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Face à la canicule, le Samu de Lyon sature mais fera face

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Devant l'Infirmerie protestance à Lyon en avril 2020.
Devant l'Infirmerie protestance à Lyon en avril 2020.
© AFP - NICOLA VIGILANTI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

C'est le premier maillon de la chaîne de soins : la régulation médicale. A Lyon, le Samu est saturé d'appels mais s'organise pour faire face à la pénurie de soignants et à l'afflux lié à la canicule.

Le mot d’ordre du gouvernement pour préserver l’hôpital est le suivant : n’allez pas aux urgences, appelez le 15. Dans un été torride marqué par la persistance du Covid et la pénurie de personnel soignant, comment s’organise ce premier maillon de la chaine de soins, celui de la régulation médicale ? Le Samu 69 ne s'arrête pas une seconde. Un million de communications passent chaque année par le Samu 69, l’un des plus importants de France, qui tient la route. Non sans fatigue.

Un augmentation des appels

C’est là que tout commence. Le 15. David Pinero est le chef de service adjoint : "Vous faites le 15 vous tombez sur un ARM niveau 1, assistant de régulation médicale, qui va immédiatement si c’est une urgence vitale ou non. Ils enchainent les appels. On arrive à des taux de 95% de décrochés dans les 30 secondes." Un véritable défi dans des périodes chargées comme ce mois de juillet, explique t-il. " On a aux alentours de 1400-1700 dossiers par 24h, avec des pics de 2500 le week-end. Si on compare à l’année passée on a une augmentation."

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Passez par le 15 dit le gouvernement, pour ne pas engorger les services d’urgence. Et on le sait ici, ils tournent au ralenti : "Par exemple on a les urgences de Givors qui ferment toutes les nuits. Faute de personnel j’imagine… Quand tous les services nous disent qu’ils n’ont plus de brancards pour recevoir les patients, nous il faut bien qu’on trouve une orientation."

Le Samu fera face

Souci de planning généralisé. On le retrouve dans la salle de régulation des médecins généralistes. Eux traitent les appels qui ne relèvent pas de l’urgence vitale. Pierre Boyeldieu est l’un de ces médecins : "Sur le papier c’est effectivement une bonne chose de vouloir diminuer le nombre de passages aux urgences mais les mesures ont été annoncées très tard et nous on ne peut pas début juillet retrouver des médecins régulateurs. 15 juillet-15 aout c’est compliqué. On est parfois seulement un médecin sur quatre sur une journée pour les appels de toute le Rhône. Donc la conjonction planning déficitaire, plus pic de Covid, plus le médecin de ville en vacances, c’est certain que ça va augmenter le temps d’attente"

Pour faire tourner le SAMU, l’hôpital public a établi des contrats d’été pour les médecins libéraux en renfort et fait appel aux étudiants pour compléter les effectifs. Mais ça ne durera pas craint, Raymond Le Moign, le directeur général des Hospices Civils de Lyon : "Le Samu 69 fera face. La difficulté sera peut-être plus redoutable à la rentrée, en termes de prospective et de gestion des plannings"