En Chine, après les manifestations, la police fouille les téléphones portables

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En Chine, après les manifestations, la police fouille les téléphones portables

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Manifestants chinois à Urumqi (Xinjiang) le 30 novembre 2022
Manifestants chinois à Urumqi (Xinjiang) le 30 novembre 2022
© AFP - Frederic J. BROWN

Après les manifestations du week-end dernier dans plusieurs villes chinoises, c’est une censure massive qui s’abat sur le pays. La police effectue des patrouilles de rue pour effacer les photos interdites sur les téléphones portables.

Depuis le week-end dernier, les autorités chinoises s’emploient à effacer toute trace du mouvement de contestation qui a poussé plusieurs centaines de personnes à manifester contre les restrictions sanitaires dans plusieurs villes du pays. La censure s'abat sur la Chine et la police met en œuvre de nouvelles méthodes. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et authentifiée montre des policiers en train de contrôler une femme de manière inopinée dans une rue de Shanghai. Ce qui intéresse les forces des l’ordre, c’est son téléphone portable. Les policiers demandent à cette citoyenne de supprimer certaines photos qui montrent la rue Wulumuqi où les manifestations se sont déroulées ce week-end.

Photos effacées sur le champ

Depuis dimanche, les patrouilles de ce type se multiplient sur la voie publique ou bien dans le métro. Les policiers pratiquent de véritables fouilles des téléphones portables, regardant messages, vidéos et images. Si besoin, les forces de l’ordre effacent une à une les photos considérées comme interdites car liées au mouvement de protestation.

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Un nettoyage de terrain qui porte ses fruits. Un jeune manifestant explique avoir effacé de lui-même les photos de la manifestation de dimanche soir à Pékin, anticipant un éventuel contrôle de son téléphone par des policiers.

Cette pratique nouvelle vient d’ajouter aux méthodes traditionnelles de censure qui sont toujours là, notamment la suppression automatique de certains mots-clés et informations en lien avec le mouvement de contestation.

La police présente sur les réseaux ?

Le forces de l’ordre sont aussi soupçonnées d'utiliser certains réseaux sociaux étrangers, pourtant interdits en Chine, afin de traquer les contestataires. Un homme assure que la police a frappé à sa porte quelques minutes après qu'il a déclaré, sur Twitter, vouloir manifester. Les internautes se méfient également de certains comptes, comme celui sur Twitter intitulé "China protest 2022". Plusieurs manifestants ont publié des commentaires pour déconseiller d'utiliser ce compte car il est selon eux administré par la police.

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