Publicité

Fela Kuti, rébellion Afrobeat, une exposition à la Philharmonie de Paris du 20 oct 2022 au 11 juin 2023

Par
Fela Anikulapo-Kuti à Kalakuta, 1980
Fela Anikulapo-Kuti à Kalakuta, 1980
- Michel Maïofiss

« La musique est l’arme du futur » : ces mots de Fela Anikulapo-Kuti n’en finissent pas de résonner aujourd’hui.

Fela Kuti, né en 1938 au Nigeria, est devenu une figure d’envergure mondiale dès la fin des années 1970 et a enchaîné les tournées internationales jusqu’à son décès en 1997. L’héritage du « Black President » est omniprésent à travers le monde, tant sur le plan musical que politique.

►►► France Inter, partenaire de l'événement, accompagne l'exposition :

Publicité

► Le 21 octobre, une soirée musicale en direct de la Philharmonie de Paris au son de l’afrobeat :

► Lundi 17, Mardi 18 et Jeudi 20 octobre, Michka Assayas vous propose un Very Good Trip spécial Fela Kuti.

Le style musical que Fela a créé et qu’il a baptisé « Afrobeat » mêle de multiples influences, des rythmes yorubas au free jazz en passant par la soul ou le funk. En constante mutation, l’Afrobeat des Koola Lobitos, la première formation de Fela, doit également beaucoup au highlife ouest-africain et donne la part belle aux cuivres et aux percussions. Avec ses groupes Afrika 70 puis Egypt 80, Fela s’entoure d’un nombre croissant de musiciens et donne naissance à des constructions symphoniques de plus en plus complexes. L’exposition raconte ce cheminement et la trajectoire musicale de l’artiste, donnant à entendre et à comprendre les sources et l’évolution de l’Afrobeat.

Fela à Toronto en 1989
Fela à Toronto en 1989
- Rick McGinnis, all rights reserved

Tout au long de sa carrière, Fela a fait de son mode de vie un manifeste. Personnage sulfureux au mode de vie controversé, ses prises de position fracassantes contre la corruption des élites et le néocolonialisme continuent néanmoins d’inspirer les luttes au Nigeria et ailleurs.

Fela porté par ses supporters lors du lancement du « Movement of people » (MOP) en novembre 1978
Fela porté par ses supporters lors du lancement du « Movement of people » (MOP) en novembre 1978
- collection Jacqueline Grandchamp-Thiam

Nourri par le panafricanisme de Malcolm X, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, mais aussi par les combats anticoloniaux de sa mère, la militante féministe Funmilayo Ransome-Kuti, il fait de ses concerts des tribunes et de sa maison, la Kalakuta Republic, un bastion dissident. Grâce à des archives et des œuvres inédites en provenance du Nigeria et des témoignages de première main, l’exposition rend compte de cet engagement de tous les instants qui lui vaudra de nombreux démêlés avec la justice et de multiples et violentes incarcérations.

Fela et son saxophone
Fela et son saxophone
- Bernard Matussière

Sur les scènes européennes ou à l’Afrika Shrine, son club à Lagos, tous les témoins de l’époque s’accordent à dire qu’un concert de Fela est une expérience inoubliable. Au rythme de morceaux hypnotiques entrecoupés de harangues politiques et de performances rituelles, les spectateurs sont emportés par l’énergie de Fela, de ses musiciens et de ses danseuses. Grâce à de grandes projections, mais aussi en donnant à voir l’identité visuelle foisonnante inventée par l’artiste – de ses costumes à ses pochettes d’albums – l’exposition redonne vie aux plus grands moments des concerts de Fela, faisant de la visite une véritable immersion dans l’univers de l’artiste.

Fela au Shrine en 1977,
Fela au Shrine en 1977,
- Jean-Jacques Mandel
Spectateurs jouant au billard au New Afrika Shrine, 2017
Spectateurs jouant au billard au New Afrika Shrine, 2017
- Andrew Esiebo

►►► Fela Kuti, rébellion Afrobeat à la Philharmonie de Paris, un parti pris

L’exposition mêle étroitement l’énergie et la créativité musicale de Fela, et sa pensée politique. Elle a été pensée avec le soutien de la famille, mais aussi en collaboration étroite avec de nombreux actrices et acteurs de la vie de Fela.

Fela Kuti, rébellion Afrobeat souligne la place centrale des femmes qui entourèrent Fela dans la fabrique de l’afrobeat : sa mère en premier lieu, Funmilayo Ransome-Kuti, une figure majeure, méconnue en France ; Sandra Izsadore, actrice essentielle de la conscientisation politique de Fela ; et bien sûr ses épouses, choristes et danseuses qu’on désigne souvent comme les « Queens » de l’afrobeat, et dont l’exposition relate les parcours singuliers.

