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EN IMAGES - En Inde, des crématoriums à ciel ouvert pour les morts de la Covid

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À New Delhi, des proches de victimes de la Covid-19 se tiennent à côté des bûchers funéraires au terrain de crémation de Ghazipur
À New Delhi, des proches de victimes de la Covid-19 se tiennent à côté des bûchers funéraires au terrain de crémation de Ghazipur
© Getty - Naveen Sharma/SOPA Images/LightRocket

L’Inde fait face à une flambée épidémique alarmante. Ces dernières 24 heures, le ministère de la Santé a enregistré 323 144 nouveaux cas de contamination à la Covid-19 et 2 771 décès. En ville, les bûchers funéraires et les crémations de masse se multiplient.

Les cimetières et crématoriums indiens sont pris de court par le nombre croissants de décès liés à la Covid-19. Ces derniers jours, la pandémie a atteint une gravité sans précédent dans le pays, avec un nouveau bilan officiel de 323 144 nouvelles contaminations et 2 771 décès, en seulement 24 heures

Crématoriums à ciel ouvert

À Ghaziabad, près de la capitale New Delhi, les chaînes de télévision ont diffusé des images de corps enveloppés dans des linceuls, alignés sur le trottoir, attendant leur tour pour l’incinération. Dans l’État du Gujarat, dans l’ouest de l’Inde, les crématoriums de Surat, Rajkot, Jamnahar et Ahmedabad tournent 24 heures sur 24 avec trois à quatre fois plus de défunts que la normale. 

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Les proches d'une victime du Covid-19 effectuant les derniers rites, au crématorium de Sarai Kale Khan, le 26 avril 2021 à New Delhi, en Inde.
Les proches d'une victime du Covid-19 effectuant les derniers rites, au crématorium de Sarai Kale Khan, le 26 avril 2021 à New Delhi, en Inde.
© Getty - Amal ks/Hindustan Times

"Jusqu’au mois dernier, nous incinérions une vingtaine de corps par jour. Mais depuis le début du mois d’avril, nous traitons plus de 80 corps par jour", explique Ramnath Ghela, le responsable local du crématorium de Surat, à l’AFP. 

Une crémation de masse de victimes décédées du Covid 19 sur le terrain de crémation de Ghazipur, à New Delhi.
Une crémation de masse de victimes décédées du Covid 19 sur le terrain de crémation de Ghazipur, à New Delhi.
© Getty - Naveen Sharma/SOPA

Avec des temps d’attente pouvant aller jusqu’à huit heures, la ville de Rajkot a, de son côté, mis en place une salle de contrôle dédiée à la gestion 24 heures sur 24 et 7 jour sur 7 du flux des crémations, dans quatre crématoriums distincts. 

Les proches d'une victime du Covid 19  lors de leurs derniers rites à la crémation de Sarai Kale Khan, le 26 avril 2021 à New Delhi, en Inde.
Les proches d'une victime du Covid 19 lors de leurs derniers rites à la crémation de Sarai Kale Khan, le 26 avril 2021 à New Delhi, en Inde.
© Getty - Amal ks/Hindustan Times

Pénurie de bois

À Lucknow, capitale de l’État de l’Uttah Pradesh dans le nord de l’Inde, certains crématoriums, confrontés à une pénurie de bois, sont contraints de demander aux familles des victimes d’apporter leurs propres combustibles. 

Une femme regarde plusieurs bûchers funéraires de patients décédés du Covid 19 brûler lors de l'incinération de masse au terrain de crémation de Ghazipur à New Delhi.
Une femme regarde plusieurs bûchers funéraires de patients décédés du Covid 19 brûler lors de l'incinération de masse au terrain de crémation de Ghazipur à New Delhi.
© Getty - Naveen Sharma / SOPA Images / LightRocket

Rohit Singh, dont le père est mort du Covid 19, confie à l’AFP que les responsables du crématorium facturent environ 7 000 roupies (100 dollars) la crémation, soit près de 20 fois le tarif normal. L’attente est parfois si longue qu’une famille a commencé à incinérer un corps dans un part adjacent à l’un des crématorium raconte un responsable.

