En Nouvelle-Calédonie, une étude alerte sur le déclin des oiseaux marins

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En Nouvelle-Calédonie, une étude alerte sur le déclin des oiseaux marins

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Deux sternes huppées en Polynésie Française, sur l'île de Bora Bora.
Deux sternes huppées en Polynésie Française, sur l'île de Bora Bora.
© AFP - Gregory Gerault

D'après une récente étude menée dans le Parc naturel de la mer de Corail, véritable joyau de la biodiversité, le déclin de la population des oiseaux marins est de l’ordre de 2 à 4% par an. Ils sont victimes notamment de la pollution plastique dans les océans.

Le Puffin du Pacifique, le fou masqué, la sterne huppée : les atolls d'Entrecasteaux, situés au nord de la Nouvelle Calédonie, classés au patrimoine mondial de l'Unesco, abritent des colonies exceptionnelles d'oiseaux marins. Mais une étude révèle à quel point leur population chute depuis vingt ans.

Une baisse de 2 à 4% des oiseaux marins

Si ces oiseaux vivent au large, ils nichent sur terre explique Philippe Borsa, biologiste marin à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) : "Ces petits îlots coralliens qui font quelques hectares, abritent au moment de leur reproduction des populations d'oiseaux marins qui, en temps normal, occupent des millions de kilomètres carrés dans l'océan. Ce sont comme des dortoirs très denses qui comprennent jusqu'à des dizaines de milliers de couples." 

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Le Fou masqué est une espèce de grands oiseaux marins de la famille des Sulidae.
Le Fou masqué est une espèce de grands oiseaux marins de la famille des Sulidae.
- P.Borsa/IRD

Les auteurs de cette étude publiée dans le Bulletin de la société zoologique de France ont compilé vingt ans de comptage d'oiseaux marins sur ces îlots, une quinzaine d’espèces sont recensées, et le constat est accablant souffle Philippe Borsa. "On a une baisse des populations de ces oiseaux marins qui est de l'ordre de 2 à 4 %  par an. C'est assez sévère." 

Victimes de la surpêche et de la pollution plastique 

D'autres oiseaux marins, comme les fous à pieds rouges, sont des victimes collatérales de la surpêche. Ils se font prendre dans les filets mais ils sont aussi en concurrence pour les prises avec les bateaux usines. Autre danger : la pollution plastique, un fléau même dans ces atolls isolés au décor de carte postale du Pacifique sud. 

Le Fou à pieds rouges est une espèce d'oiseaux marins appartenant à la famille des Sulidae.
Le Fou à pieds rouges est une espèce d'oiseaux marins appartenant à la famille des Sulidae.
- P.Borsa/IRD

"La pollution par les plastiques a envahi tous les océans du monde, et en particulier l'océan Pacifique tropical", explique Philippe Borsa. "Or, c'est là que vont se nourrir les oiseaux marins que nous avons étudiés. Les plastiques peuvent obstruer le jabot, l'estomac des oiseaux. Ils font des efforts pour aller chercher la nourriture et en fait, cette nourriture, c'est le plastique. Ils n'en tirent aucune énergie."

Renforcer la réglementation dans la mer de Corail

La baisse démographique des oiseaux marins dans une zone pourtant préservée comme la mer de Corail, classée parc naturel en 2014 doit nous alerter, s’inquiète le biologiste marin : "La mer de Corail, où se situent ces atolls que nous avons étudiés, est considérée par les chercheurs comme la région tropicale la moins impactée par les activités humaines. Si on observe dans cet endroit du monde une baisse aussi sévère, c'est qu'il y a vraiment du souci à faire." 

D'après les auteurs de l'étude, il faut renforcer la réglementation dans le parc naturel de la mer de Corail, la plus grand aire marine protégée de la France.