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En 2016, un tiers de la Grande Barrière de corail est mort

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Lors d'événements stressants, le corail a tendance à blanchir
Lors d'événements stressants, le corail a tendance à blanchir
© AFP - MIA HOOGENBOOM / ARC Centre of Excellence for Cor

C'est un constat alarmant que dresse la revue "Nature", parue mercredi. Avec la vague de chaleur survenue en 2016, 30% des coraux de la Grande barrière de corail, en Australie, sont morts.

Quand la température de l'eau augmente, le corail stresse. Or, lorsque le corail souffre de stress, il expulse les algues dont il a besoin pour survivre. Un phénomène qui, s'abord, le fait blanchir : "Si le stress dure trop longtemps, ce qui a été le cas en 2016, le corail, sans la source de nourriture que représentent les algues, meurt", explique Jean-Pierre Gattuso, océanographe et directeur de recherche au CNRS. 

Des coraux moins utiles

"On disait jusqu'à présent qu'après un épisode de blanchissement, on retrouvait un récif similaire à ce que l'on avait antérieurement au bout de 15 ans environ", détaille-t-il. "Ce que montre l'étude, c'est que ces coraux sont en fait progressivement remplacés par d'autres coraux__, mais qui sont loin d'exercer le même rôle, ce rôle de création des habitats qui permet d'abriter des poissons et une faune très diversifiée".

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De nouveaux coraux moins utiles, donc, qui peuvent abriter moins d'espèces, qui les protègent moins des prédateurs : c'est tout l'écosystème qui est chamboulé, dégradé. Et le grand responsable, c'est le réchauffement : sur ce point, "il n'y absolument aucun doute sur le plan scientifique", explique l'océanographe. 

Un appel à protéger les survivants

De plus, "cette étude ne prend pas en compte un autre phénomène qui va probablement beaucoup affecter nos récifs coraliens, c'est une augmentation de l'acidité de l'eau__, un phénomène que l'on appelle acidification des océans", ajoute Jean-Pierre Gattuso. Or ce phénomène empêche les coraux de fabriquer leurs squelettes à une vitesse normale. 

Les scientifiques appellent donc à protéger les coraux survivants et à limiter nos émissions de gaz à effet de serre - en tout cas si l'on veut continuer à profiter des 30% d'espèces marines abritées par les récifs, mais aussi de tous les services pour la pêche ou pour la protection des côtes que nous rend le corail.