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En Rhénanie-Palatinat, la très efficace "maison-témoin" de la future coalition allemande

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Le Parlement de Rhénanie-Palatinat, à Mayence, dirigé par une coalition feu tricolore (SPD, FDP et Verts) préfigure les contours de la future coalition à Berlin
Le Parlement de Rhénanie-Palatinat, à Mayence, dirigé par une coalition feu tricolore (SPD, FDP et Verts) préfigure les contours de la future coalition à Berlin
© Radio France - Ludovic Piedtenu

Un mois après les élections, Sociaux-démocrates, Libéraux et Verts espèrent construire dans le pays la première coalition "feu tricolore" (Ampelkoalition) de l'histoire allemande. Mais ce qui serait une première au niveau fédéral existe déjà dans le Land de Rhénanie-Palatinat, dans l’ouest du pays.

Sur les bords du Rhin, cela fait cinq ans que ces trois forces politiques, SPD, FDP et Verts, travaillent ensemble. Et c'est reparti depuis le printemps dernier pour cinq nouvelles années : cette coalition a été reconduite avec succès. Premier arrêt dans le bureau de la sociale-démocrate Sabine Bätzing-Lichtenhäler.

"La confiance, c’est le plus important", dit-elle. "Nous négocions sur un pied d'égalité. Il n'y a ni grand ni petit, nous sommes les feux tricolores. Pour preuve, nous avons tous négocié sur une table de la même taille en forme de triangle où chacun s’est parlé d’égal à égal. Et vous devez maintenir cela tout au long de votre travail en commun."

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"Il n'y a ni cuisinier, ni serveur", poursuit-elle en référence à l’expression condescendante que l’ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder avait employée il y a 20 ans pour décrire son alliance avec les Verts : un grand et un petit parti.

"Les partenaires agissent dans les domaines dans lesquels ils sont forts"

Nous nous arrêtons à présent à l'étage du parti libéral FDP et son patron Philipp Fernis. "Nous nous occupons de la politique des transports et du renforcement de la justice. Les autres partenaires agissent dans les domaines dans lesquels ils sont particulièrement forts. Par exemple, les sociaux-démocrates sur la gratuité de l'enseignement dès l'âge de deux ans, et les Verts sur la protection du climat. Chacun a son propre espace mais on discute de tout les uns avec les autres. Parfois les médias nous critiquent parce qu'ils nous trouvent ennuyeux. Mais c'est exactement ce qui est en train de se passer à Berlin. On négocie les choses entre nous en toute confidentialité et on s'exprime quand on a trouvé des solutions."

Dans ce gouvernement feu tricolore, après le rouge et le jaune, le vert. L'écologiste Bernhard Braun est plein d’espoir pour l’avenir de son pays. "Il ne s'agit pas seulement d'une nouvelle coalition, mais cela pourrait bien conduire à l'ouverture d'un nouveau spectre politique. Les trois partis qui négocient en ce moment sont plus proches que ce qui a jamais existé en République fédérale. Et cela peut aussi être une chance : créer un spectre passionnant qui peut réunir écologie, liberté et justice sociale. Et je pense qu’on ne peut pas faire l'un sans l'autre. Et nous pouvons tous nous y retrouver."

Ce qui apparaît comme une alliance presque des contraires est, selon leurs dires, une coalition beaucoup plus solide que les précédentes.