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Éoliennes en mer : pourquoi la France est à la traîne ?

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Une dizaine de projets de parcs éoliens en mer sont prévus dans les prochaines années.
Une dizaine de projets de parcs éoliens en mer sont prévus dans les prochaines années.
© AFP - Eric Feferberg

Alors que la France souhaite atteindre 27% d’énergies renouvelables pour 2030, elle ne compte aujourd'hui qu'une seule éolienne en mer. Si plusieurs projets sont lancés, l’Hexagone reste très en retard par rapport à ses voisins européens.

L’éolienne offshore n’a pas le vent en poupe en France. Le pays fait office de mauvais élève en Europe. Il ne compte qu’une seule éolienne en mer, faisant office de test. A contrario, cette énergie représente 19% de la production d'électricité des Pays-Bas, et 11,5% au Royaume-Uni.

Dans le cadre de sa politique pour le climat, la France doit atteindre 27% d'énergies renouvelables à l'horizon 2030. Mais avec les trois quarts de son énergie provenant du nucléaire, la France n'a pas encore rempli son contrat.

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Une dizaine de projets d'éoliennes sur la mer 

Pour autant, plusieurs projets sont en cours d'autorisation ou de construction dans l'Hexagone. L'un d'entre eux, à Saint-Nazaire, devrait être terminé l'année prochaine. Sept projets, dont celui-ci, concernent des éoliennes posées (en bleu ci-dessous), c'est-à-dire fixes. Quatre autres concernent des éoliennes flottantes (en orange).  

Mais selon un rapport de la Commission de régulation de l'énergie, ces investissements ne suffisent pas. La France a un fort potentiel grâce à ses façades maritimes. Elle devrait ainsi "afficher des objectifs plus ambitieux pour la filière énergies marines renouvelables." À l'heure actuelle, elle mise sur un parc éolien maritime d'une puissance de 5 GW en 2028. C'est autant que la centrale nucléaire de Paluel à elle seule.

Comment expliquer ce retard ?

L'éolien, qu'il soit maritime ou terrestre, ne fait pas l'unanimité. En mer, les pêcheurs craignent les retombées sur leur travail. À Saint-Brieuc, plusieurs d'entre eux ont tenté de s'opposer à un projet de 62 turbines. Ils craignent l'impact de ce parc sur le gisement de coquilles Saint-Jacques de la baie. Malgré leurs blocages, les travaux ont débuté il y a deux mois.

Les associations locales de défense de l'environnement , aussi, questionnent les conséquences sur le milieu marin et les oiseaux. Mais pour l'heure, les recherches ne semblent pas aller dans ce sens. Au contraire, il semblerait même que le milieu marin favorise plus d’espèces autour d’une éolienne, selon une synthèse de l'IFREMER.

Problèmes environnementaux, économiques ou même de paysages, ces onze projets devraient tout de même de voir le jour. Pour autant, l'État souhaite ouvrir le débat : une consultation est ainsi prévue, du 12 juillet au 31 août, autour de l'installation de deux nouveaux parcs. Le projet de 500 MW doit prendre place dans la mer Méditerranée.