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En Chine, la politique "zéro Covid" fait chuter la consommation

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Un centre commercial vide à Pékin
Un centre commercial vide à Pékin
© Radio France - Sébastien Berriot

La deuxième économie du monde ne résiste pas aux confinements en série depuis plus de deux mois. La politique "zéro Covid" et les restrictions sanitaires ont un fort impact sur l’économie chinoise. Le chômage augmente, les exportations diminuent et surtout la consommation est en chute libre.

Les fortes restrictions sanitaires en vigueur en Chine depuis plus de deux mois continuent de faire souffrir l'économie nationale. A Shanghai, le retour à la normale est encore très lent et à Pékin, la vie quotidienne est toujours perturbée par les mesures sanitaires. Cette politique fait vaciller les principaux indicateurs de la deuxième économie mondiale, notamment la consommation interne.

Dans cette famille de Pékin, avec deux enfants, le train de vie a changé depuis la reprise d’épidémie. Les revenus ont diminué, et la famille consomme désormais beaucoup moins explique le père : "Ce n’est pas comme avant, et donc nous faisons plus attention à nos dépenses, et nous sommes maintenant plus conservateurs. Pour le reste de l’année, je vais continuer à dépenser aussi prudemment que je le fais maintenant. Avant l’épidémie, j’achetais des choses en ligne, maintenant j’ai arrêté car je ne sais pas quand l’épidémie va se terminer. Je ne suis pas très optimiste. Je vais attendre et voir."

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Moins de dépenses, moins d'achat en ligne

Les propos de ce père de famille illustrent bien la situation à laquelle la Chine est confrontée depuis le mois de mars. Les nombreux confinements de villes, notamment à Shanghai, ont fait chuter la consommation. Les ventes de détail ont baissé de 11% au mois d’avril. Le premier ministre chinois Lo Keqiang a été contraint de reconnaître que la situation était aujourd’hui pire qu’au plus fort de l’épidémie en 2020.

Des restaurants ouverts, mais en vente à emporter

Dans les villes totalement confinées, avec la fermeture des commerces, la consommation est restée pendant plusieurs semaines proche de zéro. A Pékin, il n’y pas de confinement, mais dans le grand district de Chaoyang, le plus peuplé de la ville, les restaurants ne peuvent plus recevoir de clients et les magasins non essentiels ont reçu l’ordre de baisser le rideau. Cela ne modifie pas vraiment les habitudes de ces deux derniers mois. Avec les restrictions sanitaires, beaucoup de Chinois n’éprouvent plus le besoin de consommer comme le confirme cette Pékinoise : "L'épidémie a affecté les dépenses liées notamment aux vêtements. Je n'en ai plus vraiment besoin car je ne participe plus à beaucoup d'activités. Le plus loin que je puisse aller, c'est autour de Pékin, donc les habits que j’ai déjà me conviennent."

L'épargne dans les banques augmente

La consommation interne, c’est depuis longtemps le point faible de l’économie chinoise et avec les confinements de villes, le phénomène s’aggrave. "Les répercussions économiques de l’épidémie n'ont pas beaucoup touché les riches et les fonctionnaires", a expliqué dans une récente conférence Dong Chao économiste spécialiste des questions de consommation, "mais la capacité d'achat des consommateurs à moyen et faible niveau de vie, elle, a diminué, parce que leurs revenus ont été impactés. Et ça représente beaucoup de monde. Par exemple, 150 millions de personnes sont employées dans le seul secteur du commerce de détail."

"Les gens sont plus prudents, poursuit-il, ils mettent de l’argent de côté. L’épargne dans les banques augmente et cela fait baisser la consommation." Les gouvernements locaux multiplient les mesures pour aider à la reprise de la consommation. A Shenzhen, par exemple une aide publique de 1400 euros est accordée à tout habitant qui achète une voiture électrique .