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Ex-sarkozyste, proche de Jean-Michel Blanquer : qui est Aurore Bergé, nouvelle patronne des députés LREM ?

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La députée Aurore Bergé va présider le groupe de la majorité à l'Assemblée
La députée Aurore Bergé va présider le groupe de la majorité à l'Assemblée
© Maxppp - IP3 PRESS

À 35 ans, la députée des Yvelines a été élue ce mercredi pour prendre la tête du groupe de la majorité à l'Assemblée nationale. Anciennement encartée à l'UMP, elle a rallié Emmanuel Macron en 2017 pour s'imposer comme l'une des figures de l'aile droite de la macronie.

C'est Aurore Bergé qui succédera à Christophe Castaner à la tête du groupe LREM - prochainement rebaptisé "Renaissance" à l'Assemblée. Ancienne présidente déléguée du groupe, la députée Yvelines a été élue ce mercredi dès le premier tour d'un vote interne qui l'opposait à Guillaume Vuilletet, Rémy Rebeyrotte et Stella Dupont. Issue de la droite, proche de Jean-Michel Blanquer, Aurore Bergé, 35 ans, est la première femme à prendre la tête du groupe parlementaire à l'Assemblée. Retour sur son long et sinueux parcours politique, de ses parents soixante-huitards à la présidence de son groupe à l'Assemblée.

Des débuts politiques à l'UMP, qui finit par la juger trop à gauche

Née en 1986, Aurore Bergé est tombée dans la politique dès sa jeunesse. Ses parents soixante-huitards et politisés l'intègrent aux discussions politiques très tôt. À 16 ans, alors révoltée du score obtenu par Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle de 2002, elle adhère à l'UMP peu après la création du parti la même année.

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Elle est d'abord responsable des Jeunes Populaires dans le département des Yvelines entre 2005 et 2008, où elle évolue sous l'égide de Valérie Pécresse, alors présidente de la fédération UMP du département, qui la prend sous son aile. En 2007, Aurore Bergé affiche son soutien à Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle. En 2008, elle se présente à la présidence des Jeunes populaires, faisant figure de favorite face au président sortant, Benjamin Lancar. Elle finit par retirer sa candidature pour le rallier. Deux ans plus tard, elle se présente cette fois contre lui et perd avec 11,82 % des voix. La même année, elle est candidate sur la liste de Valérie Pécresse lors des élections régionales en Île-de-France, mais elle n'est pas élue.

En 2012, la jeune femme soutient François Fillon lors du congrès de l'UMP, après l'échec de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Elle avait activement participé à sa campagne. L'année suivante, elle devient conseillère politique à l'UMP, sous la présidence de Jean-François Copé. Le parti l'investit en 2014 en vue des élections municipales, elle a alors 27 ans. Aurore Bergé se présente à la mairie de Magny-les-Hameaux, à côté de Versailles, sous les conseils de Valérie Pécresse, mais se retrouve perdante face au candidat sortant socialiste. Elle siège alors dans l'opposition et devient par ailleurs conseillère de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines. Quelques semaines plus tard, elle tente de se faire une place sur la liste UMP des élections européennes. Mais la candidate ne fait pas l'unanimité : elle est jugée "trop à gauche" par son parti. En 2016, à la primaire de la droite, elle soutient Nathalie Kosciusko-Morizet au premier tour, Alain Juppé au second. C'est finalement François Fillon qui est élu et qui se dirige vers la présidentielle de 2017.

Pourquoi elle a rejoint "En Marche"

C'est là que tout va se décanter du côté d'Aurore Bergé. Elle avait déjà affirmé des idées "de gauche" aux yeux de l'UMP. Mais en 2017, le parti de droite va la perdre complètement. Déjà en 2013, elle prend position dans une tribune de L'Obs pour le mariage homosexuel et manifeste pour le projet de loi de Christiane Taubira, à rebours de la position de son parti. Aurore Bergé évoque même une "déferlante de haine sur Twitter". En 2016, elle dénonce sur les réseaux sociaux les sites internet des mouvements anti-avortement se présentant sous la forme de sites d'information. Elle se positionne aussi en faveur de l'extension de la PMA.

Avec l'arrivée de François Fillon (et ses idées qu'elle juge trop radicales) en tête de la primaire de la droite, la jeune femme ne se sent plus vraiment à l'aise avec son parti. Elle regrette notamment que le candidat de la droite s'attaque au droit du sol. "Qu'un jour on m'explique pourquoi j'ai plus de mérite à être Française par mon sang et ma naissance que ceux qui le sont par le droit du sol", avait-elle exprimé sur Twitter. "Aujourd'hui, on a la Manif pour Tous et Sens commun. Il y a un gouffre entre la droite de Sarkozy en 2007 et celle de Fillon en 2017", déplorait-elle aussi auprès de L'Express. En janvier 2017 pourtant, elle participe au lancement de Droite Lib, "un mouvement pro-Fillon et anti-Macron", fondé par Virginie Calmels. Mais ce sera son dernier penchant vers cette droite.

En février 2017, elle assiste discrètement à un meeting d'Emmanuel Macron à Lyon et rejoint rapidement son équipe de campagne. Avec ce ralliement, elle défend le "choix de la cohérence", mais elle est vivement critiquée à cause des nombreux candidats qu'elle a soutenu le long de sa carrière. Certains la qualifieront même d'"opportuniste". En février, elle publie une tribune dans L'Obs pour justifier son ralliement à Emmanuel Macron. Elle y livre ses arguments en faveur d'un candidat refusant "la fatalité du déclin de la France" et voulant "bousculer le jeu institutionnel hagard et à bout de souffle".

Fidèle de Macron, soutenue par Juppé et Sarkozy

Aurore Bergé est investie par la République en Marche le 11 mai 2017, à l'approche des élections législatives. Elle se présente dans la dixième circonscription des Yvelines et remporte le scrutin face au député sortant Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate. Elle est alors soutenue par Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Le 27 juin 2017, elle est nommée porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée nationale, avec Stanislas Guerini, Olivia Grégoire et Hervé Berville. En septembre 2018, alors que François de Rugy entre au gouvernement, elle soutient Richard Ferrand à l'élection du nouveau président du parti à l'Assemblée Nationale, ainsi que Gilles Le Gendre pour le remplacer à la présidence du groupe. En janvier 2019, Aurore Bergé est désignée pour être porte-parole du mouvement LREM.

Elle était pressentie pour entrer au gouvernement de Jean Castex en juillet 2020 mais n'a finalement pas été retenue. Elle annonce alors être candidate pour prendre la tête du groupe LREM à l'Assemblée Nationale, face notamment à François de Rugy et Christophe Castaner. C'est ce dernier qui est élu avec 55% des voix, contre 45% pour la députée, qui devient présidente déléguée du groupe chargée du travail législatif.

Audiovisuel, bioéthique, port du voile

Depuis son arrivée au Palais Bourbon, ses travaux parlementaires ont notamment porté sur l'école, l'éducation culturelle ou encore la réforme de l'audiovisuel. Aurore Bergé s'est affichée en première ligne sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

Dans le cadre de l'examen de la loi 'séparatisme', elle a aussi proposé l'interdiction du port du voile aux mineurs dans l'espace public, une mesure à laquelle Emmanuel Macron était opposé. L'amendement d'Aurore Bergé avait été jugé irrecevable par la commission.