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En Guyane, il y a plus de doses de vaccins que de demandes

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Extérieur de l'Hôpital de campagne à Cayenne en renfort pour lutter contre la pandémie de coronavirus, Covid-19. 27/06/2020.
Extérieur de l'Hôpital de campagne à Cayenne en renfort pour lutter contre la pandémie de coronavirus, Covid-19. 27/06/2020.
© Radio France - Valentin Dunate

La collectivité a ouvert dès février la vaccination aux plus de 50 ans puis fin mars aux plus de 30 ans. Pourtant, après un sursaut, le nombre de rendez-vous dans les centres est de nouveau en baisse.

Depuis deux semaines, le nombre de rendez-vous pour se faire vacciner est en baisse au centre de Cayenne, moins 10% en moyenne et il est possible de recevoir une première injection très rapidement dans les centres de Kourou et de Saint-Laurent-du-Maroni. Seul le vaccin Pfizer est disponible en Guyane, mais les habitants sont encore peu nombreux à accepter de se faire vacciner : 17.000 Guyanais ont reçu une première dose et 7500 les deux sur une population globale de près de 300.000 habitants. 

Le variant brésilien est responsable de la très grande majorité des cas positifs, mais la proximité du pays le plus touché par la pandémie de l’Amérique du Sud ne semble pas jouer sur la motivation des Guyanais à se faire vacciner.

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Des facteurs religieux et culturels sont en jeu

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces chiffres plus bas que la moyenne en métropole. La population est jeune, moins de 25 ans, n’ayant pas encore accès aux vaccins. De manière générale, les Guyanais ont moins recours aux soins et l’offre est plus réduite. Le vaccin contre la grippe est ainsi traditionnellement moins demandé qu’en métropole. 

Il y a aussi des facteurs culturels et religieux confirme la directrice générale de l’ARS Guyane, Clara de Bort : "On a beaucoup de gens qui expriment une peur de la vaccination, extrêmement importante, ce n’est pas simplement une hésitation. On a de très nombreuses communautés, parlant différentes langues, il y a très probablement des facteurs sociaux, religieux et culturels, tout le monde n’a pas accès non plus à une information de qualité et les fausses informations circulent beaucoup."

Maraudes et bon d'achat

Pour tenter de relancer les vaccinations, les autorités sanitaires font des maraudes, certaines en partenariat avec Médecins du Monde et délocalisent les centres notamment dans des zones moins accessibles. Mille habitants de la frontière brésilienne ont ainsi reçu une dose. L’ARS travaille aussi avec les bailleurs sociaux pour qu’ils aident dans la prise de rendez-vous afin d’organiser ensuite si besoin des transports collectifs. 

D’autres initiatives viennent du privé comme le patron des supermarchés U de Guyane qui offre dans son magasin de Saint-Laurent-du-Maroni 2.000 bons de 5 euros aux personnes vaccinées. Une démarche critiquée sur les réseaux sociaux mais défendue par l’ARS. "Je me félicite de l’engagement et de la prise de risques des partenaires de la société civile alors qu’ils sont très vite la cible d’attaques, dit Clara de Bort. "On n’achète pas le consentement des gens avec 5 euros mais on reconnaît l’effort de personnes qui sont dans des situations extrêmement précaires, qui ne sont pas véhiculées, qui sont entourées de messages contradictoires. Il ne nous semble pas choquant que ce geste soit symboliquement reconnu."

Le patron des Super U de Guyane explique lui vouloir donner un coup de pouce constatant que ses salariés n’étaient pas vaccinés alors qu’il y a eu auparavant un foyer de contamination dans le magasin.