Elle présente pour la première fois une trentaine de costumes chatoyants de Fela, venus spécialement du Nigeria ainsi que de nombreuses photographies et archives inédites qui offrent une plongée dans l’univers du « Black President »

Fela posant avec sa trompette, 1966
Fela posant avec sa trompette, 1966
- Tola Odukoya

► Le parcours musical s’articule en trois temps :

  • Aux racines de l’afrobeat : le visiteur découvre le son de Lagos des années 1960 – le highlife – joué dans les clubs nocturnes de la ville et l’héritage du jazz découvert à Londres puis aux États-Unis.
  • Le Shrine, au cœur de l’exposition, en écoute live et collective pour apprécier l’afrobeat, une musique énergique et entraînante jusqu’à la transe, composée de morceaux longs de plusieurs dizaines de minutes, juxtaposant des couches instrumentales successives.
  • L’expérience d’un concert de Fela : l’exposition permettra de revivre l’une des plus belles prestations de l’artiste et de son groupe Africa 70 lors du Festival de Jazz de Berlin de 1978.
L’une des peintures murales consacrées à Fela, située dans le quartier d’Ikeja à Lagos, 2022
L’une des peintures murales consacrées à Fela, située dans le quartier d’Ikeja à Lagos, 2022
- Andrew Esiebo

► la scénographie de l’exposition

L’exposition propose un parcours enveloppant, à l’image de la rythmique répétitive de l’afrobeat.

La composition spatiale se traduit par le déploiement concentrique de différentes trajectoires de Fela – familiale, musicale et politique – autour d’un point central formé par le Shrine.

Les sections s’articulent ainsi dans une circulation labyrinthique qui amène le visiteur au cœur de l’exposition. Les cimaises, utilisées sur leurs deux faces, reçoivent un traitement différent selon qu’elles sont orientées vers l’extérieur ou vers le Shrine. Se dessine ainsi une dualité entre le regard lisse, muséal de l’extérieur avec une finition parfaite en peinture, et une esthétique de l’intime marquée par l’accumulation de différentes matières de bois, photographies, costumes, œuvres, couleurs, propre au monde de Kalakuta.

Tout l’espace, à la fois sobre et foisonnant, résonne des sons de lʼafrobeat.

Affiche de la tournée de Fela en France, 1984
Affiche de la tournée de Fela en France, 1984
- collection Stephen Budd

Commissaires ** :**

  • Alexandre Girard-Muscagorry est conservateur du patrimoine, chargé des collections d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques au musée de la Musique. Historien de l’art et enseignant à l’École du Louvre, il s’intéresse à l’articulation entre l’art et le politique en Afrique en contexte colonial et postcolonial.
  • Diplômée en histoire de l’art et muséologie à l’École du Louvre, Mathilde Thibault-Starzyk a travaillé sur plusieurs expositions du musée de la Musique. Elle a notamment été chargée de production de l’exposition Barbara (2018) et commissaire associée de Charlie Chaplin, l’homme-orchestre (2019-2020).
  • Mabinuori Kayode Idowu (ID) a rencontré Fela en 1974. Cofondateur des Young African Pioneers et éditeur de YAP News, il fut très impliqué dans l’organisation des concerts, des enregistrements et des partenariats du musicien qu’il a accompagné jusqu’au milieu des années 1980. Il a écrit plusieurs ouvrages sur Fela, dont Fela, « Why Blackman Carry Shit » (1997), traduit en français, italien et japonais, et Fela - Phenomenon & Legacy (2013).

Conseiller musical

  • Sodi Marciszewer – réalisateur artistique, ingénieur du son et mixeur. Sodi a œuvré avec trois générations de Kuti : il a collaboré en effet aux six derniers albums de Fela, produit la plupart des albums de Femi Kuti et le premier album de Made Kuti. Ayant grandi dans une cité où s’entrechoquaient toutes les cultures faisant la richesse de la France, son éclectisme et sa curiosité musicale l’ont amené à travailler avec IAM, Rachid Taha, Chinese Man, l’orchestre El Gusto, Keziah Jones, les Têtes Raides, Mano Negra… Sodi est le fondateur du studio Zarma, réputé pour l’utilisation d’un équipement audio vintage

► Scénographie : Georgiana Savuta-Idier

► Graphisme : Maison Solide

Sources Philharmonie de Paris