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Enseignement, santé, défense : qui gagne, qui perd dans le budget 2023 ?

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Le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, et le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, ont présenté le projet de loi de finances ce lundi.
Le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, et le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, ont présenté le projet de loi de finances ce lundi.
© AFP - STEPHANE DE SAKUTIN

Le gouvernement a présenté son projet de loi de finances pour 2023 ce lundi. Quels sont les secteurs qui bénéficient des plus importants crédits ? Quels sont ceux qui perdent le plus ? On fait le point.

Le gouvernement a présenté ce lundi matin en Conseil des ministres son projet de loi de finances pour 2023. L'exécutif défend "un budget de protection", notamment face à l'inflation galopante. Celui-ci contient notamment le bouclier tarifaire, qui permet de contenir la hausse des prix à 15 %. Il prévoit également 10 764 postes supplémentaires de fonctionnaires d'État.

Pour contenir le déficit public à 5 % du PIB, l'exécutif table sur une hausse des dépenses inférieure à la hausse des prix, mais aussi sur une croissance économique de 1 % l'an prochain, supérieure aux prévisions de la Banque de France et de l'OCDE.

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Ce projet de budget est jugé "optimiste" ou "insuffisant" par l'opposition.  Il doit être débattu par le Parlement, examiné par le Conseil constitutionnel et enfin promulgué par le président de la République. Mais le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire a averti : "Aucune nouvelle dépense" ne pourra être introduite lors du débat parlementaire si elle n'est pas "financée à l'euro près".

Les trois plus gros crédits accordés à l'école, la défense et l'enseignement supérieur

Mission "enseignement scolaire". L'enseignement scolaire est la mission qui bénéficie des crédits les plus importants, avec 60,2 milliards d'euros dans le projet de loi de finances pour 2023. Un budget en hausse de 6 % -3,7 milliards - par rapport à 2022 (56,5 milliards d'euros). Dans ce budget figurent notamment une enveloppe de 935 millions d'euros pour financer l'augmentation du salaire des enseignants et des hausses pour rémunérer des tâches supplémentaires. Le gouvernement s'est en effet engagé à ce qu'aucun enseignant ne gagne moins de 2.000 euros net par mois. Une enveloppe de 1,7 milliard d'euros est aussi allouée pour financer la hausse du point d'indice au 1er juillet 2022 pour l'ensemble des personnels du ministère.

Mission "défense". Dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la hausse des tensions avec la Russie, les moyens de la Défense augmentent de 3 milliards d'euros, en passant de 40,9 à 43,9 milliards. Le budget 2023 prévoit aussi plus de 1500 nouveaux emplois dans le secteur, notamment "dans les domaines du renseignement et de la cyberdéfense".

Mission "recherche et enseignement supérieur". La troisième mission qui génère le plus de dépenses est la recherche et l'enseignement supérieur, avec 30,6 milliards d'euros dans le budget 2023. Un budget en hausse de 1,5 milliard d'euros par rapport à 2022.

L'autre gros poste de dépenses du budget de l'État sont les "engagements financiers de l'État", qui correspondent pour l'essentiel à la charge de la dette. Ils s'élèvent à 60,2 milliards d'euros en 2023, en augmentation de 35 % par rapport à 2022 (44,3 milliards).

La santé, le travail et la transformation publique dans le top 3 des missions qui gagnent le plus

Mission "santé". En passant d'1,3 à 3,4 milliards d'euros entre le projet de loi de finances 2022 et celui de 2023, la mission "santé" est celle qui gagne le plus de crédits. Cette mission regroupe les dépenses de santé qui ne figurent pas dans la loi de financement de la sécurité sociale, comme l'aide médicale de l’État ou la politique de modernisation de l'offre de soins.

À cela s'ajoute la mission "solidarité, insertion et égalité des chances", qui augmente elle de 7 %, pour atteindre près de 30 milliards d'euros. Elle finance notamment la prime d'activité et l'allocation aux adultes handicapés. Le gros morceau des dépenses - et recettes - de santé fait l'objet d'un autre projet de loi, celui de la Sécurité sociale.

Mission "travail et emploi". Les crédits alloués à la mission "travail et emploi" augmentent de 42 % - 6,2 milliards - entre 2022 et 2023. Cette hausse est en grande partie du fait de la prise en compte de dépenses liées à l'apprentissage figurant auparavant dans le plan de relance, selon le ministère du Travail. Si l'on enlève les primes à l'apprentissage et la subvention à France compétences (le régulateur de l'alternance et la formation professionnelle), "on est sur un budget qui augmente d'un milliard d'euros", a expliqué le ministère.

Mission "transformation et fonction publiques". Cette mission a augmenté de 37 %, pour dépasser le milliard d'euros dans le projet de loi de finances pour 2023. Elle regroupe la formation des fonctionnaires, la rénovation des cités administratives ou encore le développement de produits et services numériques.

Les investissements et la relance, l'économie et les anciens combattants dans le top 3 des missions qui perdent le plus

Missions "plan de relance" et "France 2030". Le plan de relance est la partie du budget de l'État pour 2023 qui perd le plus de crédits par rapport en 2022. Il passe de 13 milliards en 2022 à 4,4 milliards en 2023 (-66 %). Cela s'explique par la baisse de régime de ce plan, deux ans après la crise sanitaire, mais aussi par un effet de vases communicant, le budget de l'apprentissage étant passé dans la mission "travail et emploi". Le plan France 2030 connait lui aussi une baisse de régime, de moindre importance, en passant de 7 à 6,1 milliards (-13 %).

Mission "économie". Ce poste est en baisse de 9,7 % entre 2022 et 2023, en passant de 4,1 à 3,7 milliards d'euros. Cette mission correspond aux dépenses en faveur de l'attractivité des territoires, du développement des entreprises ou encore de l'économie sociale et solidaire.

Mission "anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation". Cette mission voit ses crédits passer de 2,1 à 1,9 milliards d'euros entre 2022 et 2023, soit une baisse de 9,5 %. Elle regroupe les actions de reconnaissance et de réparation et, dans une moindre mesure, l'indemnisation des victimes des persécutions antisémites et des actes de barbarie pendant la Seconde Guerre mondiale et la politique de mémoire.