Publicité

En Iran, les manifestations visent aussi le tout-puissant guide suprême, l'ayatollah Khamenei

Par
L'ayatollah Khamenei le 3 octobre à Téhéran
L'ayatollah Khamenei le 3 octobre à Téhéran
© AFP - AFP PHOTO / HO / KHAMENEI.IR

Face à la contestation, le pouvoir iranien a décidé d'employer tous les moyens répressifs à sa disposition. Car au travers de ce mouvement, c’est aussi le guide suprême de 83 ans qui est contesté.

Depuis trois semaines, des centaines de milliers d'Iraniens dénoncent la mort en garde à vue de Mahsa Amini, arrêtée par la police pour un voile trop peu couvrant. Une protestation durement réprimée, puisque au moins 92 personnes ont été tuées depuis le 16 septembre, selon l'ONG Iran Human Rights. Le guide suprême, Ali Khamenei, a d'ailleurs qualifié les manifestants de "mercenaires et de traîtres soutenus par l'étranger".

Sa réponse est d'autant plus violente qu'à travers les protestations contre le régime, c'est lui qui est directement visé. En effet, dans la République islamique, le guide suprême est la clé de voûte du système politique mis en place par l'ayatollah Khomeini en 1979. Les jeunes qui manifestent dans les grandes villes, eux, n’ont connu que le visage d’Ali Khamenei, désigné guide suprême en 1989.

Publicité

C'est lui qui a la haute main sur les organes essentiels du pouvoir, la justice et l'appareil sécuritaire. C’est encore lui qui donnera ou non son feu vert pour un accord nucléaire avec les grandes puissances. Du guide suprême dépendent directement les puissants et redoutés Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du pouvoir iranien. Son autorité est singulière puisqu'elle revêt une dimension à la fois politique et religieuse.

Qui pour succéder au guide suprême ?

En toile de fond des manifestations actuelles, la succession d'Ali Khamenei est posée. Le guide suprême a aujourd'hui 83 ans et les spéculations sur son état de santé vont bon train en Iran. À ce stade, Ali Khamenei reste le leader incontournable à la tête de l'Iran, mais quelques noms de personnalités qui pourraient prendre éventuellement la relève circulent depuis un certain temps.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

On évoque celui de son fils Mojtaba, 53 ans, religieux comme son père. On cite également celui de l'ultra-conservateur Ebrahim Raïssi, l'actuel président de la République. Certains évoquent aussi une direction collégiale qui pourrait se mettre en place au moment de sa disparition.

Constitutionnellement, le Conseil de discernement se réunit pour choisir son successeur. La dernière succession remonte à celle de l’ayatollah Khomeini en 1989. Compte tenu de l'opacité du pouvoir à Téhéran, tous les scénarios restent ouverts, mais d’ores et déjà, les intrigues du sérail ont déjà commencé.