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Emmanuel Macron sur l’Algérie: “Il y aura d’autres tensions, mon devoir c’est de faire cheminer ce travail”

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Emmanuel Macron, lors d'un entretien à France Inter le 5 octobre 2021
Emmanuel Macron, lors d'un entretien à France Inter le 5 octobre 2021
© Radio France

Le président de la République souhaite l'apaisement avec l’Algérie, mais affirme qu'il poursuivra le travail de mémoire entamé avec le rapport Benjamin Stora, très mal perçu par les Algériens.

Emmanuel Macron a répondu aux questions de France Inter à l'occasion de la journée spéciale organisée pour les femmes afghanes. A la fin de cette interview, il a répondu à quelques questions de Léa Salamé sur les tensions entre Paris et Alger. “Mon souhait c’est qu’il y ait un apaisement", a déclaré Emmanuel Macron à France Inter, quatre jours après ses propos au journal le Monde, très mal accueillis de l'autre côté de la Méditerranée. 

Le président français a notamment évoqué une "rente mémorielle" sur laquelle s'est construite le pays du Maghreb après 1964, et dénoncé "une histoire officielle totalement réécrite et qui ne s'appuie pas sur des vérités." Ces mots durs ont entrainé le rappel de l'ambassadeur algérien à Paris, pour consultations, et la fermeture de l'espace aérien algérien aux avions militaires français. 

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La crise diplomatique entre le France et l'Algérie a démarré la semaine dernière, après la décision de la France de durcir les conditions d'obtention des visas à l'égard de l'Algérie (mais aussi du Maroc et de la Tunisie). Le nombre de visas délivrés sera réduit de moitié.

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Le travail sera poursuivi

Malgré tout, le président maintient ces propos. "J’ai le plus grand respect pour le peuple algérien, et j’entretiens des relations vraiment cordiales avec le président Tebboune. Mais nous avons enclenché un travail, avec le rapport que nous avons demandé à Benjamin Stora (...), avec la jeunesse française et franco-algérienne, et je continuerai ce travail", a-t-il affirmé. 

Ce ne sont que des histoires de blessures. Le problème, c’est que beaucoup sont inconciliables les unes avec les autres. 

Quelques jours après un hommage aux harkis, Emmanuel Macron considère qu'il y a "trop de compatriotes dont l’histoire est mêlée à l’Algérie pour faire comme si de rien n’était." Il préconise d'"embrasser cette histoire, d’essayer de reconnaître toutes ces mémoires et de leur permettre de cohabiter."

La difficile conjugaison de mémoires opposées

Un travail rugueux dont il sait qu'il ne permettra pas un apaisement immédiat des relations franco-algériennes. "Il y aura immanquablement d’autres tensions. Ce ne sont que des histoires de blessures. Le problème c’est que beaucoup sont inconciliables les unes avec les autres. Or on est tous ensemble dans le même pays, et donc on doit avoir un projet national qui nous embarque", a conclut le président. 

Le premier geste vers les Algériens pourrait avoir lieu, comme le préconise le rapport Stora, dès ce 17 octobre, à l'occasion de la commémoration du massacre des Algériens le 17 octobre 1961 à Paris.