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En Italie, une sculpture invisible vendue aux enchères près de 15 000 euros

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"Bouddha en contemplation", une précédente œuvre de Salvatore Garau
"Bouddha en contemplation", une précédente œuvre de Salvatore Garau
- Capture vidéo YouTube

La sculpture "Io Sono", de l'artiste italien Salvatore Garau, a été adjugée mi-mai pour 14 820 euros. Sa particularité : on ne la voit pas. Pour l'artiste, âgé de 67 ans, c'est "la parfaite métaphore de l'époque que nous vivons". Même si l'idée est étonnante, l'art contemporain flirte souvent avec l'invisible.

Ne dites pas que cette œuvre n'existe pas : pour son créateur, l'artiste Salvatore Garau, la sculpture "Io Sono" existe bel et bien, même si elle est immatérielle. Pour son acheteur ou son acheteuse probablement aussi, car le 18 mai dernier, l'œuvre, estimée autour de 6 000 à 9 000 euros, a été adjugée 14 820 euros par la maison de ventes Art Rite, située à Milan. 

À réécouter : L'oeuvre invisible
2 min

Sur le site de la maison de ventes, qui répertorie l'œuvre dans le catalogue d'une vente d'art contemporain incluant aussi des pièces d'artistes connus comme Maurizio Cattelan, Sophie Calle ou Paul McCarthy, on en apprend un peu plus sur cette œuvre - dont il n'y a, évidemment, pas de photo. "Io Sono" est "une sculpture immatérielle à installer dans une habitation privée, dans un espace libre de tout encombrement", et de dimensions "variables", d'à peu près 1,5m x 1,5m. 

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Si "Io Sono" est une œuvre destinée à être exposée chez son ou sa propriétaire, on peut avoir une idée de ce à quoi ressemble cette sculpture avec "Buddha in contemplazione", une autre sculpture invisible, cette fois installée par l'artiste devant la Scala de Milan, en février dernier. Et la sculpture correspond bien à l'idée qu'on s'en fait : on ne voit rien, si ce n'est un carré blanc dessiné au sol, qui marque l'emplacement de l'œuvre. 

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Art conceptuel

Mais alors, l'acheteur ou l'acheteuse de l'œuvre n'a-t-il acheté que du vide ? Concrètement, oui – du vide et un certificat d'authenticité, certes. Mais dans l'art contemporain, il est fréquent de n'acheter rien de matériel, si ce n'est le concept d'une œuvre (d'où le terme d'art conceptuel) : dans le mouvement Fluxus, par exemple, les œuvres d'art prenaient souvent la forme de protocoles, de marches à suivre, pour que chacun puisse ensuite reproduire l'acte artistique, souvent sous la forme d'un jeu. Avant cela, dès 1958, Yves Klein, connu pour son fameux "bleu Klein", avait aussi imaginé des expositions invisibles. Et en 2005, le Centre Pompidou avait accueilli le "Labyrinthe invisible" d'un artiste danois, Jeppe Hein, avant de consacrer une exposition rétrospective aux salles vides dans l'art contemporain en 2009.

Pour l'artiste, que signifie son œuvre ? Salvatore Garau, qui a une pratique plastique habituellement plus visible, estime que "le vide n'est rien de plus qu'un espace plein d'énergie", et que "le vide a un poids, par conséquent, il a une énergie qui se condense", dit-il, ajoutant "qu'après tout, ne façonnons-nous pas un Dieu que nous n'avons jamais vu ?". Pour lui, réaliser une sculpture invisible est "la parfaite métaphore de l'époque que nous vivons". 

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