et d'identifier le vide sans l’abîmer".

Des produits peu qualitatifs ou peu sains

Foodwatch incite aussi les consommateurs à "ne pas croire les emballages sur parole et à les retourner pour lire la liste des ingrédients". Pour Noël, les consommateurs se tournent naturellement vers les marques qui vantent le "savoir-faire traditionnel", gage de qualité. Mais "Foodwatch épingle la marque Labeyrie et ses macarons apéritifs au bloc de foie gras et à la pointe d’épices… non attendez : de nitrites !". Parmi les ingrédients des macarons, du nitrite de sodium (E250). Il fait partie des 320 additifs autorisés en Europe, mais l'ONG rappelle que l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a confirmé un lien entre le risque de cancer et l'exposition aux nitrites.

Foodwatch met par ailleurs en garde contre les pratiques de certaines marques qui "remplacent l’additif désigné par E et suivi d’un numéro, par son nom, généralement moins connu du public. Et voilà comment le E471 peut être remplacé par 'mono et diglycérides d’acides gras' ou le E450 par 'diphosphates'"

Également dans le viseur du panier de Noël de Foodwatch : "Des petits sapins Blini croustillants... d'huile de palme". La marque a substitué l'huile de palme au beurre, trop cher. L'ONG interpelle à nouveau la marque "pour que la déforestation et la mise en danger de la planète, des droits humains et de notre santé ne soient plus au menu des fêtes". Enfin, "Maître Coq ne nous fait pas vraiment rire avec sa farce de fêtes aux morilles. Sortez la loupe : le rôti contient seulement… 0,9 % de morilles", dit Foodwatch, alors que ces champignons ont une place de choix sur l'emballage spécial fêtes du produit.