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Fatigue, amnésie, démangeaisons, maux intestinaux… Voici les multiples facettes du stress

Quelles sont les multiples facettes du stress et leurs effets sur notre santé ?
Quelles sont les multiples facettes du stress et leurs effets sur notre santé ?
© Getty - 5m3photos

S'il existe le bon stress, indispensable au quotidien, le mauvais peut lui impacter insidieusement notre santé. Le stress chronique dérègle l'organisme de multiples manières selon les personnes, provoquant des réactions cognitives, émotionnelles, corporelles qui peuvent occasionner des complications non négligeables…

Dans l'émission "Grand bien vous fasse", au micro d'Ali Rebeihi, le psychologue Patrick Amar, le médecin Adrian Chaboche et le psychiatre Guillaume Fond présentaient les différents signaux, symptômes, effets et conséquences sur la santé, si variés soient-ils, du stress chronique qui résulte souvent d'un phénomène cumulatif lié à plusieurs changements de situations, souvent inhabituels et dont les effets vont se traduire directement dans les actions les plus basiques de la vie quotidienne.

Selon les sondages, près de 25 % des Français se disent stressés tous les jours, quand plus de 50 % de l'absentéisme au travail est dû au stress.

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- Patrick Amar

Deux facteurs de stress

Le psychiatre commence par expliquer que le stress est directement conditionné par "des facteurs conjoncturels, pour beaucoup liés à la crise sanitaire ces deux dernières années, provoquant une multiplication par deux des troubles anxieux et dépressifs. Des questionnements liés au retour au travail, au réapprentissage de la relation à l'autre, des questions existentielles restées en suspens… 

Puis des facteurs structurels, plus banals comme la gestion du temps, des délais, la performance, les problèmes interpersonnels, augmentation des tensions au travail"… 

Troubles de la mémoire

Si le stress persiste, l'effet sur la mémoire pourrait être délétère. Le stress va parasiter notre encodage et provoquer des troubles amnésiques plus ou moins partiels.

- Adrian Chaboche

Troubles sur le système digestif et troubles de l'alimentation 

Guillaume Fond : "Il y a plein de circuits qui connectent l'intestin et le cerveau. Les personnes très stressées peuvent être sujettes à des problèmes de constipation, éprouver des douleurs, des inconforts ou des problèmes de diabète. On en a tous fait l'expérimentation. 

Le fait d'être stressé influence notre métabolisme digestif.

Le cortisol, l'hormone du stress, augmente et rend l'intestin plus perméable, laissant passer au passage tout un tas de molécules dans le sang qui ne devraient pas passer… La barrière de l'intestin devient moins efficace et fragilise certaines bactéries de notre intestin. Les mauvaises bactéries, inflammatoires prennent le dessus.

C'est le syndrome de l'intestin irritable.

Notre stress influence directement notre système immunitaire qui, lui-même, est en interaction avec les bactéries de l'intestin. Et vice et versa, tout ce qui va perturber les bactéries intestinales va perturber le système immunitaire et le niveau de stress". 

Et, de fait, l'alimentation joue dans ce cas-là un rôle primordial

Adrian Chaboche : "Ces troubles (notamment du sommeil) vont eux-mêmes accroître, l'intensité du stress et peuvent nous diriger insidieusement vers des nourritures plus riches, plus grasses, plus sucrées, qui peuvent aller jusqu'à la compulsion… Le besoin du chocolat, par exemple, quand on ne se restreint plus au simple carré, mais à la moitié de la tablette le soir, ça démontre qu'il y a une réaction d'adaptation délétère, qui peut rapidement se retourner contre l'organisme au long terme sur le plan sucre-diabète-cholestérol". 

Troubles du sommeil 

Le stress augmente l’éveil, induit des difficultés d’endormissement et provoque un sommeil non réparateur tant il cultive une insomnie chronique : 

Docteur Chabot : "Les insomnies sont des signaux qui peuvent nous alerter très cliniquement et très simplement. Un cercle vicieux peut s'installer dans notre sommeil puisque quand on est stressé, on va moins bien dormir, et le stress va se traduire par des mécanismes non conscients". 

On est souvent victime d'un sommeil de moins bonne qualité, moins profond, avec des cycles plus perturbés et une diminution du temps de sommeil profond.

Risques cardiovasculaires

Le stress produit des mécanismes hormonaux susceptibles d'avoir un effet délétère sur le cœur, les artères, la circulation sanguine : 

Adrian Chabot : "Le stress va produire un certain nombre d'hormones et de dysfonctionnements internes qui vont augmenter les facteurs de risque cardiovasculaires par des mécanismes complexes intra-vasculaires, dans les vaisseaux, dans les artères. 

Le stress va augmenter l'encrassement des artères et contrarier la bonne circulation du sang.

Ce qui peut générer davantage de problèmes et de risques de déclencher des événements cardiovasculaires (infarctus, AVC…)". 

Plaques rouges, démangeaisons, picotements, urticaires…

Des réactions qui semblent secondaires et dont nous sommes souvent loin de penser qu'il pourrait s'agir du stress et il n'est pas rare que ces pathologies soient immédiatement assimilées à des allergies, à défaut d'accuser le stress : 

Adrian Chaboche : "Ce sont des phénomènes médicaux connus depuis un certain temps maintenant. Les taches rouges sur le visage, ainsi que sur le haut du corps, a valu à cette symptomatologie d'être munie d'un nom un peu particulier qu'on appelait "l'érythème pudique". Ces rougeurs de la peau sont la réaction d'un afflux de sang qui va être dirigé vers la partie haute du corps pour témoigner d'émotions. 

Ce sont de tous petits vaisseaux de la surface de la peau qui vont se dilater comme quand on rougit.

On peut apprendre à faire avec à l'aide la relaxation pour tenter de soulager au mieux. 

Quant aux démangeaisons et aux picotements soudains il y a plusieurs paramètres, plusieurs facteurs qui peuvent agir, notamment la transpiration, si on a une sueur un peu plus acre/acide, cela peut entraîner, sur une peau sèche, une sensation de picotements, de démangeaisons, de gratouillements, de fourmillements désagréables. 

Il y a aussi, par rapport au phénomène inflammatoire, l'activation de certaines cellules immunitaires particulières qui libèrent une petite molécule qu'on appelle l'histamine qui fait que, quand on se pique avec les orties, on devient tout rouge, c'est le même processus biologique qui s'opère".

La consommation d'alcool, de tabac n'arrange en rien les choses…

D'autant qu'elles peuvent donner l'illusion de diminuer son stress : 

Adrian Chaboche : "Le stress chronique tendrait même à conforter les risques d'addiction". D'après Guillaume Fond : "Maintenant, il est démontré que le tabac est une cause de stress parce que des personnes s'en servent pour alléger le stress… En vérité, les 2 500 molécules de goudrons qui sont associées au tabac et qui engendrent de l'inflammation, engendrent du stress. 

Même chose pour l'alcool qui va se lier dans le cerveau aux récepteurs qui calment l'angoisse. Ce qui vient ensuite créer des phénomènes de sevrage et de manque. Le stress peut conduire à des addictions".

Aller plus loin

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