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Et si on pouvait augmenter les performances sportives grâce au microbiote ?

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Le microbiote, une communauté de bactéries qui habite notre intestin (jusqu'à 1000 espèces différentes), est au cœur de très nombreuses recherches
Le microbiote, une communauté de bactéries qui habite notre intestin (jusqu'à 1000 espèces différentes), est au cœur de très nombreuses recherches
© Getty - Science Photo Library / Steve Gschmeissner

Cette communauté de bactéries qui habite notre intestin (jusqu'à 1000 espèces différentes) est au cœur de très nombreuses recherches. Essentiel à notre bonne santé, physique et mentale, le microbiote n'est pas sans effet sur les muscles et aussi sur l'endurance.

Le microbiote n'est pas sans effet sur les muscles et aussi sur l'endurance. C'est en tout cas ce que vient de montrer une équipe de chercheurs de l'INRAE qui a pris pour sujet d'étude les chevaux. Des pur-sang arabes, engagés avec leur cavalier dans des courses d'endurance de 160 km, pendant 8 heures d'affilée. L'équivalent d'un Tour du Mont Blanc pour nous. 

Ces chercheurs de l'Institut de recherche en agronomie et de l'école vétérinaire d'Alfort ont cherché à comprendre le secret de leur endurance. Pour cela, Nuria Mach et Eric Barrey ont récupéré le crottin de 20 chevaux avant et après la course. Même chose pour les échantillons sanguins, afin d'étudier l'évolution de leur composition après l'effort.

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Des analyses très poussées, jusqu'aux gènes des bactéries présentes dans l'intestin des équidés, ont permis d'établir un lien entre les fameuses bactéries du microbiote et la performance physique, performance qui passe par les muscles et leur capacité à gérer l'énergie et l'oxygène.

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Ça se passe au niveau de la digestion

Les bactéries présentes dans l'intestin transforment la nourriture (le foin et les granulés ici) en d'autres composés. Parmi eux des acides gras (comme le butyrate) qui passent dans le sang et vont être utilisés par les mitochondries. Au collège, souvenez-vous, on vous a appris que les mitochondries sont des éléments clés des cellules, de véritables centrales énergétiques.

Ici, les acides gras agissent comme carburant pour les mitochondries mais aussi comme messager. Les mitochondries "savent" alors qu'un effort intense est en cours. Elles ajustent leur production d'énergie en utilisant, par exemple, le butyrate, ce qui retarde la fatigue musculaire, l'hypoglycémie et réduit l'inflammation. Le muscle peut alors fournir un effort plus longtemps. Il est plus endurant.

Cette découverte peut-elle être extrapolée à d'autres espèces ? 

Car on se dit qu'on pourrait jouer avec ces bonnes bactéries, et cette machinerie, pour pousser la performance presque jusqu'à une forme de dopage. Et à terme, il n'est pas faux de penser que lorsque chaque famille de bactéries aura dévoilé son rôle dans le métabolisme des muscles, on pourrait les utiliser pour maitriser voire booster la performance.

Chez la souris, Christelle Ramonatxo, maitre de conférence à l'université de Montpellier, a aussi montré le rôle clé du microbiote pour gérer les réserves de glucose dans le muscle. 

On sait aussi que certaines bactéries, quand elles sont absentes, empêchent le muscle de se contracter. Le microbiote impacte aussi le développement de la masse musculaire. Si on leur inocule la bactérie veillonella, des souris courent en moyenne 13% plus longtemps que celles qui ont reçu d'autres types de bactéries.

Avant de doper, on peut chercher à améliorer le fonctionnement de muscles malades ou affaiblis, dans des maladies comme la myopathie ou le cancer. Ce à quoi s'emploient ces chercheurs qui montrent une nouvelle fois, à quel point le microbiote se révèle un puissant levier pour rester en bonne santé ou l'améliorer.