Derniers rites lors de la crémation au crématorium de Nigambodh Ghat, le 16 avril 2021 à New Delhi, en Inde.
Derniers rites lors de la crémation au crématorium de Nigambodh Ghat, le 16 avril 2021 à New Delhi, en Inde.
© Getty - Sonu Mehta / Hindustan Times

Le pays a plongé dans le chaos ces derniers jours enregistrant des records de contaminations quasi quotidiens. Dans la capitale, New Delhi, des témoins décrivent des couloirs d’hôpitaux encombrés de lits, de brancards et des familles suppliant en vain qu’on leur fournisse de l’oxygène ou une place pour leurs proches. Certains meurent aux portes des établissements hospitaliers.  

Des plates-formes de crémation en cours de construction à l'extérieur du crématorium de Sarai Kale Khan, le 26 avril 2021 à New Delhi, en Inde
Des plates-formes de crémation en cours de construction à l'extérieur du crématorium de Sarai Kale Khan, le 26 avril 2021 à New Delhi, en Inde
© Getty - Amal ks / Hindustan Times

Interrogations autour du variant indien

La situation est "plus que déchirante" a résumé lundi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui a fourni des équipements essentiels au pays. 

Dernier hommage d'un procje de victime du Covid 19 avant la crémation au crématoire de Nigambodh Ghat sur les rives de la rivière Yamuna à New Delhi.
Dernier hommage d'un procje de victime du Covid 19 avant la crémation au crématoire de Nigambodh Ghat sur les rives de la rivière Yamuna à New Delhi.
© AFP - SAJJAD HUSSAIN

Face à l’urgence de la situation, l’aide internationale s’organise. La première cargaison d’aide médicale britannique, contenant 100 ventilateurs et 95 concentrateurs d’oxygène est arrivée ce mardi à New Delhi, indique un tweet du ministère indien des Affaires étrangères, Arindam Bagchi.   

Les employés du cimetière aidant les gens à incinérer les corps de leurs proches décédés du Covid-19 font une pause dans un crématorium, à New Delhi.
Les employés du cimetière aidant les gens à incinérer les corps de leurs proches décédés du Covid-19 font une pause dans un crématorium, à New Delhi.
© Getty - Amarjeet Kumar Singh / SOPA Images / LightRocket

Au total, neuf conteneurs aériens chargés d’équipement médical seront envoyés cette semaine, précise le Haut-Commissariat britannique à New Delhi. 

Un homme regarde les corps de 3 victimes du Covid 19 attendant d'être incinérés, à New Delhi.
Un homme regarde les corps de 3 victimes du Covid 19 attendant d'être incinérés, à New Delhi.
© Getty - Amarjeet Kumar Singh / SOPA Images / LightRocket

Les États-Unis se sont, eux aussi, engagés sur une aide d’urgence comprenant notamment des composants pour la production de vaccins, des équipements de protection, des tests à diagnostic rapide ou encore des respirateurs. La France va envoyer huit unités de production d’oxygène ainsi que des containers d’oxygène et des respirateurs. L’Union européenne doit, quant à elle, envoyer "dans les prochains jours" un ensemble d’équipements d’urgence dans le cadre de son mécanisme de protection civile, coordonné par la Commission européenne.

Les proches d'une victime du Covid 19 lors de leurs derniers rites à la crémation de Sarai Kale Khan, le 26 avril 2021 à New Delhi, en Inde.
Les proches d'une victime du Covid 19 lors de leurs derniers rites à la crémation de Sarai Kale Khan, le 26 avril 2021 à New Delhi, en Inde.
© Getty - Amal ks / Hindustan Times

Interrogations autour du variant "indien"

Le variant indien suscite encore des interrogations. L’OMS note que l’on ne sait pas encore si "les rapports faisant état d’une mortalité élevée sont dus à la gravité accrue du variant, à la mise à rude épreuve des capacités du système de santé en raison de l’augmentation rapide du nombre de cas, ou aux deux". 

Ce variant a été détecté en Belgique, en Suisse, en Grèce et en Italie. Tout en desserrant l’étau des restrictions sanitaires cette semaine, plusieurs pays européens ont coupé leurs liaisons aériennes avec l’Inde. 

L’Inde est aujourd’hui le 4e pays le plus endeuillé au monde, avec plus de 192 000 morts officiellement comptabilisés depuis le début de la pandémie. De l’avis de nombreux experts, ce nombre pourrait être, en réalité, bien plus élevé.